
Le Seigneur a une vigne ; il y envoie des vignerons. La vigne, c’est le monde. La nation qui a la charge de la faire donner du fruit, c’est l’Église.
Mais qui sont aujourd’hui les vignerons ?
Aux apôtres ont succédé des évêques qui se sont adjoints des ministres (étymologiquement des « serviteurs ») en la personne des prêtres et des diacres (étymologiquement des « esclaves »). Mais nous sommes tous prêtres par notre baptême, c’est donc l’ensemble des baptisés qui reçoivent la mission de sanctifier le monde. C’est pourquoi nous sommes tous les vignerons de la vigne du Seigneur.
Alors que le Pape Léon XIV vient d’achever en France un séjour enthousiasmant, souvenons-nous qu’un des titres de sa charge est « serviteur des serviteurs de Dieu ». Celui que nous venons d’acclamer de tout notre cœur, d’écouter attentivement, dont nous attendons que nos dirigeants l’écoutent et qu’il les inspire, le Pape, se fait appeler « serviteur des serviteurs ». Et, en effet, ne l’est-il pas celui qui nous rappelle l’histoire sainte dont nous, baptisés, sommes les héritiers, la vocation qui est la nôtre, la mission que nous avons à remplir auprès des pauvres et des malades, la vie que nous devons donner et jamais supprimer, l’accueil que nous devons à tous nos frères parce qu’ils sont là, la ferveur avec laquelle nous pouvons nous tourner vers la Vierge Marie et la paix que nous devons bâtir avec intelligence et oubli de nous-mêmes ?
Nous sommes loin du serviteur méprisé, de l’esclave, de la bonne-à-tout-faire…
Si la tâche est trop dure, si le monde est trop vaste pour moi, Saint Paul me rappelle que Dieu écoute mes demandes et que je ne dois m’inquiéter de rien. Pourtant, je sens confusément que mon propre pied de vigne a bien besoin de soins. « Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. » nous dit Saint Paul.
Laisserons-nous retirer les pierres de nos cœurs et retourner notre terre pour être « les saints de France » ?
Comment ne pas rappeler, à l’occasion des ordinations diaconales de Bruno et Paul-Antoine, qu’il y a 6 ans, l’édito signé par Charles a retenti à mes oreilles comme un appel au diaconat ? Gloire à Dieu !
Martin Verdon – Diacre



