
Plusieurs déserts sont traversés par l’Ancien testament. Celui de Moïse, lieu de la tentation du veau d’or, des eaux de Massa et Mériba, de la révolte de koré, du serpent d’airain… un désert hostile, inhospitalier, capable de faire regretter l’esclavage et les oignons d’Egypte. Oignons qui jusque-là n’avaient jamais été évoqués et dont on peut même se demander s’ils pointaient réellement au menu des Hébreux et non seulement dans la mémoire d’un passé idéalisé. L’autre désert est celui des prophètes d’Israël dont Osée fut le chantre le plus lyrique : Je te conduirai au désert et je parlerai à ton cœur, … je te fiancerai à moi pour toujours (Osée 2,16,21).
Au seuil du carême, certains peuvent hésiter entre ces deux représentations. Les uns, appréhender ce temps tel un parcours du combattant avec ses épreuves surprises et un Maréchal des logis prêt à fondre sur les retardataires pour les menacer du trou. Les autres, espérer ce moment comme un temps de grâce et d’intimité avec le Bien-aimé. Si l’aridité spirituelle de certains moments de vie fait partie de notre expérience commune, l’espérance du carême est aussi de faire l’expérience de la rosée du désert, signe matinal de la fidélité et de la tendresse de Dieu.
Père Pascal Genin

