27 septembre 2020 : Un homme avait deux fils !

« Un homme avait deux fils… ». Cette phrase initiale de la parabole nous fait penser au début d’une parabole connue : la parabole du fils prodigue (Lc 15,11-32). Cette phrase initiale est tellement célèbre que Péguy en disait : « Un homme avait deux fils. Elle est belle dans Luc. Elle est belle partout. Elle n’est que dans Luc, elle est partout[1]. » Seulement, c’est bien dans Matthieu, que nous entendons aujourd’hui cette phrase. Dans Luc, « Un homme avait deux fils » ouvre la troisième parabole de la miséricorde. Celle-ci est le couronnement d’une triade de paraboles où apparaît la bonté du Père céleste : la brebis égarée, la drachme perdue et le fils prodigue. En revanche, dans l’évangile de Matthieu, la parabole de ce dimanche, parabole des deux fils, ouvre une série de trois paraboles aux accents beaucoup plus sombres : parabole des deux fils, parabole des vignerons homicides (Mt 21,33-43, dimanche prochain) et parabole des invités au festin (Mt 22,1-14, dans deux semaines). La tonalité y semble plus sévère, la conclusion est abrupte : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (Mt 22,14). En réalité l’accent est mis davantage sur la réponse des créatures à l’amour du Créateur. À la bonté de Dieu, nous sommes invités à répondre en disant notre « oui » et en allant travailler dans la paix et dans la joie là où le Seigneur nous appelle.

En cette période de rentrée, prenons-nous au sérieux les appels que Dieu nous adresse ? Puissions-nous être comme Jésus, celui qui dit « oui » et qui accomplit la volonté du Père.

P. Philippe CAZALA


[1] C. Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, in Œuvres poétiques et dramatiques (Paris : Gallimard, 2014) p. 724.