Éditorial 13 novembre 2011
En ces temps troublés où l’économie a perdu ses repères et que les milliards d’euros tentent de combler des océans de créances et leurs intérêts, voici que l’évangile de ce dimanche nous parle à nouveau d’argent. Mais est-on dans la même logique ? Jésus enseigne-t-il à ses disciples la manière d’enrichir son employeur ou de rembourser ses créanciers ? Non, Jésus nous propose une autre économie celle de la grâce, une gestion et une fécondité des biens reçus du Père par le Fils et dans l’Esprit Saint.
Cette grâce, il nous faut en trouver la source en celui qui est toute grâce, celui qui nous est envoyé par le Père, son fils unique venu en ce monde nous offrir sa propre vie. Ce don d’amour pour tous les hommes est au creux de nos mains et de notre coeur lorsque nous vivons chaque eucharistie.
Ces talents de grâce ou ce talent de grâce comment t’en soucies-tu ? Qu’en fais-tu pour ta vie et celle des autres, au cours de ta semaine ? Ces talents de grâce, sais-tu les transformer comme nous y invite saint Pierre dans sa lettre aux premières communautés « Ce que chacun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres, comme de bons gérants de la grâce de Dieu sous toutes ses formes : si quelqu'un a le don de parler, qu'il dise la parole de Dieu ; s'il a le don du service, qu'il s'en acquitte avec la force que Dieu communique. Ainsi, en toute chose, Dieu recevra sa gloire par Jésus Christ, car c'est à lui qu'appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen. » (1P 4, 10-11)
Le don du Fils, qui surpasse tous les dons, nous invite à y contribuer par notre nature de chrétien revêtue le jour de notre baptême. Le Christ nous associe à Lui dans l’oeuvre de son Père. Ces talents de grâce, si nous les mettons à profit, sont de véritables gages de bonheur. Ils nous associent au patrimoine du Père, lui-même, dans l’édification du Royaume. Ne pas mettre à profit, ne serait-ce un seul talent, nous plongera, au temps de l’accomplissement, dans une tristesse éternelle en découvrant la beauté du Royaume, sans avoir eu l’audace ou pris le risque d’y participer.
Éditorial 6 novembre 2011
Alors que les arbres perdent leurs feuilles qui jonchent les chaussées, alors que la création prend des couleurs automnales, alors que les jours baissent et que la luminosité se fait plus grise, la nature nous renvoie à notre réalité humaine, en nous rappelant que notre vie terrestre a une fin. Le mois de novembre n’est-il pas le mois où nous sommes plus spécialement invités à prier pour les fidèles défunts. Nous le commémorions il y a quelques jours, le 2 novembre dernier. Et les évangiles de ces dernières semaines de l’année liturgique nous mettent dans l’ambiance en nous proposant le discours eschatologique. Cette semaine le Seigneur nous invite à veiller. Veiller ! C’est l’un des grands thèmes des chapitres 24 et 25 de l’évangile selon saint Mathieu. Veiller, c’est être prêt pour le retour du Seigneur. Être prêt parce que nous savons que le retour, s’il est imprévisible, est aussi sûr et certain. Et c’est vers ce but que nous devons tous être tendus. C’est à la rencontre finale que nous devons penser.
Il nous faut préparer cette rencontre personnelle et intime avec le Seigneur. Il nous faut prévoir l’imprévisible. Nous ne pourrons pas improviser quand viendra l’heure de la rencontre avec ce Dieu qui nous aime et qui a donné sa propre vie pour nous. Chaque acte de foi, chaque acte d’espérance et chaque acte de charité que nous posons, chaque effort pour suivre la volonté de Dieu, établissent une relation avec le Seigneur. Notre vie est une recherche pour le connaître et l’aimer, pour être avec lui. Notre vie est une préparation constante à cette rencontre.
Aujourd’hui, nous sommes dans le désir de cette rencontre, et rien ne doit nous détourner de ce désir. Il nous faut donc veiller de tout notre coeur, de toute notre force de toute notre âme. Il nous faut veiller à entretenir en nous le don de Dieu, la sagesse qui permet de lire les signes des temps, d’entendre la voix qui annonce la venue de l’époux. Cet appel à la vigilance intérieure est donc un appel au don total de soi, un appel à l’abandon ; c’est un don que seul l’Esprit du Christ peut réaliser en nous en nous unissant au don que notre Seigneur fait maintenant de lui-même.
Éditorial 30 octobre 2011
Dans nos sociétés dites modernes, tout le monde se dit grand . Le pouvoir de l’argent, nous fait passer à côté du véritable bonheur. On refuse de se mettre au service des uns et des autres ; l’amour de Dieu n’estce pas d’aimer son prochain ?
Au coeur de cet évangile, Jésus dénonce ici toute conduite illogique et toute pratique hypocrite de la part des scribes et pharisiens, “ car ils disent et ne font pas “. Il s’insurge contre eux et donne à ses disciples la conduite à tenir dans l’humilité et le service. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur .
La parole est vivante lorsque se sont des actions qui parlent. Alors, que les paroles se taisent et que les actions parlent. Nous sommes parfois pleins de paroles, mais vides d’actions, comme les chefs du judaïsme. Le pape Benoît XVI, réunit avec les autres responsables des grandes religions pour le 25ème anniversaire de la rencontre interreligieuse d’Assise, nous invite à pratiquer l’humilité en nous mettant à l’écoute de nos frères qui ne partagent pas souvent notre doctrine. C’est un temps fort, où nous devons agir, car le dialogue peut être possible si nous brisons la barrière de l’orgueil « '' Qui est le plus grand ? '' »
Biens aimés dans le Christ, apprenons donc à agir et tout se fera sous l’assistance vigilante de l’Esprit, tout comme les apôtres qui parlaient selon le don de l’Esprit. Parlons donc selon ce que l’Esprit Saint nous donnera de dire. Et demandons-lui humblement et pieusement de répandre en nous sa grâce.
Éditorial 23 octobre 2011
Pour beaucoup, chrétiens ou non, le cœur de l’Evangile est: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » au risque d’oublier le premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. » Jésus ajoute que tout ce qu’il y a dans l’Ecriture dépend de ces deux commandements. Il pourrait être commode d’en rester là en pensant que, pour aimer Dieu, il suffit d’aimer son prochain et, peut-être même, de ne pas se donner la peine de regarder où est son prochain et comment faire concrètement pour l’aimer.
Le document des évêques à propos des élections nous aide à regarder et à discerner. Dans les mutations que connaît notre époque, tant en Europe que dans le monde entier, il y a des secteurs de la vie humaine pour lesquels il faut s’engager avec urgence. C’est dans un même regard que nous voyons le Christ et l’Homme d’aujourd’hui. L’Homme, c’est celui qui travaille ou qui est sans emploi, c’est le français le plus proche tout comme l’étranger migrant ou celui qui habite au loin. L’Homme, c’est l’enfant au premier moment de sa conception, l’adolescent qui grandit ou le malade en fin de vie. L’homme, c’est vous et moi vivant en 2011 tout comme celui des générations à venir à qui nous allons laisser une terre abîmée ou un patrimoine en croissance.
Dans la Torah (nous lisons aujourd’hui un passage de l’Exode) le législateur entrait dans le détail pour que personne ne se contente de vagues généralités. Il montrait aussi comment le Seigneur notre Dieu prend concrètement le parti de l’opprimé. Si nous aimons et honorons Dieu de tout notre cœur, lui le Père de tous les hommes et leur créateur, nous demeurons à la source de cet amour universel et si précis, particulier envers chacun.
Disciples du Christ Jésus, nous mettons nos pas dans les siens lui qui vient sauver toute l’humanité et qui, de toute urgence, va chez Zachée, accueille les enfants rejetés par ses propres amis, prend du temps pour guérir un sourd-muet, ouvre le paradis au ‘bon Larron’…Nous le prions et avec Lui nous nous tournons vers le Père de qui nous recevons tout amour et vers qui monte les brins de charité que nous essayons de vivre. Oui, essayons qu’il y ait au moins quelques brins : le Seigneur saura bien en faire un bouquet.
Éditorial 16 octobre 2011
Comme tous les peuples soumis à l’occupant Romain, les juifs devaient acquitter un tribut comme signe de sujétion. Ce tribut était détesté de tous et, spécialement, des résistants qui sont nommés zélotes qui forçaient les gens à le refuser. D’où la question-piège tendue à Jésus par les Pharisiens accompagnés des partisans du roi Hérode : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? ».
Si Jésus répond : « Il faut payer l’impôt », on va le désigner comme collaborateur des Romains ; s’il répond : « Ne le payez pas », on va l’accuser auprès du gouverneur.
« Montrez-moi la monnaie de l’impôt » demande Jésus. Et ils lui présentèrent une pièce d’argent. Piège inversé ; ces gens qui haïssaient l’occupant avaient de la monnaie romaine dans leur poche. Ils se servaient pour leurs courses de pièces sur lesquelles il y avait la gravure de l’empereur César. Ils sont donc par cela en contradiction avec eux-mêmes.
Mais Jésus va plus loin dans sa réponse : « De qui est cette effigie ? Et cette inscription ? ». La réponse était : « De l'empereur César ». « Alors, dit-il, rendez à César cette pièce sur laquelle il a frappé son visage et son nom ». Mais Jésus ajoute : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». Si cette pièce appartient à César, c’est parce qu’elle en porte l’effigie, son image et son inscription, combien plus ceux qui sont à l’image et la ressemblance de Dieu, doivent revenir à Dieu. Il voulait leur dire que c’est l’homme lui-même, qui appartient à Dieu. Même César, avec toute sa puissance et sa force, appartient à Lui.
Frères et soeurs, nous les croyants, nous sommes à Dieu, nous portons son nom, et son image. Donnons-nous à Lui, dans la totalité de notre être, parce qu’il s’est donné à nous. Rendons-Lui son nom dans la louange et rendons-Lui cette belle image qu’il a gravée en nous.
Éditorial 9 octobre 2011 - appel au Denier de l'Eglise
Nombreux êtes-vous dans cette assemblée à être donateurs au Denier de l’Église : rien n’aurait été possible par le passé sans vos dons. Et c’est bien grâce à vous que notre paroisse Saint-Médard pourra continuer à faire vivre la vie chrétienne au milieu de ce quartier.
Notre paroisse répondra cette année encore à l’appel de notre archevêque à s’engager dans le projet « Paroisses en mission », tourné cette année vers les questions de l’éthique et de la solidarité. Chacun pourra réfléchir à la manière de répondre au mieux à ces appels au travers des actions spécifiques qui seront proposées au cours de l’année.
Nous devons également poursuivre notre action afin que notre paroisse soit plus encore un espace de partage, de formation spirituelle des jeunes et des adultes, de vie de prière personnelle ou communautaire, en particulier dans la vie liturgique et la célébration des sacrements. C’est dans ce contexte que nous lançons de nouveau cet appel au Denier de l’Eglise. Le Denier représente la moitié des ressources de notre paroisse, qui doit faire face à des dépenses de fonctionnement d’environ 1 400 € par jour (hors travaux). Une partie importante de nos dépenses passent en frais de personnel laïc, mais aussi dans la prise en charge matérielle des prêtres. Nous participons aussi à la solidarité avec les paroisses plus pauvres et aux dépenses communes de notre diocèse ( aumôneries d’hôpitaux, formation des prêtres, prise en charge des prêtres âgés, aumôneries d’étudiants, rassemblements de jeunes... ).
Cette année nous avons poursuivi le programme de travaux de remise en état des logements des prêtres. Comme vous le savez, nous avons surtout doté l’église d’un nouvel aménagement du choeur, qui permet à la communauté de célébrer dignement le Seigneur. Merci à tous ceux qui ont participé au financement de ces travaux.
Merci d’autant plus à ceux, dont nous espérons que vous pourrez faire partie malgré le contexte économique incertain, qui pourront maintenir leur effort pour donner à la paroisse les moyens de continuer son oeuvre quotidienne au sein de ce quartier de Paris et de faire face à ses obligations dans le Diocèse de Paris !
Certains d’entre vous n’ont pas participé par leur don, au cours de ces dernières années, à la vie de la paroisse. Qu’ils sachent que tout don, même le plus humble, compte, car il est la manifestation concrète de la volonté du donateur de marquer son appartenance à la communauté qu’il aide à vivre.
C’est l’acte de Foi et d’Espérance que nous faisons, car c’est l’Esprit Saint qui oeuvre pour que chacun comprenne l’urgence des besoins présents.
Éditorial 2 octobre 2011
C’est le troisième dimanche consécutif où nous sommes invités à considérer le rapport que Dieu entretient avec sa création, avec l’humanité, avec chaque personne. L’image appropriée pour la décrire est celle de la vigne et de son propriétaire. Dans chaque récit, Dieu a l’initiative première et met tout en oeuvre pour l’épanouissement de sa vigne. Isaïe, dans la première de ce 27ème dimanche, nous décrit dans les moindres détails les soins que Dieu prodigue à sa vigne et la réaction décevante de cette dernière. Elle n’a pas donné le fruit espéré. Décevante est également l’attitude des vignerons qui refusent la relation, la main tendue de leur employeur. Dieu n’aurait-il pas suffisamment fait pour sa vigne ? Se serait-il montré méfiant à l’égard de ces vignerons pour qu’ils agissent en retour comme ils l’ont fait ? Eh bien non ! Pour sa vigne, il a tout mis en oeuvre pour qu’elle donne du fruit à la gloire de son propriétaire.
D’une manière globale, Saint Paul dans l’exhortation aux Philippiens énumère quelques aspects de ce fruit : « Tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre propre compte… mettez-le en pratique ».
Mais on ne peut y arriver sans conversion profonde et persévérante qui s’appuie sur le Christ, Pierre angulaire de nos vies. Comme vigne et vigneron, Dieu tient à chacun de nous. Nous devons nous le redire, en prendre conscience et agir en conséquence. En priant nos Saints Anges gardiens aujourd’hui, nous pouvons demander cette grâce particulière de la conversion sincère qui refuse la violence et l’esprit d’usurpation de biens d’autrui, qui cherche constamment à revenir au Seigneur pour être illuminé par son visage, bénéficier du soutien de sa main puissante et être sauvé.
Éditorial 25 septembre 2011
La liturgie de ce vingt-sixième dimanche du temps ordinaire nous propose une page d’évangile que nous connaissons bien. Le premier est celui qui nous est décrit comme faisant la volonté du Père. Il dit non à la demande de son père, mais se repentant il fait ce qui lui était demandé. L’attitude du second fils est inverse : à la demande du père, il répondit « oui », mais ne fait pas. Un récit, avouons-le, avec lequel nous pourrions faire des parallèles avec ce que nous pouvons vivre.
Peut-être aurions-nous tendance à nous identifier à l’un ou à l’autre de ces deux fils. Ne tirons pas de conclusion trop hâtive. Ce que le Christ nous révèle ici n’est pas tant une morale que sa grande miséricorde, une miséricorde à l’égard de tous les pécheurs qui reconnaissent leur besoin au fond de leur coeur d’écouter la Parole et de la mettre en pratique ; leur besoin de se mettre en vérité à la suite du Christ ; leur besoin de conversion et d’accueil du salut offert par Dieu.
Le point de départ de ces deux fils est le même que le nôtre : celui de la condition humaine, une condition pécheresse. Pécheresse certes, mais appelée à la conversion, car nous ne devons pas douter que notre Dieu est riche en pardon et en miséricorde. Il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive. Il nous faut donc nous tourner vers le Seigneur, et choisir la bonne voie : celle de la vie.
Alors peut être nous convertissant, deviendrions nous le troisième fils, celui qui n’est pas dans la parabole, celui qui dit « oui » au père et qui va travailler à la vigne. Il a compris que sa volonté était de faire la volonté du père. Voilà le fils que Dieu attend que nous devenions pour être témoin de la vie de l’Esprit dans notre monde.
Éditorial 18 septembre 2011
Je suis le Père Rock Armand Augustin KLOUVI, ordonné prêtre le 5 janvier 2003 dans l'Archidiocèse de L i b r e v i l l e p a r S o n E x c e l l e n c e Mgr Basile MVE ENGONE. J'ai eu comme premier poste le Grand Séminaire National saint Augustin comme éducateur et économe jusqu'en 2004. En 2003, se fut également la création d'un nouveau diocèse dans la ville de Port-Gentil (pris sur le territoire de celui de Libreville). Mgr Mathieu MADEGA LEBOUAKEHAN, premier évêque de Port- Gentil me reçut comme prêtre dans ce nouveau diocèse. Il me nomma administrateur de la mission Sainte Anne (zone lagunaire) jusqu'en 2006 où je fus rappelé en ville comme chancelier (2007) ; vicaire en la paroisse Saint Barbe (2008-2009), de septembre 2009 jusqu'au 10 septembre 2011, j'étais administrateur de la cathédrale Saint Louis roi de France. Je m'occupais comme aumônier de tous les groupes mariaux du diocèse. Et depuis le 12 septembre 2011, me voilà parmi vous pour étudier la théologie spirituelle à l'Institut Catholique de Paris. Merci à père Emmanuel pour l'accueil et sans oublier les autres confrères. Que Dieu vous bénisse !
p. Rock Armand Augustin KLOUVI
Éditorial du 4 septembre 2011
Voici qu’autour de nous, en cette fin de l’été, tant et tant de pays et de réalités ont besoin de repartir sur des bases nouvelles. La Lybie et la Syrie, bien sûr, et tant d’autres : cela nous le voyons bien parce que c’est à l’étranger ! Mais il y a aussi, dans les pays occidentaux, l’économie et les finances et notre manière de vivre quotidiennement. Au retour des vacances et en reprenant nos relations habituelles, il se peut que nous nous disions que tout reprend comme avant ou, au contraire, que c’est l’occasion ou jamais de changer notre manière de voir et de nous situer dans la vie. Vers la fin de l’épitre aux Romains, Saint Paul nous invite fortement à opérer ce changement ; dans l’évangile de St Matthieu Jésus demande à chacun d’entreprendre toutes les démarches possibles pour rétablir des liens fraternels s’ils ont été compromis. De plus, si nous nous unissons en Son Nom, il est au milieu de nous : avec Lui, avancer, changer, recréer deviennent possibles. Chacun de nous, tout en vivant des choses formidables et belles, est plus ou moins bourré de préjugés, de vieilles marottes faites d’exclusion et de manières d’être qui rendent la vie difficile aux autres. Il y a des tornades et des cyclones qui démolissent ; il y a des souffles de l’Esprit qui libèrent, ouvrent les yeux, construisent des relations nouvelles et permettent d’édifier l’Eglise et de faire vivre le monde, y compris notre petit monde domestique. Aussi, parmi les critères de réflexion et d’action à privilégier en ce temps de redémarrage, nous pourrions choisir dans ce que nous entendons dans la parole de Dieu de ce dimanche.
mutuel.’
compromises’.
Éditorial août 2011
Le fondamentalisme chrétien, revendiqué en Norvège par l’auteur des actes de terrorisme, nous oblige à faire œuvre de raison pour poser ce qui est de l’ordre des fondements de notre foi chrétienne et ce qui serait une perversion de ces fondements qui nous ferait nous renier (et renier Dieu lui-même).
La société contemporaine discute volontiers des points essentiels de notre foi sur lesquels les chrétiens ne peuvent transiger parce qu’ils sont révélés par Dieu lui-même : la création de l’univers par un Dieu transcendant, la résurrection du Christ et la promesse de Vie éternelle pour tous les hommes, mais également la différence sexuée inscrite dans la chair, l’appel universel des hommes à être saints et donc à se conduire saintement en maîtrisant leurs passions et leurs violences, la possibilité pour un homme et pour une femme de fonder un foyer par un lien spécifique matrimonial, le droit qu’à chaque homme de naître d’un père et d’une mère et d’être élevé dans la mesure du possible par eux… On pourrait citer beaucoup d’autres éléments qui font aujourd’hui l’objet de débats, parfois de rejets.
Si nous tenons ces positions, nous ne serons pas pour autant des fondamentalistes religieux, mais des hommes et des femmes fondant leur vie sur une vision du monde révélée par un Dieu qui nous aime. Bien sur, nous préférerions que ces positions soient reçues par tous et partagées par le plus grand nombre. Nous souhaiterions que la société s’organise pour recevoir et défendre notre idéal social de monogamie, de fidélité, de respect des hommes, de partage, de pardon…. Nous aimerions pouvoir débattre sans être sans cesse renvoyés à une image d’obscurantisme ou d’archaïsme. Cependant, au Nom du Christ, les chrétiens font un choix du refus de la violence et en particulier pour imposer leurs idées : cette « non-violence chrétienne » n’est pas une abdication et nous ne devons pas nécessairement nous soumettre aux idées communes ou à la force du plus grand nombre. Elle est un idéal de vie afin de nous conformer au Christ lui-même.
Sans doute, depuis quarante ans, le changement des mœurs et la mondialisation ont modifié les comportements et les attitudes, mais ne pourrions nous pas chercher à nouveau à défendre les fondements de notre foi par le seul témoignage de la Sainteté de vie. Loin de tout fondamentalisme aveugle et irrationnel, nous sommes invités à unir Foi et Raison pour fonder un monde fraternel, correspondant à ce Dieu veut pour nous lorsqu’il nous le révèle par l’Amour du Christ qui donne sa vie pour nous.
Éditorial juillet 2011
Beaucoup se servent de « topo-guides » pendant l’été pour leurs randonnées. Saint Matthieu, au fil des dimanches de juillet et août, pourrait bien nous en proposer un. Nous commençons, le 3 juillet, par une prière d’action de grâce et de joie de Jésus. Participant à sa prière, nous entrons avec lui dans ce qu’il partage avec le Père. Les trois dimanches suivants nous feront lire les paraboles du Royaume. Voici le ‘Semeur’ et l’abondance de la semence qui va sur tous les terrains : ainsi la Parole de Dieu que nous recevons de façons si diverses mais qui peut produire si abondamment. Les autres paraboles nous présenteront la petitesse des débuts, mais en même temps la force, le dynamisme, le caractère précieux de l’enjeu du Royaume des cieux. Le Seigneur est ainsi avec nous, avec le monde et l’Eglise. Il y a là une belle occasion de repenser à ce que nous avons vécu cette année et de trouver un nouveau souffle pour les temps à venir : de ces paraboles ressort une espérance phénoménale. Ce n’est pas qu’une espérance, c’est aussi la générosité du don que le Seigneur fait aux hommes. Voici qu’il les nourrit à profusion (31 juillet). Sans doute avons-nous beaucoup reçu au cours de l’année. En faire mémoire serait judicieux. En réponse à ce don et dans le jaillissement de l’Espérance, nous serons invités au mois d’août à donner notre foi au Seigneur. Pourtant, nous sommes souvent bousculés, ballotés comme la barque chahutée sur la mer. Mais le Seigneur est là alors même que nous ne le savons pas. Lui accorderons-nous notre confiance ? Lui donnerons-nous notre foi, une foi qui soit une mise en route, à sa suite, même si ce n’est pas facile tous les jours ? Car il y a les moments d’enthousiasme et il y a ceux où tout est difficile. Quoi qu’il en soit, le Seigneur est là : il marche avec nous, devant nous, et sa présence ne fait pas défaut. Eh bien, à la suite de Jésus, suivrons-nous cet itinéraire ?
Éditorial du 19 juin 2011 Trinité
Gloire à toi Père, Dieu tout puissant d’amour, Créateur du ciel et de la terre, de tout ce qui existe et qui vit. Toi éternellement père, plein de tendresse, nous te bénissons pour les hommes que tu ne cesses de créer libres et responsables de leur propre liberté. Nous te rendons grâce de parler en ton Fils adoptant notre condition humaine, excepté le péché.
Gloire à toi Jésus-Christ, venu en notre monde pour nous révéler ton Père et faire de nous ses fils. Nous dire, combien, en aimant nos frères nous aimons ton Père. Nous signifier par ta croix l’amour total du Père pour tous les hommes quelles que soient leur condition et leur origine. Par cette même croix, nous réconcilier avec celui qui nous aime de toute éternité.
Gloire à toi Esprit-Saint, qui unit dans un amour commun le Père et le Fils, sans qui la Résurrection du Fils ne serait pas devenue Pentecôte, sans qui la Pentecôte ne serait pas devenue Église. Nous te rendons grâce pour l’amour fraternel et les dons innombrables que tu mets au cœur des fidèles du Christ pour qu’ils deviennent, chaque jour davantage, des passeurs de Pâques et des témoins d’Espérance pour chaque homme à travers le Monde.
Gloire à toi Sainte Trinité pour l’amour total et fécond de vos trois Personnes, Père, Fils, Esprit-Saint. Bénie soit Tu, Ô, Sainte Trinité pour l’effusion de Vie, de Foi, de Grâce et d’Amour donnée à profusion aux hommes et à la création. Puisse notre monde se désaltérer à ta source.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit pour les siècles des siècles, Amen.
Éditorial du 12 juin 2011 Pentecôte
A la Pentecôte, « ils se trouvaient réunis tous ensemble », c’était l’Église naissante, dans l’unanimité et l’unité de ses membres, sous le toi d’une mission: proclamer et annoncer la foi en le Ressuscité.
La Pentecôte fait des disciples, Apôtres. Elle traduit le moment où ceux-ci ont pleinement compris ce que le Christ voulait faire, dire et transmettre. Ils sont mûrs, prêts à témoigner et à se lancer dans l’aventure. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre où l’Eglise parlera la langue des hommes pour leur annoncer les merveilles de Dieu. Elle montre alors de façon prophétique qu’elle est née pour aller à la rencontre des races, des peuples et des cultures, dans une éternelle actualité.
Ce qui est le plus frappant c’est que la Pentecôte remédie à la dispersion et à la confusion des langues, produit de l’effort orgueilleux de la tour de Babel. Elle rétablit l’unité du langage humain. Ainsi, les disciples seront compris par tous les étrangers venus à Jérusalem : Parthes, Mèdes, Cappadociens, africains, asiatiques, arabes, et ceux-ci s’étonneront d’entendre comme dans leur propre langue les discours de ces Galiléens.
Le langage de l’Esprit est aujourd’hui encore accessible à tous les hommes, à toutes les races, à toutes les nations ; le même Esprit transmet un message universel, que chaque âme reconnaît cependant comme le sien propre. Qui est le responsable de cette tâche de rendre accessible ce langage ? Qui est le témoin du don de l’Esprit ? Qui est son porte-parole ? C’est vous, frères et sœurs lecteurs. Que la Pentecôte ne soit pas pour vous un événement exclusif aux disciples de la communauté primitive. Il s’agit plutôt de l’actualiser dans votre monde, dans votre société, dans votre Église, dans votre famille et dans votre cœur. Ne craignez pas de vous laisser guider par l’Esprit de la Pentecôte. Ne craignez pas de témoigner de votre foi chrétienne dans votre entourage.
La persécution, l’athéisme, la sécularisation du monde et le laïcisme ne constituent pas les seuls dangers qui guettent le chrétien aujourd’hui. Le véritable danger c’est son divorce avec l’Esprit Saint et son oubli qu’il est en régime quotidien de Pentecôte. Aujourd’hui le danger vient du fait que bien souvent le chrétien passe au chômage ou fait chômer en lui l’Esprit de Dieu, notamment lorsqu’il cesse d’être Sel de la terre et Lumière du monde.
Éditorial du 29 mai 2011
« D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus ». Dans l’évangile de ce dimanche, le Christ annonce son Ascension prochaine, à la droite du Père, que nous célèbrerons jeudi. Mais dès aujourd’hui, il nous invite à réaliser qu’Il ne nous abandonne pas. Bien au contraire. Si nous restons fidèles à ses commandements, si nous restons fidèles à son amour, alors nous demeurons en Lui et Lui demeure en nous.
Voilà un moyen simple et efficace qui nous est donné pour, en fin de compte, aimer de l’amour dont chacun de nous est aimé : vivre des commandements, être fidèle à la parole de Dieu en l’écoutant et en la mettant en pratique. Et Dieu, au-delà du moyen, nous donne la force de réaliser cette œuvre. Et cette force, c’est l’Esprit Saint lui-même ; ce « Défenseur qui sera pour toujours avec nous », nous promet le Christ.
L’Esprit va nous permettre d’aborder le monde et les hommes, avec bienveillance, avec une volonté de servir, un souci des petits, toutes attitudes qui sont véritablement « du Christ ». Par le baptême et la confirmation, nous héritons de cet « Esprit du Christ », de ces manières d’être bien précises et bien particulières. A nous de les mettre réellement en œuvre. « Le fruit de l’Esprit, nous dit saint Paul dans la lettre aux Galates, est amour, joie, paix, patience, bienveillance, bonté, fidélité, douceur et maîtrise de soi ». Voilà un programme de vie, et un instrument de vérification, pour voir où nous en sommes.
Nous sommes le lieu où le Christ parle et agit. Le Père n’est pas visible. Le Christ, on ne le voit plus. L’Esprit non plus. Aujourd’hui, les gens ne voient que des hommes et des actions humaines. A nous de « rendre compte de l’espérance qui est en nous » comme nous le rappelle saint Pierre ; à nous de manifester cette présence de Dieu dans le monde par nos actes et nos paroles en nous appuyant sur l’Esprit Saint.
Éditorial du 22 mai 2011
Par tous les moyens de transport, chaque jour nous sommes des millions en France, et tant et tant dans le monde, à circuler dans tous les sens. Que cherchons-nous ? Du travail, de la nourriture, un toit, un lieu de repos, un pays en paix, mais aussi des amis, une âme sœur, un ailleurs … ! Quant Jésus dit aux disciples « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin. » Thomas lui répond : « Nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions savoir le chemin ?» A sa place, aurions-nous répondu autre chose ? Parents, catéchistes, témoins, animateurs, prêtres, nous accompagnons les enfants et les jeunes au long de la catéchèse, puis dans les aumôneries, le scoutisme… au fur et à mesure de leur croissance. Avec eux nous parcourons un chemin, mais pas n’importe lequel. Les pédagogies peuvent être multiples et les étapes nombreuses, mais le chemin est Jésus lui-même et il conduit au Père. Ce langage peut étonner, sembler obscur. Pourtant s’agit-il d’autre chose quand Jésus répond à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Aujourd’hui, trente-six enfants font leur première communion. Ils ont neuf ou dix ans, leurs activités sont multiples : école, sports, danse, jeux, découvertes sur ordinateur et tant d’autres, au milieu de leur vie familiale. Depuis plusieurs années avec leurs parents, ils ont pu découvrir que Jésus est beaucoup plus que le fil rouge de leur vie. Il est Celui qui donne sens à notre vie en nous conduisant au Père. Nous-mêmes qui courons sans cesse, redécouvrons à travers les yeux, la foi, la vie, les paroles des enfants, le Chemin qui conduit au Père.
Éditorial du 15 mai 2011
Fréquemment Saint Jean dans son Évangile souligne l’interpellation de Jésus « Amen, amen, je vous le dis ». L’évangéliste attire notre attention sur les mots qui vont nous être dits par Jésus. En ce quatrième dimanche de Pâques pour nous accompagner sur notre route avec le Ressuscité, la liturgie de la parole nous invite à écouter, réécouter, comprendre et méditer cette page dans laquelle il est beaucoup question de bergerie, brebis, voleurs, berger, d’appel, de voix, de porte et portier. Ces quelques lignes qui me sont proposées d’écrire dans cette rubrique pourraient vous donner une clé de lecture de cette Bonne Nouvelle.
Aujourd’hui, je vous invite à déchiffrer le sens profond de l’ordonnancement de tous ces mots. Prenez une feuille de papier et des crayons de couleurs, reprenez le texte et dessinez les allers et venues du berger, la place des brebis, la porte et le portier. Priez et laissez l’Esprit Saint vous guider dans la découverte du message de cet enseignement de Jésus.
N’hésitez pas, reprenez le texte, relisez le ! Si vous n’avez pas de crayons et de papier, faites le dessin dans votre tête. Si Jésus nous parle en paraboles et en termes imagés, c’est pour nous faire comprendre l’essentiel. Allez à l’essentiel.
Les braves pharisiens ne comprenaient rien à rien, ils étaient enfermés dans le carcan de leurs habitudes et de leurs certitudes, du règlement pour le règlement. Ne soyez pas comme eux. En ce temps pascal, ouvrez grand votre porte à la Lumière du Ressuscité, ne soyez pas timorés et éteints. Que votre visage rayonne, que votre vie transmette la joie pascale. Jésus vous dit : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. » alors, profitez-en !
Éditorial du 8 mai 2011
L’Évangile de ce 3ème dimanche de Pâques nous fait rencontrer les deux pèlerins d'Emmaüs en compagnie du Ressuscité qu'ils ont de la peine à reconnaître. L'Evangéliste Luc nous révèle que ces pèlerins sont deux anciens disciples de Jésus dont l'humiliante mort semble avoir ruiné tous leurs espoirs. Aussi décident-ils de tourner désormais la page afin de vaquer à d'autres occupations. L'un des deux se nomme Cléophas; le nom de l'autre, ne nous est pas indiqué, certainement parce qu'il représente chacun de nous, comme membres de l’Église du Seigneur. L’Évangile se solde par un dénouement heureux. En effet, à travers le geste eucharistique de la fractio panis ou fraction du pain, Cléophas et son condisciple découvrent en ce mystérieux compagnon qui accepte volontiers leur hospitalité, le Christ mort et ressuscité. Curieusement une fois le pain rompu, le Ressuscité disparaît sous leurs yeux, une disparition qui leur inspire l'idée de rentrer à Jérusalem pour communiquer aux autres disciples, la Bonne Nouvelle de cette merveilleuse rencontre.
Bien aimés dans le Seigneur, Cléophas et son anonyme compagnon nous font penser à tous ces chrétiens qui, aujourd'hui, en raison d'un certain nombre d'échecs et d'humiliations enregistrés dans leurs vies, ont presque ou totalement perdu la foi en un Dieu qui sauve. Dans leurs différents parcours et dans leurs douloureuses expériences existentielles, ces hommes et ces femmes ont la certitude d'avoir cru à des chimères. Savent-ils ou sauront-ils un jour que le Ressuscité demeure le Dieu qui chemine avec les hommes et participe avec eux à tous leurs combats pour l'avènement d'un monde de justice, de réconciliation et de paix ? Sont-ils assez vigilants pour pouvoir décrypter dans les sacrements, la Parole de Dieu, le cri du prochain en difficulté ou encore à travers un bienfait providentiel, des signes visibles de la présence invisible du Christ au milieu d'eux ? Et s'ils parviennent, malgré tout, à découvrir le Christ à travers ces différents signes, sont-ils disposés à entrer dans la logique du Bienheureux Jean- Paul II qui disait: lorsqu'on a fait une expérience du Ressuscité, se nourrissant de son corps et de son sang, on ne peut garder pour soi seul la joie éprouvée . C'est justement ce que font Cléophas et son compagnon de route. C'est également la mission dévolue à chaque baptisé, à savoir devenir un témoin du Christ mort et ressuscité pour nous donner la Vie en abondance.
Frères et sœurs, à la lumière de l’Évangile de ce troisième dimanche du temps pascal, ouvrons-nous donc au Christ ressuscité, à l'instar des deux disciples d'Emmaüs, et présentons lui tous nos soucis et nos angoisses, tout en l'invitant avec amour et confiance, à rester avec nous avant qu'il ne soit trop tard.
Éditorial du 1er mai 2011 : 2e dimanche de Pâques
Divers événements de nos quotidiens nous invitent à bénir le Seigneur qui en est la source : le bien-être social pour les uns, la joie familiale et fraternelle pour les autres, la miséricorde du Père qui nous engendre dans sa grâce par la résurrection de Jésus-Christ, la paix et l’Esprit Saint donnés à tous. Pour chacun et chacune, la merveille que Dieu fait se décline de différentes manières. A chacun de savoir les discerner et de se joindre à l’action de grâce de l’Eglise qui chante l’amour éternel du Père.
Les textes de ce dimanche octave de Pâques, tout en invitant à la foi qui donne la vie, soulignent la joie inexprimable qui transfigure le disciple et la communauté des croyants. C’est la joie du salut, joie du Christ ressuscité ; joie de partager une vivante espérance et d’être gardé dans la foi par la puissance de Dieu au travers des épreuves inévitables de la vie ; joie d’accueillir de nouveaux membres et de vivre en communion fraternelle avec le Christ ressuscité qui se donne dans le pain rompu, et dans une solidarité réelle avec les autres.
Dans l’actualité de la vie de l’Eglise universelle, nous nous réjouissons de la Béatification de Jean-Paul II, signe de la grâce que Dieu donne au croyant incorporé au Christ de participer pleinement à la gloire de sa résurrection. L’Eglise nous le propose aujourd’hui comme modèle de foi et de don total à Dieu. En nous tournant vers lui, puissions-nous reconnaître et confesser avec Thomas, Jésus-Christ, notre Sauveur et Dieu. Il nous rejoint, se tient au milieu de nous, au coeur de nos vies et de nos doutes de foi pour nous libérer de nos peurs, nous faire renaître, nous purifier et nous racheter et pour redire à chacun comme à Thomas : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Par la prière du Bienheureux Jean Paul II, puissions-nous grandir dans cette foi qui sait faire confiance et se nourrir des expériences de foi des autres.
Éditorial du 24 avril 2011 : Paques
L’époque actuelle nous invite, nous pousse, nous oblige à regarder le Seigneur et à nous plonger dans l’humble méditation du mystère du pouvoir suprême du Christ. (…) Le Concile Vatican II nous a rappelé le mystère de ce pouvoir et le fait que la mission du Christ prêtre, prophète et roi, continue dans l’Église. Tout le Peuple de Dieu participe à cette triple mission. Et si, autrefois, on déposait sur la tête du Pape la triple couronne, c’était pour exprimer, à travers ce symbole, le dessein du Seigneur sur son Église, à savoir que toute la hiérarchie de l’Église du Christ, et tout le pouvoir sacré exercé par elle, ne sont qu’un service, le service qui tend à un unique but : la participation de tout le Peuple de Dieu à cette triple mission du Christ et sa constante fidélité à demeurer sous le pouvoir du Seigneur, lequel tire ses origines non des puissances de ce monde mais du mystère de la Croix et de la Résurrection.
Le pouvoir absolu et très doux du Seigneur répond à ce qu’il y a de plus profond en l’homme, aux aspirations les plus nobles de son intelligence, de sa volonté, de son coeur. Ce pouvoir ne s’exprime pas en langage de force, mais dans la charité et la vérité.
Le nouveau successeur de Pierre sur le siège de Rome élève aujourd’hui une prière fervente, humble et confiante : Ô Christ, fais que je puisse devenir et demeurer un serviteur de ton unique pouvoir ! Un serviteur de ton pouvoir tout imprégné de douceur ! Un serviteur de ton pouvoir qui ne connaît pas de déclin ! Fais que je puisse être un serviteur ! Ou mieux le serviteur de tes serviteurs !
Frères et soeurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement.
N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait ! Aujourd’hui, si souvent l’homme ignore ce qu’il porte au-dedans de lui, dans les profondeurs de son esprit et de son coeur. Si souvent il est incertain du sens de sa vie sur cette terre. Il est envahi par le doute qui se transforme en désespoir. Permettez donc — je vous prie, je vous implore avec humilité et confiance, — permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de vie, oui, de vie éternelle !
HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II 22 Octobre 1978 – Messe d’intronisation
Éditorial du 17 avril 2011 : Rameaux
En ce dimanche des Rameaux, nous entrons dans une semaine sacrée, une semaine sainte, la Semaine des semaines. Certes, c’est celle de la Passion du Christ, mais c'est encore celle de sa Résurrection. C'est la semaine de la singularité, de la bizarrerie, de la contradiction : la Semaine des paradoxes. De la part des hommes : ceux qui auparavant l'ont accueilli, la plupart, sinon tous, l'ont refusé. Ils l’ont applaudi, lui ont étendu leurs vêtements, l'ont suivi, mais une fois mis devant la vérité de la Croix, devant La Vérité, ils l’ont quitté, l’ont trahi et ont réclamé sa mort. Comment, en si peu de temps, ont disparu l’enthousiasme et la joie de toute cette foule qui, à l’approche de Jésus, criait et acclamait « Hosanna », le salut ? Même ceux qui prétendaient être ses disciples, ses bien-aimés, ses compagnons de route, l'un l'a abandonné pour le livrer, l'autre s'est enfui en le reniant, et les autres…
Dieu, quant à Lui, s'est agenouillé pour servir les hommes, pour laver les pieds de ses disciples, signe d'amour et de miséricorde. Il a épousé la condition humaine jusqu’à son extrême limite. Le Plus- Haut s'est fait le « Plus-Bas », et s’est abaissé jusqu’aux profondeurs même des enfers. Le Christ-Roi a fait de la «croix du Golgotha » son Royaume et a accepté volontairement d'être couronné d'épines et a éprouvé les souffrances amères de sa Passion.
Au cours de cette Semaine Sainte tout est renversé, tout est paradoxal. Même le soleil s’est caché et la lumière a fait son deuil. Face à ce défi, nous sommes invités aujourd’hui, à nous autoévaluer: Acceptons-nous le « scandale » de la Passion ? Suivons-nous le Christ qui vient à notre rencontre et nous associe à sa « montée » vers la Croix ? Accueillons-nous la Vérité de sa Croix qui nous met spirituellement à nu ? Marchons-nous avec lui jusqu’au bout, jusqu’à la fin ?
Et quelle est donc cette Fin, sinon sa Victoire Finale, «Sa » Résurrection, voire « notre » Résurrection.
Éditorial du 10 avril 2011
Sur la Lybie et certains pays du monde arabe, sur la Côte d’Ivoire, le Japon et d’autres lieux passe un vent de mort. Nous en avons vu des images terrifiantes et peut-être nous habitent-elles à chaque instant ! Combien de séries télévisées chaque soir et de relations de faits divers font passer le même vent jusque dans nos maisons. A ces situations et ces faits si lourds s’ajoute ce que Jean-Paul II appelait « la culture de mort » : elle imprègne notre humanité.
Cette réalité de la mort Jésus la côtoie en bien des occasions, et tout spécialement lors du décès de son ami Lazare. Lui-même, un certain Vendredi Saint, ne passera pas à côté. En revanche, il ne participera ni à ces oeuvres de mort, ni à cette culture morbide. Au fil de ses déplacements et de ses rencontres, dans ses paroles les plus simples comme dans ses enseignements et dans les signes qu’il accomplit, c’est un souffle de vie qui passe sur tous ceux qu’il rencontre. Nous avons été témoins de sa confiance : elle donne la paix et remet debout ; elle met en route et propose des responsabilités. Jésus, par ce qu’Il est et par sa parole, fait grandir et oriente chaque vie vers sa plénitude.
Comme Marthe et Marie, tout en croyant à la résurrection du dernier jour, nous pouvons reprocher à Jésus de ne pas guérir chacun des malades que nous aimons ou encore de ne pas empêcher la guerre, les séismes et leurs conséquences. Voyons les choses en face : Jésus ne nous soustrait pas à notre condition terrestre et humaine.
En revanche il fait en sorte que toute situation humaine devienne l’occasion d’un nouveau souffle de vie, y compris notre propre mort, comme ce le fut pour lui-même.
« Ne te l’ai-je pas dit : si tu crois tu verras la gloire de Dieu » Jn 11,40
« Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » Ro 8,11
Éditorial du 3 avril 2011
« Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez à cause d’elle vous tous qui l’aimez ! Avec elle soyez plein d’allégresse… » . Les premiers mots de l’antienne d’ouverture de la Messe de ce quatrième dimanche de Carême nous mettent dans l’ambiance et donne le ton à cette mi-carême, car c’est bien à la joie que nous sommes invités aujourd’hui, en ce dimanche dit lætare .
La joie, n’est-ce pas ce que nous demandons au Seigneur dans l’oraison de la Messe pour nos catéchumènes, et pour chacun d’entre nous : « donne à ton Église, Seigneur la joie de transmettre ta vie à ceux qui se préparent au baptême » .
Quelle joie d’accompagner nos catéchumènes sur la route du baptême ; quelle joie lorsque la lumière jaillit des ténèbres pour éclairer chacune de nos vies. La joie, n’est-ce pas ce que nous sommes conviés à vivre et à avoir sous les yeux tout au long de ce carême, nous préparant à célébrer le coeur même de notre foi, le mystère pascal. Ce temps est un temps privilégié de conversion, temps où nous sommes invités à revenir vers celui que nous avons offensé en prenant conscience de nos manques d’amour, de nos fautes, temps où nous sommes invités à accueillir la miséricorde auprès de Dieu : Lui demander pardon, Lui demander de nous libérer du poids de culpabilité et de la honte qui pèsent sur nos épaules, suite à nos péchés, et alors la joie pourra jaillir.
La joie, n’est-ce pas ce témoignage que les uns et les autres nous avons à rendre sans cesse. Georges Bernanos, dans son Journal d’un curé de campagne, écrivait : « le contraire d’un peuple chrétien, c’est un peuple triste, un peuple vieux » . Quoi de plus normal, lorsqu’on sait, comme le dit saint Paul aux Galates que « le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi » . Et c’est bien l’Esprit Saint qui, depuis notre baptême où nous sommes devenus enfant de Dieu, temple de l’Esprit, habite en nos coeurs et nous fait vivre aujourd’hui. La joie est bien au coeur de notre vie, au coeur de notre foi.
Éditorial du 27 mars 2011
Samedi et dimanche derniers, nous vivions à Saint Médard « 24h pour Dieu ». Un temps d’exception pour notre paroisse. Sortir de notre église pour annoncer, dire, exprimer ce qui nous habite. Franchir le seuil de notre parvis pour partager généreusement notre foi chrétienne. Chanter la louange de Dieu au coeur de notre quartier. Inviter petits et grands à exprimer, par quelques mots, par un dessin, notre représentation de la famille. Faire découvrir les richesses de notre église. Tout au long de la nuit, aller vers le Christ, eucharistie, pain de vie pour nous y ressourcer. Lire autrement la parabole dite du fils prodigue. Recevoir les témoignages de cet authentique « allez vers » l’autre, dans le couple, pour s’enrichir de sa différence et vivre la fidélité. Combien de mains offrant gâteaux et cafés accompagnées d’une invitation, d’une parole. Que de signes, que de richesses, que de sourires échangés durant ces 24h. En y regardant bien, ce fut pour tous ceux qui l’ont vécu, le temps de « ALLER VERS ». Aller vers l’autre, ne serait-ce pas l’antidote de la sclérose ? Au lieu de se demander ce qu’il faudrait faire pour remplir nos églises le dimanche, ne faudrait-il pas mieux en sortir et vivre cette démarche d’aller vers les habitants de notre quartier, de nos voisins, de nos collègues de travail pour dire la Bonne Nouvelle vécue en nous, chacun à notre manière. L’immobilisme conduit à la paralysie, puis à la mort. Aller vers l’autre conduit à la rencontre, à la vie. Saint Matthieu termine son évangile par ces mots de Jésus : Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Jésus se garde bien de dire à ses apôtres de rester bien au chaud à Jérusalem ; non, il leur dit : ALLEZ, partez, annoncez ce que vous avez vécu avec moi, soyez les témoins vivant de ma mort et de ma résurrection. Que serait l’Eglise sans la Pentecôte, sans un Paul qui n’aurait pas été à la rencontre des nations ? « 24h pour Dieu » c’est un peu court à la mesure de l’éternité. Pourquoi ta vie ne serait-elle pas pour Dieu ? Ne seraitelle pas un ALLER VERS l’autre permanent pour annoncer ton bonheur d’appartenir au Christ et de vivre de Lui ?
Éditorial du 20 mars 2011
Notre paroisse vit ce week-end un temps fort durant 24h. Moins qu’une performance, c’est plutôt un moment donné pour remettre devant nos yeux la force du carême qui n’est certes pas un temps de tristesse, mais un temps lumineux où Dieu nous éclaire. L’Évangile de la Transfiguration du Christ que nous lisons ce dimanche nous incite à comprendre que le Christ, qui marche aux côtés de son Église et qui, en ce carême, nous invite à avancer plus avant sur notre chemin vers sa croix, est notre lumière pour chaque jour. Beaucoup voient ce carême sous le seul angle de l’effort ; or, le carême est plutôt un temps de ressaisissement et de mise en forme. La pénitence n’est pas non plus une performance, mais un simple moyen pour remettre l’essentiel au coeur de nos vies.
Cet essentiel, c’est d’écouter ce que le Christ me dit lorsque je prends le temps dans mon quotidien d’aller à l’écart et de m’élever vers Dieu. Écouter ces appels à mettre l’Amour de Dieu et dans le même temps l’Amour du prochain au premier plan de ma vie. Pour cela, il me faut me laisser tailler, élaguer, émonder… afin de porter du fruit en ce monde.
Ce temps du carême est lumineux, car il est là pour éclairer la part obscure de nous même et nous donner d’accueillir le message de libération que le Seigneur nous apporte : libération de nos peurs, de nos fautes, de nos culpabilités. Pour laisser entrer la lumière du Christ dans ma vie, il ne faut pas craindre de m’y exposer en écoutant sa Parole, en priant de manière plus régulière et plus intense, en faisant attention à mon prochain de manière plus aiguë. Le Jeûne et le partage ont également ce rôle de permettre à la lumière du Christ d’entrer au plus profond de moi-même en me faisant dépasser mon égoïsme. Vivre le carême ne peut donc se résumer à se couvrir le visage de cendre, mais bien plus à se laisser réconcilier et illuminer par Dieu afin d’avancer vers une vie libérée de la peur. Dans ce carême, nous vous proposons d’expérimenter à nouveau le sacrement de Pénitence et de Réconciliation ; cette nouvelle expérience est bien moins faite pour mettre en valeur nos failles et nos blessures, que pour laisser cette lumière libérante de la grâce entrer jusque dans l’intime de nos coeurs. Certains ne savent plus ou pas comment procéder pour reprendre le chemin de ce sacrement de la liberté chrétienne : nous vous diffuserons dimanche prochain un petit guide pour rappeler à chacun comment aborder la confession et recevoir la grâce du pardon que Dieu donne. Que chacun d’entre nous resplendisse dans ce carême de la Lumière du Christ venu nous sauver !
Éditorial du 20 février 2011
Des décennies de dictature, des centaines (et davantage) d’opposants incarcérés, des dizaines de morts par répression, des dizaines de milliards envolés…. ailleurs, telle jeune fille assassinée, des enfants disparus ; ailleurs encore et chez chacun parmi nous, des heurts, des vexations, des harcèlements en tout genre. Nous connaissons le quotidien de la vie des peuples et le nôtre ! Aussi, nous nous demandons s’il est possible d’entendre : Tu n’auras aucune pensée de haine contre ton frère… Tu ne te vengeras pas … Lv 19. Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent… Mt 5,44 . Peut-être osons-nous penser que le Seigneur ne se tient pas tellement au courant de ce qui fait notre vie ! Pourtant nous entendons aujourd’hui ces paroles de l’Ancien Testament et de l’Evangile. A l’époque où elles ont été écrites, le peuple juif avait subi les pires humiliations, quant aux chrétiens, ils connaissaient les persécutions et Jésus avait subi le supplice de la croix. Je crois que depuis le fond des âges, des mystères habitent notre vie. Pourquoi et comment le pardon est-il possible alors que le mal frappe l’homme jusqu’au plus profond de son existence ? Les réponses théoriques sonnent faux et ne sont pas convaincantes. Je ne connais, quant à moi, que le regard porté sur ce que fait le Seigneur, ainsi que l’exemple donné par tel ou tel au long de l’histoire et aujourd’hui. …Votre Père qui est dans les cieux fait se lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et les injustes Mt 5, 45 Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font Lc 23, 34. Jésus qui, sans cesse, écoute et regarde son Père, reçoit son amour sans mesure. Il nous dit que c’est là la source de tout et que c’est en lui que nous trouverons le sens de toute chose. Le Père serait-il celui qui, à chaque instant, recrée et fait ressusciter ce qui est touché par la mort ? La haine et le mal nous laminent mais ils ne sont pas le secret du monde. L’amour sans limite du Père est ce secret du monde : il est aussi le nôtre !
Éditorial du 13 février 2011
Face à la Loi et aux commandements, deux dangers ont toujours existé ; d’une part celui de la déification de la loi et de la légalisation de Dieu, ce qui fut sans doute l’erreur des pharisiens, et d’autre part, inversement, celui de dédiviniser la loi et de séparer Dieu de sa loi : c’est là sans doute la méprise pécheresse des disciples. Dieu et la loi, dans l’un et l’autre cas, sont soit séparés l’un de l’autre, soit identifiés l’un à l’autre, ce qui quelque part revient au même. Le Christ dans la liturgie de ce dimanche nous donne la voie à suivre. Face à ces deux méprises, Jésus remet en vigueur la loi comme loi de Dieu. Dieu est le donateur et le maître de la loi, et ce n’est que dans la communion personnelle à Lui que la loi est accomplie. Il n’y a pas d’accomplissement de la loi sans communion avec Dieu ; il n’y a pas non plus de communion avec Dieu sans accomplissement de la loi. C’est un retour à l’inspiration même de Dieu sur la Loi, que la dureté des coeurs a peut-être déviée, qui nous est demandé. La Loi est là pour nous transformer de l’intérieur, pour nous unifier, en supprimant la distance qui peut exister entre ce que je suis et ce que je fais. Et Dieu est là pour nous y aider. N’est-ce pas ce que l’oraison de ce dimanche nous invite à vivre. Elle ne nous demande pas d’observer scrupuleusement la Loi et les commandements mais de vivre selon la grâce de Dieu car il veut habiter les coeurs droits et sincères . Nous avons à vivre pleinement et simplement de ce commandement qui résume la Loi : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ta force, de tout ton esprit, de toute ton intelligence et tu aimeras ton prochain comme toi-même . A nous de nous engager aujourd’hui sur ce chemin de la véritable liberté, celle de l’amour de charité en nous appuyant sur la force de l’Esprit qui fait de chacun de nous les enfants bien aimés du même Père.
Éditorial du 30 janvier 2011
Les Béatitudes sont l'expression de la promesse du bonheur faite à ceux qui, restant fidèles aux commandements de Dieu, cherchent à répondre à l'appel de l'amour divin. L'Evangile de Matthieu (5, 1-12), proposé en ce quatrième dimanche du temps ordinaire de l'année A, met en relief un répertoire de modèles et des vertus susceptibles de nous inspirer dans notre quête du bonheur. Il s'agit bien des coeurs pauvres ; des coeurs doux ; des coeurs affligés ; des affamés et assoiffés de justice ; des miséricordieux ; des coeurs purs ; des artisans de paix ; des martyrs de la foi et de la justice.
Bien évidemment, la réalisation de toutes ces vertus dans notre vie quotidienne requiert un minimum de courage chrétien dans un monde comme le nôtre où semblent triompher, le plus souvent, des personnes aux coeurs pleins de folles ambitions et de calculs égoïstes ; des gens irascibles, aux coeurs rugueux et violents ; des personnes indifférentes aux souffrances des autres. Que dire de tous ces nombreux coeurs allergiques à la paix sociale et qui rendent la tâche difficile aux artisans de paix ! Que dire de tous ces coeurs corrompus par le vice et le faux, ces coeurs qui tournent en dérision les promoteurs de la justice sociale ! Quel langage tenir à l'égard de tous ces nombreux coeurs inexorables et hostiles à Dieu, à l'Homme et à la Vie ? A tous ces nombreux coeurs "anti-béatitudinaires" qui, bien souvent, battent en nous le Christ lance un appel en vue d'un renouveau des coeurs "christifiés". Ce renouveau signifie, adopter les vertus des Béatitudes que proclame le Christ dans son Sermon sur la Montagne. Le bonheur tant recherché dans ce monde éphémère ne serait-il pas à ce prix ?
Éditorial du 23 janvier 2011
L’histoire d’hier et d’aujourd’hui est pleine de récits d’hommes et de femmes engagés sur les chemins difficiles de l’unité sociale et de la paix sincère. Et il en faut car le monde en a tant besoin. Les divisions dans nos familles, les crises sociales dans certains pays nous en disent long sur ce besoin et les efforts à fournir encore. Les hommes ont droit à l’unité et à la paix. Certes, elles sont des dons de Dieu et nous lui demandons à chaque célébration eucharistique d’accorder la paix au monde, à tous les hommes et de conduire son Eglise sur le chemin de l’unité parfaite. Mais en même temps elles relèvent de notre volonté de voir l’autre comme un frère, une soeur. Pour y arriver donc, les accords politiques, les médiations humaines interminables ne sauraient suffire.
L’ouverture à la grâce de Dieu est nécessaire. Sur les chemins de l’unité et de la paix, que tous ont le devoir de rechercher, de construire, nous avons à nous convertir. Tournez son coeur à Dieu pour voir les autres, le monde en lui, est l’appel que Jésus nous adresse aujourd’hui : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche », Royaume de justice et de paix. Puissions-nous, comme les Apôtres, avec fermeté et promptitude, répondre à l’appel de Christ venu rassembler dans l’unité tous les hommes et être leur paix.
L’Eglise de Jésus-Christ est aussi à la recherche de son unité. Les chrétiens qu’un seul baptême a consacrés sont appelés à former un seul corps dans l’unique Esprit et animé par la même charité. A deux jours de la fin de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, Saint Paul nous rappelle que l’unité du corps des baptisés est au-delà de la simple bonne entente ou cohabitation pacifique. Il s’agit de nous recentrer sur le Christ Un et Unique et de repartir de sa Croix comme signe de la vie accordée à la volonté de Dieu qui appelle, « rassemble et fait l’unité de ce qu’il rassemble » pour manifester dans leur diversité la sainteté de son Nom et leur dignité de fils de Dieu. Devant la Croix, les pieds des soldats qui piétinaient bruyamment le sol s’estompent pour que s’entende le témoignage rendu au Christ, en ce lieu : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ». Aussi devant la Tunique tissée d’une seule pièce, les opinions se sont accordées : « Ne la déchirons pas… ». C’est ce que l’Eglise une et diversifiée dans sa manière de vivre ou de célébrer. Que Dieu lui-même ‘fasse l’unité des esprits dans la vérité et l’union des coeurs dans la charité’.
Éditorial du 16 janvier 2011
Notre Pape Benoît XVI a choisi comme thème de son message pour cette 97ème journée mondiale du Migrant et du Réfugié ‘‘Une seule famille humaine’’. Faire de la communauté des hommes «Une seule famille humaine», une seule famille de frères et soeurs dans des sociétés qui deviennent toujours plus multi-ethniques et interculturelles, où les personnes de diverses religions aussi sont encouragées au dialogue, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence sereine et fructueuse dans le respect des différences légitimes (Message de Benoît XVI pour la 97ème journée mondiale du Migrant et du Réfugié du dimanche 16 janvier 2011). Quel défi ! Nous savons combien, il est parfois difficile de vivre en famille, dans nos propres familles, si nous ne prenons pas le temps de l’enfance pour s’accueillir, de l’adolescence pour se découvrir et de l’âge mûr pour vivre des liens filiaux et fraternels, sans oublier les temps du pardon et de la réconciliation. Alors, faire de la communauté des hommes une seule famille humaine, il nous faudra bien l’éternité ! Depuis que l’homme est homme, il n’a cessé de se déplacer pour vivre. Le phénomène migratoire, toujours plus étendu, constitue aujourd’hui un élément important de l’interdépendance croissante entre les États-Nations, qui contribue à caractériser la mondialisation (Jean-Paul II Ecclesia in Europa -2003). Des hommes et des femmes traversent les frontières pour rechercher une vie meilleure, d’autres sont contraints de quitter leur pays pour survivre aux famines, aux guerres ou effets du climat, d’autres encore fuient et se réfugient pour échapper à la mort. Devant ces réalités humaines, en tant qu’Hommes, nous sommes appelés à être des bâtisseurs pour construire de nouvelles relations, des nouveaux ponts. Quittons notre position de spectateur, pour devenir responsable, en rencontrant l’Autre, le Migrant, dans le respect de son altérité, en cherchant à établir, avec lui, des liens de fraternité et en le reconnaissant comme acteur dans la vie quotidienne. Chrétien, le Père nous demande de voir tout homme Migrant ou Réfugié comme un frère ; de plus, si nous partageons avec lui la même table eucharistique, cet homme est pour nous un frère de Sang dans le Christ. Cette rencontre, avec celui qui nous est étranger, n’est-elle pas pour nous une invitation à construire le Royaume ?
Éditorial du 9 janvier 2011 : Baptême du Seigneur
Dans le sillage de l’incarnation et de l’Epiphanie, l’Eglise nous invite en ce jour à fêter le Baptême de notre Seigneur Jésus Christ où Il se manifeste de nouveau, dans le Jourdain, à tous les hommes et pour eux. Dieu s’y révèle à nouveau comme les hommes, partageant, leur même humanité voire leur même histoire, pleinement solidaire à eux et solidaire de leur même démarche. Le voici donc mêlé aux pécheurs, plongeant dans l’eau comme il est immergé dans cette foule, plongeant dans la faiblesse de tout homme, dans son injustice, sa lâcheté et sa violence, lui qui n’a pourtant jamais péché.
Cependant, le Père l’atteste solennellement que, parmi les pécheurs, le Fils est à la bonne place. Non pas qu’il soit pécheur, mais par ce qu’il doit nous révéler l’amour sauveur du Père. Par cet acte d’humilité, de kénose volontaire, le Christ est venu nous ré-ouvrir les portes du ciel, en nous donnant la possibilité d’entrer dans l’amour trinitaire partagé par le Père, le Fils et le Saint Esprit. Par Lui, nous sommes établis dans la dignité des enfants de Dieu bien aimés. Avec Lui, nous descendons dans les eaux mortelles de la vie humaine pour remonter en recevant le don de la vie éternelle. En Lui, nous sommes rénovés voire recréés, en récupérant la Grâce divine première, perdue par Adam lors de la Création. Le Baptême du Christ dépasse le sens matériel et traditionnel du baptême juif, il englobe une dimension cosmique et salvifique.
C’est ce qui a mené Saint Ephrem à dire : Béni soit Celui qui est descendu et qui, baptisé dans le Jourdain a détourné de l’Erreur les nations… le Baptême est le puits de Vie, que par sa vie le Fils de Dieu ouvrit…béni soit qui de tous a Merci .
Frères et sœurs, c’est l'occasion pour nous de nous rappeler de notre propre baptême. Béni soit Dieu notre Père qui fait de nous ses enfants d'adoption en Jésus son Fils unique! A chacun et chacune il redit aujourd'hui : Tu es mon enfant bien-aimé. En toi j'ai mis tout mon amour . Que ce Dieu de tendresse soit toujours avec nous. Amen. Père Charbel Massaad
Éditorial du 2 janvier 2011 : Epiphanie
La fête de l’Epiphanie nous remémore la venue de ces mages venus d’Orient qui ont suivi une étoile. Mais, elle marque également le dévoilement, la manifestation (΄Επίφάνεια) de Dieu à tous les hommes. Le salut n’a plus de frontières humaines et devient universel : Universel, parce que proposé à tous. Notre « credo » reprend le terme qui affirme notre foi en l’universalité du Salut : je crois en l’Église catholique. Nous autres catholiques mettons donc en avant ce sens du Salut offert à tous les hommes par Dieu qui fait grâce. La visite des mages d’une part, le refus d’Hérode d’autre part manifestent la gratuité de la proposition de Dieu à l’homme mais également que chacun doit prendre position, face à Dieu, dans une réponse concrète.
Le Christ se révèle lumière pour tous ; il nous manifeste une espérance nouvelle ! Que cette année nous sachions construire une fraternité réelle et concrète autour de nous.
Le Christ nous manifeste un salut réel, plus fort qu’une promesse : une présence ! Que cette année chacun de nous soit comblé de la présence de Dieu qui nous sauve des ténèbres et de nos peurs, et que nous progressions en Sainteté et en Amour devant sa face.
Le Christ transforme le regard des mages qui repartent par un autre chemin ! Que cette année nous soyons remplis de courage pour changer ce qui doit l’être dans nos attitudes, nos relations, nos paroles afin de ne pas être dans ce monde vivant selon l’esprit du monde mais vivant avec l’Esprit Saint qui nous a été donné.
Le Christ veut combler les hommes dans toutes leurs attentes ! Que cette années, nous soyons des annonciateurs de la Bonne Nouvelle, des porteurs d’espérance au monde, des témoins de l’Amour de Dieu en acte afin que l’Evangile se répande autour de nous.
Le Christ veut appeler tous les hommes à connaître le Père de miséricorde : que cette année tous les hommes connaissent un temps de grâce et que les efforts vers la paix ne restent pas lettre morte.
Je vous souhaite d’être comblés dans vos vies et que la sainteté de Dieu irradie notre monde et nous comble de sa présence. Bonne et sainte année 2011.
Éditorial du 25 décembre 2010 : Noël
Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur! Répondant à la joie des anges, comme les bergers en la nuit de Noël, nous irons en ces fêtes de la Nativité nous recueillir à la crèche, pour accueillir dans nos vies, à l’exemple de la sainte Famille, ce don que Dieu fait à l’humanité en son Fils. Dans la nuit de Noël, l’enfant Jésus a pris sa place dans nos crèches familiales. Mais, au-delà de cette présence matérielle, il y a une réalité bien plus importante : le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous .
Sachons accueillir cette grâce qui nous est donnée, cette grâce de la rencontre du Christ dans chacune de nos vies. Comme les bergers, stupéfaits à l’apparition de l’Ange, écoutons attentivement la Parole de Dieu faite chair qui nous est adressée, croyons à cette Bonne Nouvelle qui transforme en profondeur nos vies. Comme Jean Baptiste nous l’a montré, suivons la Lumière pour trouver l’Enfant emmailloté dans la crèche, pour trouver le Christ dans notre crèche intérieure, dans notre cœur. Avec les chrétiens du monde entier, unis à la troupe céleste innombrable, chantons la gloire de Dieu, réjouissons-nous, laissons la joie déborder de nos cœurs. Personne ne peut être tenu à l’écart de cette joie, frères et sœurs, surtout en ce jour où nous célébrons la naissance de notre Sauveur. La joie de Noël n’est pas n’importe quelle joie. C’est une joie communicative, c’est une joie qui se donne. Petits et grands, nous sommes invités à en témoigner, à être des signes, comme des milliers de lumières pour notre monde.
C’est à nous d’agir et de porter la Bonne Nouvelle. Au lendemain de la fête de Noël, nous sommes invités à nous mettre à l’école de la sainte Famille. A son exemple, chacune de nos familles est un lieu d’éducation pour vivre l’amour et la confiance en Dieu. La Parole de Dieu nous donne à tous, jeunes et plus âgés, parents et enfants, des attitudes bien concrètes, pour répondre, en fin de compte à cet appel à la joie et au bonheur auxquels le Seigneur nous invite. Sachons en être humblement témoins, afin que notre monde accueille cette présence de Dieu au milieu de lui : oui il est vraiment l’Emmanuel, Dieu avec nous.
Éditorial du 19 décembre 2010 : 4e dimanche de l'Avent
Entre les guirlandes, les décorations de nos rues et les sapins de Noël, nous rêvons d’un temps idyllique tant pour Noël aujourd’hui, qu’à l’époque du prophète Isaïe ou à celle de Joseph, fiancé de Marie. Eh pourtant, nous savons bien qu’il n’en est rien ! Au temps d’Isaïe, une coalition est à deux doigts de dévaster Jérusalem et le royaume de Juda ; les fiançailles de Joseph pourraient bien être rompues dans la douleur ; aujourd’hui, les temps sont difficiles pour beaucoup tant en France que dans de très nombreux pays. Alors, la fameuse Espérance du temps de Noël ne serait-elle qu’un rideau de fumée ? Il nous est plus facile, aujourd’hui, de comprendre le bien-fondé de l’Espérance qu’au cours des temps bibliques. Isaïe annonçait une délivrance incroyable… et cette délivrance a eu lieu. Joseph entendait un message incroyable, mais il a cru et le Verbe de Dieu a pu naître chez nous. Quant à nous aujourd’hui, il ne nous est pas dit que tout va se régler d’un coup de baguette magique. Non, le cours du temps est ce qu’il est ; souvent, nous peinons en le vivant et en le parcourant : beaucoup ne le savent que trop. En revanche, comme pour Isaïe ou saint Joseph, un horizon nous est donné ainsi qu’une lumière pour la marche quotidienne. Pour ce qui est de l’Espérance, il nous faut nous garder de fausses solutions, souvent perverses et haineuses. Les phrases assassines que l’on applaudit dans les meetings, les propos politicoreligieux qui attisent la haine et fleurissent au cours de certains banquets… et tant d’autres choses semblables… sont autant d’injures à l’Humanité et de gifles à l’Espérance du temps de Noël. Aujourd’hui, nous entendons Saint Paul nous dire qu’il s’agit de la Bonne Nouvelle qui concerne le Fils de Dieu. Si, conçu de l’Esprit Saint, il est né en notre chair, c’est pour que toutes les nations soient amenées à « l’obéissance de la foi ». C’est là notre Espérance !
Éditorial du 12 décembre 2010 : 3e dimanche de l'Avent
Depuis Abraham, Dieu se fait connaître à son peuple. Il se révèle, siècle après siècle, à son intelligence et à son coeur à tel point que tous les enfants de la Promesse sont dans l’attente. L’attente d’un roi, d’un messie, de l’envoyé de celui qui les aime et les corrige tout particulièrement depuis la nuit des temps, comme un père. C’est ainsi que Jean le Baptiste depuis sa prison adresse cette question à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons nous en attendre un autre ? » Celui qui doit venir est Dieu lui-même comme l’annonce le prophète Isaïe « Il vient lui-même et vient vous sauver. » Les captifs seront libérés, les sourds entendront, les muets parleront, les aveugles verront, les boiteux bondiront, comme des cerfs. Comment, une telle attente ne serait-elle pas source de joie ? Captif des spots publicitaires à la télé, assommé, ivre de ritournelles, aveuglé par les guirlandes et les étalages, encombré par les cadeaux, quelle est ton attente ? Au fond de ton coeur une charge t’étreint, une peine à épancher t’encombre, des ténèbres rendent tes jours noirs, une addiction t’emprisonne ? Attends-tu un rayon de lumière, une aube de paix ? L’attente d’une libération t’apporterait-elle la joie ? Aujourd’hui, en ce troisième dimanche de l’Avent, le nouveau peuple de Dieu, l’Église, jubile en cette attente de la naissance de Jésus - Dieu sauve. Cette jubilation, cette attente dans la joie est une invitation pour tout homme et plus particulièrement pour le plus malheureux d’entre eux. Dieu se fait pauvre pour nous enrichir de sa générosité. Pour faire sourdre cette joie de l’attente en nous, soyons ces pauvres de coeur, ces pauvres en attente, prêts à accueillir Celui qui vient nous libérer…
Éditorial du 28 novembre 2010 : 1er dimanche de l'Avent
Toute la vie de foi de l’Eglise et de chaque baptisé est une proclamation du mystère de Dieu qui vient manifester sa gloire aux hommes. Et chaque expérience existentielle de leur quotidien porte une tension, un désir ardent de Dieu. Si l’antienne d’ouverture de ce premier dimanche de L’Avent nous décrit l’attitude quotidienne du psalmiste: Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme. Mon Dieu, je compte sur toi (Ps 24,1), la grâce de ce Temps nous invite d’une part, à vivre dans le désir constant de la venue et de l’accueil du Seigneur au coeur de nos réalités humaines ouvertes à l’espérance : Viens pour notre attente ne tarde plus .
D’autre part, elle nous unit à la foule innombrable des fidèles de tous les temps qui marchent à la rencontre du Seigneur en lui criant : Amen, Viens, Seigneur Jésus ! (Ap. 22,20). L’Avent, ainsi donc perçu, avant d’être un temps – quatre semaines à peine qui inaugurent chacune des trois années liturgiques A, B, C - est d’abord un cri d’amour et de confiance : Viens, Seigneur Jésus ! , une aventure de foi où l’homme est un acteur vigilant, honnête et juste dans sa vie de disciple du Christ qu’il a revêtu (1er dimanche) ; un gratuitement sauvé qui se laisse transformer dans la fidélité de Dieu et la conversion sincère (2è dimanche) ; celui qui sait entendre la promesse du Seigneur : Dieu lui-même vient et va vous sauver , et reconnaitre dans les signes messianiques, la présence et l’action (3è dimanche) de l’Emmanuel, Dieu-fait-homme dans la lignée de David afin de combler l’attente universelle de salut de l’humanité (4è dimanche) et récapituler toute chose en Dieu lors de sa venue en gloire. Puissions-nous chaque jour nous engager sur le chemin du salut en Christ en renouvelant notre vie et notre coeur à la lumière de la Parole et des sacrements pour célébrer avec joie et paix le mystère de sa présence et de sa vie.
Éditorial du 21 novembre 2010 : Christ Roi de l'Univers
L’Evangile nous invite à contempler notre Seigneur et Roi, le Christ, donnant sa vie sur la croix. C’est ainsi qu’il trône, sans artifices, sans protocole, sans cour. Notre roi ne veut pas être connu comme celui qui fait peser son pouvoir mais comme celui qui manifeste sa gloire dans l’abandon de la croix, dans le don sans réserve de son amour.
Fêter le Christ, roi de l’Univers, c’est regarder l’Avenir avec confiance, enraciné dans un présent qui ne déroute plus. A la manière du «bon larron», il convient de nous tourner vers celui qui est venu nous prendre avec lui pour nous emmener au Père. Le Christ est notre roi, il est le même hier aujourd’hui et demain dans les siècles. C’est ainsi que l’Église ne se comprend jamais perdante ni face à ses échecs humains, ni face au désenchantement du monde, ni face aux violences du monde. Comme le Christ, elle pleure avec ceux qui pleurent mais en lui seul elle place sa confiance. Le disciple n’est pas plus grand que le maître mais il doit l’imiter et prendre sa suite : comme le Christ en croix manifeste son amour aux hommes, nous devons à notre tour renoncer à la violence et à la haine, aux injures et aux peurs, pour choisir la voie du don et de la miséricorde pour nous mêmes et pour les autres.
Christ notre Roi, donnes-nous d’être au coeur du monde des messagers d’Espérance et de paix. Espérance et paix fondées non pas sur le vouloir des hommes mais sur la confiance en toi qui revient pour transformer l’Univers.
Roi de Gloire, toi qui t’es fait si proche de nous, donnes-nous la force de nous faire si proche de nos frères à ton image !
Roi d’humilité, toi qui as renoncé à toute violence et à toute haine, convertis nos coeurs afin qu’ils ressemblent au tien et que nous soyons aptes à aimer ceux qui ne nous aiment pas !
Roi de l’Univers, toi dont le royaume s’ébauche déjà dans nos vies, fais parvenir à leur aboutissement les efforts des hommes pour vivre dans la concorde !
Christ, notre Roi, viens établir ta demeure en nous afin que nous manifestions au monde ta présence.
Éditorial du 14 novembre 2010
L’évangile de ce dimanche nous parle des menaces, des épreuves et des malheurs. Jésus ne nous raconte rien de nouveau de ce sujet et ce n’est d’ailleurs pas son désir. Les disciples auxquels la parole est adressée, avaient déjà entendu parler des menaces de cette nature. En effet, avant le Christ, il y a eu le déluge, l’esclavage en Égypte, l’exil à Babylone et des persécutions contre les croyants, des guerres et des famines. A tous les époques de l’histoire, l’humanité a connu les guerres, les révolutions les tremblements de terre, les épidémies de toutes sortes et encore les mêmes calamités continuent à sévir dans différentes régions de la planète.
Ces évènements ne sont pas le point essentiel du message de Jésus. Le sujet de sa prophétie n’est pas les malheurs ; c’est notre parole et notre agir qui sont mis en question. C’est le chrétien qui est le sujet et qui doit être le signe dans tous ce chaos. Devant les épreuves, un engagement lui est demandé, ainsi qu’une parole qui traduise sa foi en le Christ. Le but de cet évangile n’est pas de nous plonger dans la peur. Au contraire, il nous rassure que dans chacune de nos épreuves, une consolation divine nous est annoncée.
La première: ne vous effrayez pas . Jésus nous exhorte à ne rien craindre puisque c’est à lui la dernière parole, c’est à lui le point final . Et devant ces épreuves et ces malheurs, il nous invite à persévérer car c’est par notre persévérance que nous obtiendrons la vie . Une deuxième consolation jaillit dans la détresse : vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse … . Nous n’avons rien à inventer, car c’est un langage divin et une sagesse divine qui vont nous être donnés : un langage grâce auquel nous annonçons la bonne nouvelle, la parole de Dieu, malgré les épreuves ; et une sagesse pour dénoncer toute injustice. Ce langage et cette sagesse nous permettent de rendre témoignage . Notre mission est d’être des chrétiens actifs, en témoignant et en proclamant la Vérité, au lieu de vivre dans l’oisiveté, affairés sans rien faire comme dit Saint Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens.
Le Chrétien n’est pas un spectateur dans le monde, il ne peut qu’être actif, attentif, engagé, et animé par l’Esprit reçu lors de son baptême. Il est comme une lumière qui brille dans les ténèbres. Les épreuves, chacun les vit. Toute l’humanité les expérimente, dans ses différents peuples, races, et cultures. Chacun a ses malheurs. Mais qu’est ce qui fait la particularité du chrétien ? Qu’est ce qu’il fait de lui un être original ? C’est qu’il a expérimenté la puissance de la Résurrection. Même s’il a subi, ou s’il subi, ou s’il subira la mort, il demeure enfant de la Résurrection. C’est pour cela que même s’il est « immergé » dans les menaces, c’est à travers la Résurrection qu’il est « émergé » dans le salut et la paix.
Éditorial du 7 novembre 2010
Aujourd’hui, qui croit à la vie après la mort physique ? Qui croit à la résurrection, tant celle du Christ Jésus que la nôtre à venir ? Faites un sondage : il risque d’être instructif … !
A l’époque du Christ, les juifs étaient divisés sur la question : les pharisiens croyaient à la résurrection mais pas les sadducéens. Aussi, comme il est normal entre rabbins, scribes et docteurs de la Loi qui se posent entre eux des questions d’école très pointues, une redoutable parabole est adressée à Jésus. Il s’agit d’une femme qui aurait eu successivement sept maris : après la résurrection, de qui serait-elle l’épouse ?
La réponse de Jésus nous éclaire aujourd’hui tout en restant difficile : … Ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection sont semblables aux anges de Dieu, ils sont fils de Dieu… Anges de Dieu, fils de Dieu… c’est donc qu’ils sont entrés dans une manière de vivre proprement divine. Tout comme Dieu nous aime d’un amour absolu, ils aiment de manière universelle tous les êtres qui les entourent. Mais ce qui les a fait entrer dans cet amour infini, ce qui en a été le tremplin, c’est l’amour vrai, quotidien, fidèle, tissé pendant les années terrestres. Ainsi l’amour d’un conjoint, l’affection pour ses enfants, le service d’autrui simple, généreux, donné, auront été la porte ouverte à cet amour universel et éternel. Mais cette porte n’est pas fermée ; cet acte initial qui a duré le temps de la vie terrestre n’a aucune raison d’être gommé ou oublié. Au contraire, il est intégré à la vie éternelle, tout en devenant beaucoup plus large.
A la suite du Christ, notre foi en la résurrection ne nous détourne pas de la vie actuelle en la négligeant comme si elle n’avait pas d’importance. Au contraire, elle l’intègre à la vie éternelle. Il n’y a pas deux vies, il n’y en a qu’une avec, certes, la transition de la mort biologique. Cette dernière nous éprouve et nous bouleverse dans la peine de la séparation, mais elle n’éteint pas notre espérance. Voici qu’elle permet la révélation du sens même de notre existence.
Éditorial du 31 Octobre 2010
Je vis une grande multitude que nul ne pouvait compter, de toute nation de toute tribu, de toute langue . Mais quelle est cette foule immense de rachetés que la liturgie de la Toussaint met devant nos yeux, si ce n’est tous ceux que le Christ a rachetés dans son amour et qui ont accueilli cet amour dans leur vie ; si ce n’est tous ceux qui sont invités aux noces de l’Agneau , comme nous le rappelle l’auteur de l’Apocalypse. Il y a effectivement dans cette fête de la Toussaint, comme un dévoilement de ce à quoi chacun d’entre nous est appelé.
Car nous sommes, messe après messe, heureux d’être invités par Dieu au festin des noces de l’Agneau. Nous ne sommes pas exclus d’un tel rachat, ni même incapable de le mettre en œuvre. Bien au contraire, nous appuyant sur la grâce que Dieu ne cesse de nous donner, nous sommes appelés à répondre à cet appel universel à la sainteté.
Les saints se sont bien sûr tous ceux que nous célébrons, jour après jour durant l’année liturgique, et que l’Église nous donne en exemple en les élevant sur les autels. Mais ce sont aussi tous ceux qui ne connurent jamais ces honneurs ici-bas, mais participent aujourd’hui à la joie du Ciel. Tous ceux qui nous ont précédé, saints officiels ou non, furent, comme nous, bien souvent, d’humbles humains tâtonnant au long des jours en cherchant à suivre la lumière et à en vivre. Leur sainteté fut acquise comme celle qui nous est promise, au fil de chaque journée. Maintes fois aussi, elle fit l’objet d’une conversion, non pas toujours radicale, mais progressive.
A nous aujourd’hui d’entrer dans la danse… Dieu nous y invite. Soyons dans la joie et l’allégresse, car notre récompense sera grande dans les cieux , nos noms y sont inscrits. Acceptons alors d’envisager la sainteté dans l’humilité de ces gestes simples de chaque jour. Le monde a besoin de nos petits actes de sainteté, de nos petites tentatives, à chaque moment pour témoigner de la vie de l’Esprit dans nos cœurs et dans le monde. Alors soyons des saints, et des saints joyeux, car un saint triste est un triste saint !
Éditorial du 24 Octobre 2010
La prière était au coeur des textes de la liturgie de dimanche dernier, « Il faut toujours prier sans se décourager ». Elle l’est à nouveau en ce 30ème dimanche de cette fin du temps ordinaire. Certainement pour nous signaler son importance en ces temps que nous vivons, dans l’attente du retour en gloire du Christ. Peut-être, aussi, pour nous dire en ce temps des semailles que la prière est un perpétuel renouvellement intérieur et un lieu de vie qui nous féconde du dedans.
Ce dimanche fait place à la prière du pauvre un pauvre a crié : Dieu l’écoute et le sauve chante le psalmiste. Ben Sirac le Sage met en avant la prière du pauvre. Que nous faut-il entendre par « pauvre » ? Prendre ce mot dans son acception courante et réductrice appelant la condescendance, certainement pas ! Le pauvre n’est-il pas celui qui est dans l’attente d’un bien, d’un service, d’une humanité, au sens évangélique celui qui est dans l’attente de l’Autre, de son Créateur. Ce qualificatif de pauvre convient à chacun d’entre nous et plus particulièrement à toi qui le découvres.
Dans l’évangile que tu écouteras et méditeras attentivement, la prière du publicain porte le désir de s’accorder à la vie en Dieu, elle raisonne dans le coeur de Dieu. Les récits d’un pèlerin russe relatent la vie d’un pèlerin anonyme voulant vivre les paroles de l’Apôtre : il faut prier sans cesse ; cet homme découvre et met au coeur de sa vie et de son pèlerinage sur la terre cette prière : Jésus-Christ, ayez pitié de moi, pécheur .
Cette oraison l’accompagne et le façonne ; par elle, le pèlerin entre dans une alliance avec son Seigneur. Elle lui procure la paix et lui donne assurance dans les vicissitudes de son cheminement. Le tandem foi – humilité invite, chacun de nous, à revisiter notre attitude dans la prière. Suis-je un pauvre qui crie vers le Seigneur ? Ma prière recherche-t-elle une alliance, un lien d’amour ?
Éditorial du 17 Octobre 2010
Bien aimés dans le Seigneur, Par la dévotion mariale d'octobre, mois du Rosaire, nous nous acheminons progressivement vers la fin de la présente année liturgique. L'Église pour sa part, donne à ses enfants que nous sommes, l'occasion de nous mettre sous la protection de Marie, notre Mère du ciel, afin qu'elle intercède pour nous auprès de son divin Fils, Jésus le Christ notre Seigneur. Avec Marie, l'heure est à la prière en Église ou en famille. Nous y sommes invités à adorer Dieu, à Lui rendre grâce pour tous ses bienfaits et à Lui demander tout ce dont nous avons besoin pour être chrétiennement heureux dans nos familles, au sein de l'Église et dans la société.
Bien évidemment, tout ceci nécessite un minimum de persévérance dans la prière, et de foi en un Dieu qui sauve. En effet, comment persévérer dans la prière si, en raison des tribulations et des déceptions de la vie quotidienne, nous arrivions à perdre la foi en Dieu? La prière se conçoit pourtant comme une réponse à Dieu. Elle repose sur la conviction que si Dieu a parlé et se manifeste encore, il écoute aussi ce qu'on lui dit. La prière suppose ainsi la foi en la possibilité d'un rapport du croyant ou d'une communauté de foi avec le Dieu qui écoute et agit. Dans l'Encyclique « Dominum et vivificantem », le Pape Jean-Paul II en 1986, définissait la prière comme « '' la révélation de cet abîme qu'est le coeur de l'homme, une profondeur qui vient de Dieu et que Dieu seul peut combler, précisément par l'Esprit Saint '' ». C'est certainement ce qu'aura compris bien avant nous, Moïse aux mains levées et soutenues par Aaron et Hour pendant des heures, dans le but d'implorer la protection divine face au péril d'une âpre bataille contre les Amalécites. Dieu exauça la prière de Moïse en accordant à son peuple la victoire. Quelle merveille!
Frères et soeurs, en ce mois d'octobre, orientons davantage nos coeurs vers le Seigneur afin qu'il y envoie son Esprit. Grâce à cet Esprit, nous pourrons alors, non seulement savoir prier et avoir le goût de la prière, mais surtout garder en nous une foi agissante et visible par des oeuvres qui chantent la gloire du Dieu Amour. N'est-ce pas là, justement, le grand défi que nous lance le Christ dans l'évangile de ce dimanche ?
Éditorial du 10 Octobre 2010
Notre médiation de ce dimanche est orientée sur la reconnaissance que nous devons à Dieu qui se révèle à travers ses œuvres de salut envers l’homme. Sur toute l’étendue de la terre, atteste le psalmiste, la victoire de notre Dieu s’est manifestée, sa gloire et sa justice révélées à tous les peuples, au nom de son amour toujours fidèle. Les récits de Naaman, le Syrien et des dix lépreux purifiés de leur lèpre par la puissance du Seigneur nous invitent à être attentifs aux actions de Dieu dans notre vie, dans le monde, à les reconnaitre comme telles et à manifester notre reconnaissance sans honte. C’est entrer en relation de vie avec Dieu dont on vient de faire l’expérience de sa tendresse et de sa bonté. Au vu de ce qui leur est arrivé, Naaman le Syrien et le Samaritain, l’un des dix lépreux n’ont pas hésité à reconnaître ouvertement l’action puissante de Dieu. Le Samaritain guéri vient se jeter aux pieds de Jésus tandis que le général Naaman, reconnaissant et professant qu’il n’y a de véritable Dieu sur toute la terre que Celui d’Israël, s’est engagé par serment devant le prophète Elisée, serviteur de Dieu, à ne plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël.
L’un et l’autre, auparavant avaient fait confiance à la Parole transformatrice de Dieu à eux adressée : « Va ! Lave-toi sept fois dans le Jourdain : ta chair deviendra saine et tu seras purifié » (2 R 5,10) pour Naaman et « Allez vous montrer aux prêtres » (Lc 17,14) pour le Samaritain. C’est à cette démarche de confiance en la Parole que nous invite Saint Paul qui s’est vu confier la charge et le ministère d’annonce de l’évangile de la gloire éternelle et de salut de tous par le Christ.
Pour chacun de nous aujourd’hui encore, ce Dieu assure la victoire sur les forces du mal avec lesquelles nous sommes aux prises. Nous n’en ressentirons les effets que si nous communions dans notre propre vie à la passion rédemptrice du Christ. Dans ce Christ, Dieu, notre Père, attend de chacun de nous l’action de grâce qui lui revient. Avec Lui, acclamons le Dieu des Victoires, sonnons, chantons, jouons et vibrons de tout notre être.
Éditorial du 3 Octobre 2010
Dieu, notre Père, béni sois-tu pour le don de la vie familiale. Nous te prions pour que nos familles soient dans le monde le signe visible de ton amour éternel. Donne aux époux la grâce de construire jour après jour un amour vrai, patient et humble. Qu’ils soient pour leurs enfants une image fidèle de ton Alliance, prompts à encourager, à partager et à pardonner. Fais grandir dans le coeur des enfants et des jeunes la confiance en leurs parents et le désir de conformer leur vie à ta volonté. Qu’ils déploient l’énergie de leur jeunesse à découvrir la vocation de bonheur et de liberté que tu as pour eux. Seigneur Jésus, regarde avec bonté les familles éprouvées par les soucis matériels, la maladie et la mort. Tu nous donnes la vie dans ton Eucharistie : viens demeurer en nous et y faire croître ta paix, ta joie. Esprit Saint, donne-nous la force de persévérer dans la foi, de vivre chaque jour de ta miséricorde, de surmonter les épreuves. Donne-nous d’être des soutiens fraternels pour ceux qui ne connaissent pas la chaleur familiale. Ouvre nos coeurs à la volonté du Père, viens éclairer nos décisions et unifier nos vies pour que nous oeuvrions à l’avènement du Royaume des cieux. Trinité sainte, fais lever dans nos familles les époux, les parents, les prêtres et les religieux de demain. Amen
Éditorial du 25 septembre 2010
Dimanche après dimanche, en chacune de nos eucharisties, nous nous rassemblons pour écouter la Parole de Dieu et recevoir le pain de Vie. Comment nous préparons-nous à cet événement central de notre semaine ? Bien souvent, nous risquons de vivre la Messe, juste comme une pause dans le train-train de nos activités. Si nous prenons conscience que la Messe est réellement la source et le sommet de notre journée, alors cela vaudrait sans doute la peine de prendre un peu de temps pour la préparer… et ce ne sera pas une perte de temps !
Il y a une quinzaine de jours, nous célébrions la mémoire de saint Jean Chrysostome, bien connu pour la profondeur de son enseignement et de ses homélies. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager un petit extrait d’une de ses exhortations à sa communauté de Constantinople au IVème siècle, sur la manière de se préparer à recevoir la parole de Dieu du dimanche. Quelle actualité dans ce passage !
Ecoutez donc, gens du monde : procurez-vous ces livres qui contiennent les remèdes de l’âme. Au moins le Nouveau Testament. Pénétrez-vous-en… Vous êtes dans la mêlée, exposés sans cesse à de nouvelles blessures. C’est pourquoi vous avez un besoin continuel de trouver votre force dans l’Ecriture. J’ai une faveur à vous demander : que le samedi ou le dimanche vous preniez chacun en main le passage des Evangiles qui doit être lu pendant la messe ; et que vous vous installiez chez vous pour le lire et le relire, que vous exploriez ce qui est dit, que vous notiez ce qui est clair et ce qui est obscur. Tout étant ainsi bien pesé et repesé, venez à la messe. Vous retirerez, et nous aussi, grand profit d’une telle étude.
Beaucoup m’allègueront leurs affaires, tout leur travail : fallacieux prétexte ! La preuve : c’est qu’ils bavardent avec leurs amis, fréquentent les théâtres, assistent aux courses, mais quand il s’agit de s’occuper de religion, vous estimez que cela ne mérite pas le moindre intérêt ».
Au théâtre et aux courses nous pourrions aujourd’hui ajouter sans doute bien des choses comme le cinéma, l’internet, que sais-je encore. A nous d’actualiser cette charitable exhortation ! Alors pourquoi n’essaierions-nous pas de suivre chacun, petits et grands, seul ou en famille, ce conseil de saint Jean Chrysostome, au moment où notre archevêque nous invite à réfléchir à la famille et à la jeunesse et où il donne entre autre comme piste de réflexion nos assemblées dominicales. Nous pourrons ainsi ensemble avancer sur le chemin de l’amour de Dieu, en acte et en vérité.
Éditorial du 19 septembre 2010
Notre évêque vient d’écrire à votre famille : c’est une longue lettre pour vos parents, mais peut-être ne l’ont-ils pas tous lue car il faut la prendre à la paroisse. Notre évêque, c’est Mgr André Vingt-Trois ; il est Cardinal, c'est-à-dire un des conseillers du pape. Mais surtout, ici à Paris au milieu de nous, il est le successeur des apôtres, envoyé par Jésus pour nous conduire vers Dieu comme un berger conduit ses brebis. Que nous dit-il ?
Il nous parle de nos familles pour nous dire qu’elles sont précieuses et que Dieu les a voulu pleines de vie et d’amour. C’est dans votre famille que vous avez reçu la vie, que vous avez commencé à aimer et que votre amour grandit. C’est là que vous pouvez parler avec le plus de confiance avec vos parents et vos frères et sœurs, sans oublier vos grands-parents et beaucoup d’autres personnes que vous aimez.
Il vous dit que vous êtes pour vos parents, un rayon de soleil ; votre présence et ce qu’ils peuvent vivre avec vous les réconfortent, les renouvellent dans le goût de vivre, leur ouvre des projets nouveaux . Si vous avez la chance de vivre dans une famille unie et paisible, sachez que c’est un don formidable. Efforcez-vous de contribuer vous aussi à l’unité et à la paix de votre famille. L’unité entre frères et sœurs est un vrai trésor… Avec eux, vous apprenez à partager, vous renoncez à être le centre du monde et vous découvrez qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir.
Notre évêque sait bien aussi qu’il y a des difficultés dans des familles. Si c’est le cas dans votre famille, sachez que vous êtes pour vos parents un gage d’espérance. Vous avez des trésors d’astuce et d’invention. A l’école, au collège vous découvrez mille choses nouvelles. Chez les Louveteaux et les Scouts, au Centre de Loisirs, dans les clubs et aux sports vous apprenez à vivre avec les autres et à prendre des responsabilités : vous développez votre corps, votre cœur et votre intelligence. Le catéchisme et l’aumônerie, la messe du dimanche et l’éveil religieux dans votre famille vous disent le sens et la beauté de tout cela. Le Seigneur vous aime de manière extraordinaire : vivez cet amour.
En entrant dans cette église que nous avons reçue des générations de chrétiens qui nous ont précédé, on est frappé par la lumière tamisée des vitraux, par le calme des lieux et le contraste avec les rues tumultueuses qui environnent notre sanctuaire. C’est notre maison de prière qui à chaque génération doit être entretenue et embellie.
Depuis quarante ans, le chœur de saint-Médard n’est pas installé avec la qualité requise par ce lieu. L’autel a changé plusieurs fois et est un meuble posé au milieu alors qu’il a été construit pour être contre un mur, l’ambon ne correspond pas à la place essentielle de la parole de Dieu qui a été mise en avant dans notre liturgie, la place des ministres n’est pas vraiment non plus parfaitement adaptée. Après des mois de réflexion et de discussion avec les services de la Ville de Paris et de l’état (notre église est classée monument historique), nous avons obtenu l’accord afin de transformer le chœur de notre église ainsi que les portes d’accès sur la rue Mouffetard (pour des questions de sécurité et de visibilité de l’église). Nous devrons également transformer les systèmes d’éclairage.
Ce projet permettra de mieux mettre en valeur les éléments structurels de notre liturgie eucharistique avec les deux tables de la parole de Dieu et de l’Eucharistie. L’ambon et l’autel seront fixes et construits en Pierre pour manifester la stabilité de l’enseignement que nous recevons et la force de la grâce que nous recevons. Nous vous présenterons ce projet à l’automne mais je voulais d’ores et déjà vous faire part de tout cela. Nous conclurons une étape dans la vie de notre église qui a été inaugurée par la déconstruction de l’ancien Maître-Autel qui était à l’endroit du siège du célébrant et qui avec son retable cachait toute perspective. Cette première étape date du milieu des années 60, soit environ quarante cinq ans. Au cours de ces années plusieurs projets ont été imaginés, aucun n’a vu le jour et nous restons dans une installation provisoire. Certains éléments sont encore à l’étude mais nous espérons pouvoir réaliser ce projet au cours du premier semestre 2011. Je compte sur votre soutien pour porter ce projet qui permettra de rendre gloire à Dieu. Il manifestera le dynamisme de notre communauté paroissiale tout en conservant la beauté de notre église. Nous organiserons au cours de l’automne une réunion d’information pour tous ceux qui désirent en savoir plus sur ce sujet .
Éditorial du fin août 2010
En ce début d’année et avec la rentrée,nous devons faire des appels d’urgences pour permettre de répondre aux besoins de notre paroisse afin qu’elle assure les missions que vous lui reconnaissez. Nous recherchons donc, selon vos disponibilités et vos compétences :
Pour toutes ces demandes, je vous demande de réfléchir généreusement au temps que vous pourriez consacrer à la paroisse. Pour répondre à ces appels, vous pouvez vous faire connaître aux prêtres ou au secrétariat .
Bonne reprise à tous !
P. Emmanuel BOUDET
Éditorial du 27 juin 2010
Nous sommes plus que familiers de cet appel du Christ à être disciple. Car il traverse chaque évangile d’un bout à l’autre et l’expérience de foi des communautés chrétiennes quels que soient l’époque, le lieu et les caractéristiques spécifiques ou les situations du moment. Il est intrinsèque au mystère global de la vie du Christ que nous aimons méditer. Chaque étape de sa vie est toujours une occasion pour ses disciples et ceux auxquels il s’adresse de se décider à le suivre ou non. Il est adressé soit en paroles soit en actes symboliques comme c’est le cas dans l’évangile de ce 13ème dimanche du temps ordinaire. Devant le refus d’un village de Samaritains de l’accueillir, Jésus prend la direction d’un autre, récusant par la même occasion la ‘solution’ radicale de Jacques et Jean, fils de tonnerre : la destruction par un feu du ciel. Il n’est pas venu pour détruire mais conduire à la perfection par l’appel à la conversion et l’accueil du Règne de Dieu. Du feu, il en est question dans la vie de Jésus comme il le dit luimême: « C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé » (Lc 12, 49). Mais il s’agit du feu de la tendresse et de la miséricorde de Dieu pour tout homme, le feu de la volonté de Dieu qui le conduit sur la route de Jérusalem où elle doit s’accomplir entièrement. C’est aussi le feu de l’Esprit de Dieu et de liberté dans le Christ qui conduit les disciples. A eux de savoir le suivre. A nous de savoir le suivre dans le renoncement à nous-mêmes, la joie du coeur et la confiance. C’est la réponse radicale devant le rejet de Dieu dans le monde de notre temps et l’enthousiasme de notre désir d’être disciple du Christ. Cet appel à travers les gestes symboliques est plus net encore dans la première lecture : Elie, mandaté à consacrer Elisée, comme prophète pour le succéder, passa près de lui et jeta son manteau. Elisée, ayant bien perçu la portée du geste, « se leva, partit à la suite d’Elie et se mit à son service ». Nous serons appelés de différentes manières durant ces vacances à suivre le Christ, à être témoins et artisans de son amour. Soyons attentifs aux manteaux qui nous seront lancés, aux suggestions à nous mettre au service des autres, à la voix qui ne cesse de nous dire « Suis-moi ! Toi, va annoncer le Règne de Dieu. »
Éditorial du 20 juin 2010
«Porter sa croix» une expression parmi d’autres tirée de l’Evangile et passée dans le langage de tous les jours. Elle dit le poids d’un lot de difficultés et de souffrances subit au quotidien. Jésus dans son invitation à le suivre nous dit plus précisément que pour marcher à sa suite, il faut renoncer à nous-mêmes et prendre sa croix chaque jour. Quelle est-elle donc cette CROIX ? Estelle objet de souffrance ? Est-elle signe de RÉSURRECTION ? Elle est, avant tout, celle du Christ lui-même, source d’amour, arbre de vie d’où coula de l’eau et du sang. C’est cette croix du don total que nous avons célébrée en la solennité du Sacré Coeur, il y a huit jours. Il est sûr que, pour aimer, il faut commencer par renoncer à soi -ce n’est pas facile, voire difficile, en quelque sorte c’est une croix- renoncer à soi-même dans l’objectif de suivre Jésus, sur le chemin ardu de dire à notre manière et dans l’imitation du Jésus que Dieu est amour. Dans la perspective et le but ultime que cette croix est un lien de CHARITÉ entre les hommes, un lieu de VIE au-delà de cette mort que traînent trop de nos contemporains.
L’invitation de Jésus en ce dimanche nous appelle à vivre dans la confiance cette parole d’encouragement "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger." (Matt 11,28-30) Il est certain que seul ou même à plusieurs nous n’y arriverons pas car « si le Seigneur ne bâtit la maison les bâtisseurs travaillent en vain ». Ps 126 mais avec et par celui qui nous aime nous sommes prêts à prendre avec joie ce chemin de vie. Alors, levons-nous ! Portons une CROIX GLORIEUSE celle qui témoigne d’un Dieu d’amour et qui ouvre pour les hommes un espace de RÉSURRECTION.
Éditorial du 13 juin 2010
En cette fin d’année scolaire, nous sommes dans la phase des bilans et des perspectives. Pour notre paroisse notre fête patronale est un bon moment pour poser la question des bilans pour cette année, en repensant à ce que nous essayons de vivre entre nous. Cette année a été marquée par plusieurs temps forts (à côté des temps liturgiques et des activités habituelles) : la journée de rentrée à Senlis qui a réuni des paroissiens de toutes générations, la matinée d’assemblée paroissiale en décembre, les 24 heures pour Dieu en mars. Ces temps nous ont permis de découvrir des richesses de dynamisme dans notre communauté paroissiale. Ils ont également mis en lumière le besoin d’une part de vivre des rencontres fraternelles et conviviales et d’autre part d’aller de manière renouvelée vers tous les habitants de notre quartier qui se sont éloignés de la vie ecclésiale et bien souvent de la foi. Parmi les joies de cette année, nous pouvons également remarquer la mise en forme de l’Association « Acel (association d’activités culturelles et de loisirs) Saint Médard » qui est dorénavant en charge de l’animation de la Maison des Jeunes de Saint Médard rue du Gril. C’est dans cette maison qu’en lien avec la paroisse sont organisées les activités du pôle adolescence (aumônerie des collèges et des lycéens), ainsi que le centre aéré le mercredi. A l’heure des bilans, il me faut remercier les membres du conseil pastoral paroissial qui, durant trois ans, ont assisté de leurs conseils avisés votre curé pour déterminer les orientations essentielles à prendre pour notre vie paroissiale. Leur mandat s’achève et un nouveau conseil sera constitué pour la rentrée prochaine. Comprenant environ vingt laïcs aux côtés de l’équipe pastorale de la paroisse, ce conseil a beaucoup travaillé à la définition d’orientations que nous avons essayé de mettre en œuvre dans les domaines de la liturgie, de la vie fraternelle et conviviale, de la solidarité, de la formation et de la communication. Heureusement, il reste toujours beaucoup à faire et c’est au nouveau conseil (qui comprendra moins de la moitié d’anciens membres) qu’il conviendra de poursuivre la tâche. Cette fin d’année me permet également de remercier tous ceux et toutes celles qui donnent du temps afin que notre communauté soit vivante, que notre église soit accueillante, que la Parole de Dieu soit proposée à tous ceux qui le souhaitent, que les pauvres soient accompagnés, queles sacrements soit préparés… En ce mois de juin, il est temps de penser aux vacances et à un temps de vie plus ralentie pour la paroisse puisque beaucoup d’entre vous vont quitter Paris pour plusieurs semaines. Votre église restera bien évidemment ouverte mais sera également sur un rythme allégé. Pourtant, je souhaite ardemment vous inviter, dès à présent, à réfléchir à la manière dont chacun d’entre vous va répondre en donnant un peu de son temps pour l’annonce de l’évangile et pour ceux qui le peuvent pour l’animation de la vie paroissiale. En vous souhaitant une bonne fête patronale, je prie afin que chacun d’entre vous soit comblé des richesses de la grâce divine et que notre dispersion de l’été nous ramène tous reposés et en bonne santé à la fin de l’été.
Éditorial du 6 juin 2010 Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ
Ce jour-là, les Apôtres voyant la foule ne savent pas comment la nourrir. Ils proposent à Jésus de la renvoyer pour qu’elle se débrouille elle-même. Jésus réagit immédiatement en disant : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Suit alors la multiplication des pains qui préfigure en quelque sorte l’Eucharistie, la communion que quelque soixante enfants vont recevoir aujourd’hui. Il n’est pas question de renvoyer la foule, il n’est pas question de renvoyer ces enfants. A dix ou onze ans, les priver de nourriture spirituelle serait dramatique. Qui le ferait pour la nourriture intellectuelle de l’école ou pour l’alimentation quotidienne et l’affection familiale ? Il en va de même pour la croissance de leur vie de foi, pour leur relation au Seigneur. La catéchèse en CE.2, CM.1, CM.2, puis l’aumônerie des collèges répondent à cette nécessité. Aujourd’hui est jour de joie dans beaucoup de familles, ici et ailleurs : c’est une joie que vous avez préparée en transmettant la vie à vos enfants, en leur donnant le meilleur de vous-mêmes pour les faire grandir, en les aimant jour après jour, avec tous les hauts et les bas de la vie. A travers vous et avec vous, c’est le Seigneur lui-même qui agit et qui est source de cette joie. Il vous la donne et la veut belle, pure, durable, riche de beaucoup de fruits. La fête d’aujourd’hui est celle du Corps et du Sang du Christ, fête de l’Eucharistie. Non seulement elle nous rappelle, mais elle réalise pour nous le don permanent que Jésus nous fait de lui-même. Il s’est donné à nous un jour du temps, Il se donne à nous à tout moment et ce don se fête et se réalise lors de chaque messe et de chaque communion. Vos enfants ont faim : que leur joie, mais aussi la nôtre, soit de recevoir le Seigneur chaque fois qu’Il se donne.
Éditorial du 30 Mai 2010 Trinité
Qu’est-ce que cela veut dire ‘l’Espérance’ quand l’âge avance et qu’en même temps la santé se fragilise ? Il n’y a pas de baguette magique pour retrouver ses 20 ans ! Les années vont continuer à s’additionner de manière inéluctable, tandis que la fragilité et les différentes formes de lenteur risquent de devenir le quotidien des jours.
Oui, bien sûr, il y a et il y aura tout cela ! Mais qui a dit que joie, amour, espérance étaient synonymes de jeunesse, santé, rapidité ? J’ai le bonheur de rencontrer certains de nos grands aînés qui allient dans leur vie ce qui pourrait paraître contradictoire : joie et arthrose, sagesse et lenteur, espérance et difficultés diverses, amour vaste et relations devenues peu nombreuses. Pourtant personne n’aime les douleurs et les difficultés, ou encore la disparition des proches et des amis.
Y a-t-il un secret à cela ? Je ne sais, mais je vois des coeurs s’ouvrir et devenir de plus en plus disponibles. Quand la dépendance commence à s’installer, certaines vies deviennent ‘action de grâce’. Il y a un ‘merci’ qui habite le quotidien des jours, car le service rendu par autrui devient acte de délicatesse, comme un cadeau perpétuel qui révèle une belle humanité. Que de membres des familles, mais aussi d’aides-soignantes et de personnes de service sont à remercier.
L’Espérance n’est-elle pas un don de Dieu que l’ouverture du coeur des uns et l’attention délicate des autres permet de recevoir et de vivre. Elle permet à l’amour, qui est vie de Dieu, de circuler en nos vies et d’accueillir en nous et entre nous les arrhes de la vie de Dieu- Trinité. Sans doute les personnes qui reçoivent aujourd’hui le ‘Sacrement de l’Onction des Malades’ vivent-elles quelque chose de cela et, plus encore, en demandent-elles le don.
Éditorial du 23 Mai 2010 Pentecôte
Bien aimé dans le Seigneur, Cette belle prière inspirée d'un des nombreux cantiques par lesquels nous nous disposons généralement à accueillir l'Esprit-Saint dans nos coeurs, trouve toute sa place en ce jour où nous célébrons la Pentecôte. Jour d'anniversaire de la naissance de l'Eglise, puisqu'en réalité, c'est un cinquantième jour après Pâques que l'Esprit-Saint descendit sur les apôtres et, par l'effet de ses sept dons, aida ces derniers à annoncer l'Evangile du Christ à travers le monde. Ainsi naquit l'Eglise, c'està-dire, le nouveau Peuple de Dieu en marche vers la Jérusalem céleste. Alors, à toi comme à moi et à toute l'Eglise, Bon Anniversaire ! En outre, nous ne saurions oublier, en cette fête, que la Pentecôte de notre baptême a fait de nous des chrétiens. L'occasion nous est ainsi donnée de rendre grâce à Dieu pour toutes les merveilles accomplies en faveur de l'humanité, par la force de l'Esprit-Saint que l'Eglise reconnaît comme troisième Personne de la très Sainte Trinité. Aussi, le prions-nous de venir renouveler la face de notre terre, vieillie et enlaidie certainement par l'usure du temps. En réalité, un tel renouveau laissé à nous-mêmes relèverait de la gageure. Que d'énergies déployées par des organismes scientifiques, soit pour protéger notre environnement, soit pour scruter l'espace, à la recherche d'éventuels paradis perdus à travers le désertique cosmos. Et pour quel résultat à la fin ? Saint Jean avait pourtant révélé dans son Apocalypse l'existence, quelque part, d'un ciel nouveau et d'une terre nouvelle. Nos astrophysiciens seraient-ils motivés dans leur quête spatiale par les révélations de l'illustre Exilé de Patmos ? Ne nous leurrons pas. Renouveler la face de la terre sans un renouvellement préalable du fond de chacun de nos coeurs, n'est-ce pas mettre la charrue avant les boeufs? Les mêmes vieux coeurs qui ont enlaidi notre monde actuel par nos moeurs, nos folles ambitions et nos conflits inutiles, ne vont-ils pas être les mêmes qui en enlaidiraient le nouveau, sitôt après le passage de l'Esprit de Vérité ? Avant de nous mettre en quête de nouveaux mondes plus viables et plus romantiques, qu'avons-nous fait et que faisons-nous, au quotidien, du monde dans lequel le Père céleste nous a donné de vivre ? Par la force de l'Esprit-Saint, notre monde peut devenir un jour un Paradis. Mais ce renouvellement de notre monde nécessitera qu'en chacun de nous, batte un grand coeur new look. A vin nouveau, outres neuves, disait le Christ (Mc 2,2). A un monde new look, des coeurs chrétiens new look dans l'Esprit !
Éditorial du 16 Mai 2010 7e dimanche de Pâques
« Viens Seigneur Jésus ! » Par les derniers mots de son livre, l’auteur de l’Apocalypse exprime son désir profond, plein de confiance et d’espérance, du retour du Christ. Tel devrait être notre propre désir, notre propre soif de voir Dieu. Alors que nous venons de célébrer l’Ascension du Seigneur, et que nous attendons la venue de l’Esprit Saint en la fête de la Pentecôte, la liturgie nous invite à faire nôtre cette prière. Le jour de l’Ascension, le Christ, élevé de terre au ciel, tire à lui tous les hommes. Comme il nous l’avait promis, il ne nous laisse pas orphelins. Il envoie sur ses apôtres l’Esprit Saint, Esprit de vie par lequel il constitue l’Église. C’est le même Esprit qui jadis reposait sur Jésus et est maintenant l’âme de l’Église. Cet Esprit fait de chacun de nous les dépositaires et les continuateurs de la mission du Christ. Nous avons, chacun dans nos vocations propres, à annoncer la Bonne Nouvelle. Et la grande promesse qui donne toute sa force, qui donne toute son efficacité, à notre témoignage, c’est l’Esprit de Pentecôte. La puissance de cet Esprit Saint nous aide à témoigner de la venue du Règne de Dieu, du retour dans sa gloire du Christ : cet avènement est imminent, même si « il ne nous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa seule autorité ». Dans l’attente de la venue glorieuse du Seigneur, monté auprès du Père, l’Église n’est pas seule. Le « Viens Seigneur Jésus » de la finale de l’Apocalypse souligne non seulement cette attente de son retour dans la gloire mais encore sa présence aujourd’hui. « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » promet le Christ ressuscité à ses apôtres. Le Ressuscité continue à agir auprès de chacun d’entre nous par l’action de l’Esprit Saint. C’est cet esprit qui nous établit dans la communion du Père et du Fils. C’est en demeurant sous l’action de l’Esprit que nous pouvons vivre vraiment unis au Christ. En cette neuvaine préparatoire à la Pentecôte, demandons au Père l’Esprit qu’il nous a promis et préparons nos coeurs à le recevoir pour vivre de son fruit qui est « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi douceur, maîtrise de soi ». Alors nous serons vraiment disciples du Christ. Oui, le Christ est avec nous. Marana Tha ! Viens Seigneur Jésus.
Éditorial du 9 Mai 2010 6e dimanche de Pâques
Nous avons nos mots et symboles pour dire et signifier la présence et l’action de Dieu dans nos vies et dans l’histoire. Mais nous savons aussi que ce qu’il est en réalité est toujours au-delà de nos expressions, même les plus inspirées et savamment formulées. Voilà qui doit nous inciter à plus de confiance en Lui, à toujours le rechercher au travers de nos langages adaptés ou lacunaires. C’est ce qui s’impose à tout moment : rechercher sans cesse ce Dieu plus grand pour demeurer en Lui. Cela comporte des recommencements et demande humilité et persévérance. On ne peut que tendre vers lui sans jamais l’atteindre par soimême moins encore prétendre l’épuiser. Il vient à nous et nous attire à Lui dans le don de son Fils et de son Esprit Défenseur qui demeure pour toujours auprès du disciple pour lui faire souvenir des Paroles de Jésus.
C’est pourquoi nous pouvons le connaître c’est-à-dire avoir une relation personnelle et nourrie avec Lui. Aussi, dans les circonstances troubles et les désarrois des hommes et de l’Eglise appelés à resplendir de sa gloire, Il demeure le Dieu plus Grand, et Jésus, son Envoyé, la source de lumière des croyants et de son Eglise. Ce qu’il dit aux hommes vient du Père.
L’amour dont il aime chacun des hommes et qu’il recommande est aussi de Lui. Le Père l’a envoyé comme chemin vers Lui pour tout homme. En celui qui aime le Fils et reste fidèle à la Parole qui vient du Père, ce Dieu plus Grand fait de lui sa demeure et le comble de sa paix. Dans l’attente de l’Esprit défenseur qui nous est promis et déjà illuminés par le visage du Père en Jésus ressuscité, efforçons-nous de faire connaître le chemin sur la terre en rayonnant de la grâce de son salut dans tous les secteurs de notre existence.
Éditorial du 2 Mai 2010 5e dimanche de Pâques
Comme j’ai mauvais esprit, j’ai envie de dire : « Ben voyons, Seigneur, c’est tout simple ! ». Et défile devant mes yeux le cortège des guerres, génocides et autres atrocités dont notre humanité a le secret depuis des millénaires et tout spécialement depuis cent ans. Sans oublier la violence qui est en moi et l’acidité de ma langue que je sais faire pointue. La plupart d’entre nous le matin, chacun devant sa glace, peut faire la même constatation. Ne serait-ce pas un peu décourageant ? Il y en a ‘Un’ qui ne s’est pas découragé, y compris condamné, y compris sur la croix. Ressuscité le troisième jour, il a continué à nous aimer du même amour. Il nous a demandé d’en être les témoins et les acteurs à notre tour. Et ce n’était pas une parole en l’air : regardons simplement autour de nous :
N’en déplaise aux esprits chagrins ou critiques, c’est Jésus, le Seigneur, qui a raison. Aussi nous a-t-il dit un peu plus loin : «Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres.» Jn 13, 35 Saint Jean ne dira-t-il pas dans l’Apocalypse : «J’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle.» Ap 21, 1 Car l’amour a déjà le dernier mot.
Éditorial du 25 Avril 2010 Dimanche du Bon Pasteur
Dans un monde hyper médiatisé et sonorisé, où les écouteurs braillent dans les oreilles, où Internet propage à la vitesse de l’électron l’information ou la désinformation, où la télévision ou la radio nous saoulent de paroles et de musique, où le silence devient insupportable pour certains de nos contemporains, comment écouter ? Ecouter c’est entrer dans une relation réciproque, d’attention à l’autre et de réception attentive de l’auditeur. Ecouter c’est découvrir l’autre dans une confiance constructive. Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus s’adresse aux juifs pour les inviter -et pour nous inviter aujourd’hui- à cette relation intime et personnelle qui passe par cette écoute de la Parole et la connaissance du Bon Pasteur qui nous fera prendre conscience d’être connu et aimé du Christ et de son Père. Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton coeur le refrain de ce chant t’invite au pèlerinage sur le chemin de la Vie éternelle. Te prenant par la main, le Christ t’emmènera dans la main du Père, à laquelle personne ne pourra t’arracher, pour vivre en lui la plénitude pascale. En ce dimanche, la providence m’invite à rédiger cet éditorial. Je ne peux pas résister au bonheur de rendre grâce au Seigneur pour les prêtres, bons pasteurs, qui écoutent la Parole et ont reçu l’appel pour vivre du Christ au coeur de l’Église et nous mener par le Christ vers le Père. Lors de la messe chrismale, l’assemblée a dit d’un seul coeur cette prière Seigneur, donne à tes prêtres la grâce de correspondre toujours mieux au Bon Pasteur que tu es, celui qui se fait le serviteur de ses frères et donne sa vie pour ses brebis. Nous te prions de continuer à susciter de nouvelles vocations. Que ton Esprit soutienne ceux qui perçoivent ton appel et hésitent à te répondre. Aide-nous aussi à encourager tous ceux que, dans nos familles et notre entourage, tu appelles à servir ton Corps. Béni soit Dieu, pour les prêtres qu’Il nous donne et ceux que nous recevrons de sa main.
Éditorial du 18 Avril 2010
Il y a plus de quinze ans, mais je m’en souviens comme si c’était hier, je confessais des enfants. Un garçon de huit ou neuf ans s’arrête brusquement au milieu de ce qu’il confiait, et me dit avec un visage rayonnant : « Tu sais, j’aime Jésus ! » Pour lui, c’était l’essentiel : non pas une amitié à quatre sous, mais un amour qui prend toute la personne. Au bord du lac, Pierre reçoit la question de Jésus : Pierre m’aimes-tu (d’amour) , et lui de répondre humblement : Oui, Seigneur, je t’aime (d’amitié), tu le sais . En français, nous utilisons le même verbe, le grec emploie deux mots différents. On pourrait traduire Je t’aime bien… . Par trois fois Jésus lui pose la question, mais la troisième fois, Jésus lui demande s’il l’aime d’amitié… et Pierre en est peiné. Nous aimons le Seigneur, mais notre amour n’est pas au niveau du sien, aussi convient-il de dire les choses humblement. Il est extraordinaire que nous soyons aimés par Dieu : nous y sommes tellement habitués que nous n’y faisons plus attention. En retour, notre amour est assez tiède, malgré toutes les auréoles que nous avons sur la tête. Que faire alors ? La suite de l’entretien de Jésus avec Pierre ouvre sur le futur, sur le terme du chemin où Pierre rendra un témoignage total au Seigneur : celui du martyre, et le dernier mot de Jésus est alors : Suis-moi. . Aujourd’hui, nous aimons, mais bien souvent avec tiédeur. Jésus nous appelle à le suivre jusqu’au bout avec fidélité. C’est en accomplissant ce chemin qu’il nous fera entrer dans cet amour véritable.
Éditorial du 11 Avril 2010 In albis
Bien aimés dans le Christ mort et ressuscité, SHALOM! Dans la tradition hébraïque, le terme SHALOM signifie littéralement, PAIX ! C'est curieusement la même PAIX que le Christ, mort et ressuscité, offre au préalable à ses disciples au soir de sa Résurrection et à l'Octave pascale, lors de ses premières manifestations au milieu d'eux. En ce dimanche de l'octave de Pâques, dimanche que l'Église place sous le signe de la DIVINE MISERICORDE, que la PAIX du Seigneur soit toujours avec vous, à tous ceux qui vous sont chers et pourquoi pas aussi, à tous ceux qui, pour une raison ou une autre, vous sont moins chers!
L'évangile en saint Jean proposé ce dimanche exprime à suffisance le caractère miséricordieux de Dieu. Bien que trahi et abandonné par les siens, Jésus est pourtant le premier à aller à leur rencontre. Il y va, non en zombi ou en vampire pour aller régler des comptes à ses compagnons. Il y va plutôt pour leur apporter la PAIX ; une paix authentique qui signifie que le Ressuscité a pardonné à ses disciples. Et en leur pardonnant — même au dubitatif Thomas qui refuse de croire par ouï-dire —, le Christ entend faire d'eux des ministres de la miséricorde divine. Aussi leur enjoint-il la mission suivante: Recevez l'Esprit saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. Par cette déclaration officielle, le Christ Ressuscité institue, dans son Église et pour le bien de celle-ci, le sacrement de réconciliation. Œuvre de paix et expression concrète de la miséricorde divine, le sacrement de réconciliation demeure ce précieux sacrement qui efface aux chrétiens tous leurs péchés commis après le baptême.
Et, par voie de conséquence, il constitue pour chacun de nous, également, une délicate mission : celle d'être, à notre tour, des témoins de la miséricorde divine.
Quelle merveille fit pour nous le Seigneur en instituant dans son Église, un tel sacrement et surtout, en faisant de ses apôtres et de leurs successeurs (Évêques et prêtres), les ministres de ce précieux sacrement ! A ce propos, un libre penseur, non-chrétien, fit un jour cette réflexion : Les chrétiens ont la chance de croire en un Dieu miséricordieux. Ce non-chrétien avait-il tort ou raison de faire une telle réflexion ? Qu'aurait-il vu dans d'autres croyances ? Des divinités inexorables à l'opposé du Dieu des chrétiens ? Il s'agit certainement là d'une légère mise en garde pour ces frères et sœurs chrétiens désireux d'aller voir ailleurs.
Dans un monde comme le nôtre qui, aujourd'hui perd progressivement la notion du péché et où la paix est mise en danger parce que le verbe pardonner et le mot réconciliation semblent rimer avec folie et lâcheté, puisse le Seigneur donner à chacun de nous la grâce, non seulement de faire bon usage du sacrement de réconciliation, mais aussi d'accepter la folie d'être désormais et, mieux que par le passé, Messager de la Paix et de la DIVINE MISERICORDE. SHALOM !
Éditorial du 4 Avril 2010 Pâques
La première expérience des disciples en ce matin de Pâques, c’est un tombeau vide et, dans le même temps, apparaissent les interrogations ! Il est temps de se laisser apprivoiser par la nouvelle qui va s’amplifier en Bonne Nouvelle : le Christ est ressuscité, le Christ est ressuscité , le Christ est ressuscité ! Il est passé par la mort mais il est toujours vivant ! Il a été vaincu par la croix mais il est vainqueur des ténèbres ! Il est descendu aux enfers mais pour appeler tous les morts à la vie que Dieu offre comme un don d’amour. A l’entrée du tombeau, Marie Madeleine est en pleurs car on lui a enlevé le corps de celui qui lui avait rendu sa dignité et sa liberté. Elle ne reconnaît pas dans l’homme qui vient à sa rencontre son sauveur… Elle a besoin que Jésus se laisse reconnaître par elle. La réalité est encore voilée aux yeux de celle qui était venue de si bonne heure afin de rendre un dernier hommage à celui qu’elle voyait comme un sauveur, comme un maître. Mais il lui faut aller encore plus loin et devenir messagère pour le monde de cette Nouvelle inouïe: j’ai rencontré le Seigneur ! Elle porte à présent la Bonne Nouvelle, l’Evangile de Salut, l’annonce du Signe de grâce pour les hommes : la mort est vaincue. Au soir de Pâques, deux disciples marchent chargés de fatigue sur la route d’Emmaüs : ils ont bien entendu annoncer la nouvelle du tombeau vide mais Jésus ils ne l’ont pas vu… Il faut dire qu’ils l’ont vu condamné et mis à mort : comment croire ces femmes qui sont revenues du tombeau de si bonne heure. Pourtant, ils auraient aimé croire mais ils restent à distance comme ils sont restés à distance de la passion et, maintenant, ils s’éloignent des autres disciples. Là encore, c’est seulement dans la rencontre réelle et intime avec Jésus qu’ils vont être retournés, convertis. Jésus se donne à voir et, dans le même temps, disparaît à leurs yeux. Il est présent, visible aux seuls yeux des fidèles qui croient en lui mais absent aux yeux de chair : seule la foi permet de le reconnaître. Après deux millénaires d’histoire de l’Église, il y a toujours des disciples sceptiques, des femmes perdues dans leurs peurs, des amis enfermés dans la tristesse… C’est pourtant encore une fois Jésus lui-même qui vient à notre rencontre, victorieux et plein de sa puissance d’amour. C’est en nous laissant approcher par la patience de Dieu, toucher par ses appels, convertir par sa Parole qu’aujourd’hui encore nous pouvons repartir tous transformés. Les disciples d’Emmaüs peuvent maintenant courir, Marie Madeleine exulter, les apôtres se réjouir et nous autres vivre un amour renouvelé : nous le savons, avec lui nous pouvons affronter toutes les tempêtes et combattre toutes les peurs. Oui la mort est vaincue ! Oui Dieu nous relève et restaure notre dignité! Oui l’abattement cède la place à la joie, le doute cède sa place à la confiance. Entrons avec confiance dans la joie de Pâques !
Éditorial du 28 MARS 2010 Dimanche des Rameaux
Avec la fête des Rameaux, nous entrons dans la Semaine Sainte ; c’est l’occasion pour nous de suivre le Christ dans les mystères de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection. Nous voici au coeur de notre Foi, comme nous le proclamons tous les dimanches : « Je crois en Jésus Christ qui a souffert sa Passion, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ». Comme nous le rappelait notre archevêque dans son message pour Pâques, nous sommes là au « sommet de la vie chrétienne et à la source d’une espérance et d’une force nouvelle pour les hommes et les femmes de toute la terre ». La lecture de la Passion doit nous accompagner tout au long de notre semaine. Saint Luc, dont nous entendons le récit de la Passion ce dimanche, souligne, d’une façon toute particulière, l’attitude de paix et de prière, l’attitude de pardon de Jésus au moment où Il vit ses dernières heures sur terre. N’est-ce pas là, ce que les uns et les autres, nous avons à vivre commémorant les dernières heures terrestres du Christ ? Paix du Christ au moment de la Cène, où Jésus déclare qu’il a « ardemment désiré manger cette Pâque » avec ses disciples ; prière de Jésus au mont des Oliviers où il invite ses disciples, chacun d’entre nous, à « veiller et à prier pour ne pas entrer en tentation » ; pardon du Seigneur à l’égard du Bon Larron et de ses bourreaux : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Ce chemin vers Pâques, vers une vie nouvelle, saint Paul nous le décrit dans cette belle hymne aux Philippiens qui accompagnera cette semaine notre prière : « Jésus de condition divine… se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur… Il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la Croix. C’est pourquoi Dieu L’a élevé au-dessus de tout : Il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms afin qu’au nom de Jésus… toute langue proclame : « ‘Jésus Christ est le Seigneur’ pour la gloire de Dieu le Père » . Entrons sur ce chemin humble et paisible qui nous conduira jusqu’à la joie de Pâques !
Éditorial du 21 MARS 2010
L’itinéraire de tout baptisé est un chemin de foi au Christ qui conduit à la justice de Dieu. Cette justice, comme elle se manifeste dans l’évangile, ne condamne pas le pécheur. Au contraire elle le libère et lui redonne dignité par la Parole et le pardon de Dieu : « Moi non plus, je ne te condamne pas ». Cette femme qui vient d’échapper à la lapidation à mort selon la Loi, peut revivre. Un nouvel horizon lui est ouvert et la feuille de route recommandée est le renouvellement radical de vie. Il faut changer de coeur, de manière de concevoir la vie afin de voir le monde nouveau qui germe déjà et d’en épouser les principes « Va, et désormais ne pèche plus. »
La suite du Christ ou le choix de Dieu et de sa justice ne sont pas ceux d’un moment, d’une époque mais celle de toute la vie et de l’histoire et elle comporte des renoncements crucifiants. Avantages, honneurs et gloires humaines ne sont rien devant la connaissance de Jésus Christ. Du moins s’il y a un avantage dont le disciple doit être fier, c’est la connaissance du Christ son Seigneur ; l’honneur à rechercher est d’être uni au Christ et de participer pleinement à sa vie tout entière en communiant aux souffrances de sa passion et en éprouvant la puissance de sa résurrection. C’est ce à quoi Dieu nous appelle. Le chemin du disciple commence véritablement lorsqu’il perçoit que l’essentiel est bien là. Saint Paul qui en a fait l’expérience plus que quiconque peut nous en parler de manière singulière « saisi par le Christ, oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but … ».
Sans renier l’histoire comme passé, la vie (Vie) est devant nous. C’est dans l’avenir que la connaissance authentique de Christ sera pleine « comme je suis connu, je connaîtrai ». Tant qu’on est en chemin, il faut toujours aller de l’avant, il faut se mettre en route. Nul ne peut épuiser la connaissance que nous devons avoir du Christ. Il ne se lasse pas non plus de nous dire « je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus ». Connaître le Christ en éprouvant la puissance de sa résurrection, c’est expérimenter déjà dès cette vie présente, la puissance de son pardon et la force de son amour miséricordieux. Et nous communions aux souffrances de sa passion quand nous nous remettons à lui et à son jugement dans nos épreuves, quand la menace de « jet de pierre » se fait perceptible et inévitable, comme il le fit luimême sur la croix, – « Père entre tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23,46).
Éditorial du 7 MARS 2010
Des évènements heureux ou tragiques ponctuent le cours des années, hier comme aujourd’hui : les dixhuit morts dus à l’effondrement de la tour de Siloé, le massacre ordonné par Pilate en Galilée, le tremblement de terre en Haïti ou les inondations sur l’île de Madère, et de manière heureuse, les jeux d’hiver à Vancouver. Ces évènements nous bousculent ou nous réjouissent ; ils nous précipitent dans l’urgence souvent vite remplacée par une autre urgence. Mais en nous percutant, ces évènements peuvent nous amener à réfléchir, parfois à nous orienter différemment : c’est ce que Jésus nous dit aujourd’hui. Les signes des temps sont autres.
Le Concile Vatican II et le pape Jean XXIII en ont largement parlé. Il s’agit de traits profonds qui habitent toute une époque et orientent le comportement de l’Humanité. Le Concile en soulignait principalement trois. En premier lieu la marche du monde vers son unité et la conscience que l’humanité en a. Nous parlons aujourd’hui de ‘mondialisation’. Le deuxième est la découverte de la ‘liberté’ et sa pratique aussi bien en politique internationale que dans le comportement individuel. Le troisième signe des temps est l’extraordinaire ‘maîtrise scientifique et technique’ de l’homme sur le monde. Nous pouvons certainement trouver d’autres signes des temps aujourd’hui.
En ce temps de carême, les évènements peuvent nous inciter à réfléchir et à nous convertir : sans devenir pour autant des girouettes, soyons-y attentifs, le Seigneur nous y invite. Quant aux signes des temps, ils nous disent quels sont les lieux et les enjeux de l’évangélisation. C’est un des points majeurs de ce que soulignait le Concile. Il n’est pas sûr que nous y soyons suffisamment ouverts et, peut-être, est-ce pour cela que nous n’arrivons pas à porter l’Evangile aux générations montantes habitées par la mondialisation et pétries de liberté et de technique. N’est-ce pas là que le Ressuscité donne rendez-vous à son Eglise !
Éditorial du 21 février 2010
La Parole de Dieu de ce premier dimanche de carême nous parle de Jésus conduit par l’Esprit au désert où il vit l’expérience de la tentation. C’est l’Esprit qui est avec Jésus et qui l’accompagne quand il prie, quand il jeûne et quand il est tenté. C’est parce qu’il repose sur lui que, dans sa mission messianique, Jésus garde la fidélité au Père et voit l’accomplissement total de sa vie dans la donation totale à celui-ci : « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui Seul tu rendras un culte ». L’Esprit de Dieu est donc partout présent dans la vie de Jésus et le Seigneur est conscient qu’il fait constamment l’expérience de cet Esprit. Qu’est ce que cela peut bien signifier pour nous ?
De fait, nous pourrions nous poser la question de l’authenticité de la tentation de Jésus. Nous nous demandons peut-être, même, si Satan existe réellement ! Mais, à voir de près, ce ne sont là que des questions secondaires par rapport à la force de l’Esprit Saint révélé dans la vie de Jésus. Esprit qui va le préparer à sa mission qui le conduira à donner sa vie pour tous les hommes.
La question existentielle pour chacun de nous est de savoir ce que nous devons retenir de cette expérience et comment nous pouvons expérimenter le même Esprit reçu au baptême ? De fait, notre vie est parsemée de l’expérience de l’Esprit mais, pour saisir cette expérience, il faut se sensibiliser soi-même, devenir plus attentif à l’Esprit qui nous interpelle. Jésus-Christ n’a-t-il pas fait cette expérience avant nous ? Ainsi avons-nous à marcher sur les traces du Seigneur et à faire l’expérience de l’Esprit vivifiant, à lui être fidèles, non seulement aux heures de la tentation comme au désert, non seulement dans nos petits combats quotidiens mais aussi là où notre existence est totalement ébranlée, oui, jusqu’à la mort, comme le Christ.
Tel est bien le sens du carême en lequel nous nous engageons aujourd’hui.
Éditorial du 14 février 2010
De nos jours, dans notre société de consommation, s'estimer heureux dans la pauvreté au sens cru du terme ou encore dans la famine et dans les pleurs, voire dans un contexte de persécution où l'on se fait copieusement insulter par ses adversaires, tout cela n'est-il pas paradoxal ? De même, se dire malheureux en manipulant des espèces sonnantes et trébuchantes et en étant bien repu des délices de ce monde, le tout couronné d'une bonne réputation auprès des siens, n'est-ce pas là un autre paradoxe ? Pourtant, à travers son sermon dans la plaine, selon l'évangéliste saint Luc (6, 17...26), Jésus semble y avoir un ton ferme et solennel. Son message est adressé à une foule de personnes constituée, à la fois, de ses disciples et des badauds en quête de spectacles. Ce 6ème dimanche du temps ordinaire de l'année C, également, le même message est proposé à tout le monde sans discrimination. Cependant, chacun de nous le recevra selon son appartenance à l'une ou l'autre composante de la foule de participants aux différentes messes prévues à cet effet. Suis-je convaincu d'être disciple du Christ? Si non, alors je ne suis qu'un simple badaud de la foule et ne compte que sur moi-même pour parvenir au bonheur. Mais attention ! Je cours le risque de rester à la croisée des chemins du bonheur et du malheur. Dans ce sens, l'avertissement du prophète Jérémie vaut également pour moi : Maudit soit l'homme qui met sa confiance dans un mortel... Il ne verra pas venir le bonheur. Par contre, par mon baptême, par mes paroles et par mes actes, suis-je à présent convaincu d'être disciple du Christ ? Si oui, alors, il me sera loisible de comprendre qu'en mettant ma confiance et toute ma confiance en Jésus Christ, quelles que soient l'intensité et la durée de l'hiver dans ma vie, il y aura toujours à la fin un printemps. C'est justement cette confiance en le Christ Jésus qui permet à son disciple de toujours retrouver le Chemin du vrai Bonheur et de saisir la portée de cet autre enseignement de Jérémie le prophète, à savoir : Béni soit l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur... Il sera comme un arbre planté au bord de l'eau...
Éditorial du 7 février 2010
Voici une parole qui, aussi radicale qu’elle puisse paraître, nous concerne tous. C’est bien chacun d’entre nous, dans nos vocations particulières, qui sommes appelés à écouter cette invitation à nous mettre à la suite du Christ. Dans l’évangile de ce dimanche, le Seigneur nous invite à Le suivre, à avancer au large avec Lui. C’est un acte d’abandon qui nous est demandé, au-delà du raisonnable humain, mais vécu dans la foi. C’est un acte de confiance totale et, même si nous avons pu peiner toute la nuit comme les apôtres qui n’avaient rien pris, nous savons que nous pouvons nous appuyer sur Lui, sûrs du résultat.
N’est-ce pas là l’appel à la sainteté auquel nous sommes toutes et tous invités à répondre. Tant d’hommes et de femmes qui nous ont précédés ont répondu sans compter à cet appel. Ce fut le cas, bien sûr, des apôtres qui laissèrent tout pour suivre le Christ, sur une simple parole du Seigneur, et à leur suite de nombreux saints. Les paroisses de notre arrondissement ne sont pas en reste : saint Vincent de Paul à saint Séverin, bienheureux Fréderic Ozanam à saint Étienne du Mont, l’Abbé Cochin à saint Jacques du Haut Pas.
Bienheureuse Rosalie Rendu que nous célébrons ce dimanche est un exemple qui est donné tout particulièrement à notre paroisse. Fille de la Charité au début du dix-neuvième siècle, elle rayonna dans notre quartier auprès de tous dans son « bureau de Charité » de la rue de l’Épée de Bois. Elle « '' s’est joyeusement faite la servante des plus pauvres, pour redonner à chacun sa dignité, par des aides matérielles, par l’éducation et l’enseignement du mystère chrétien '' » (Jean Paul II, homélie du 9/11/2003 pour la béatification de Rosalie). Sa charité inventive est un témoignage pour chacun de nous. Elle est une invitation à vivre cette confiance totale envers Dieu de qui nous avons tout à attendre. Le Seigneur nous appelle à notre tour à être les artisans de son oeuvre, chacun à notre place. N’ayons pas peur de lui demander ce qu’il attend de chacun de nous, même si cela doit bousculer notre train-train quotidien. Certes, la parole entendue à laquelle je répondrai m’engagera sur un chemin que je n’aurai peut-être pas choisi seul mais, justement, je ne serai plus seul.
N’oublions pas, il ne veut que notre bonheur ; alors, laissons la Parole agir au fond de nos coeurs ; osons témoigner autour de nous de la Joie de la Bonne Nouvelle ; et nous pourrons tout laisser pour le suivre.
Éditorial du 31 janvier 2010
Dans cette parole énigmatique prononcée dans la synagogue de Nazareth Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit , Jésus révélait ainsi son identité de Prophète et de Messie de Dieu consacré par l’onction. Mais ses concitoyens qui l’admiraient pourtant - Tous lui rendaient témoignage - n’ont vu en lui que le fils du charpentier Joseph, celui qui fait des miracles ailleurs et pas dans son propre pays. Quel contraste ! Les enfants du boucher lorgnent l’os alors que l’on dit la charité bien ordonnée commence par soi .
Mais Jésus aurait-il commencé son ministère de Prophète puissant en parole et en actes auprès des gens qui lui sont étrangers comme le concevaient les Nazaréens ? Les pauvres auxquels il est envoyé porter la Bonne Nouvelle se trouveraient-ils uniquement à l’intérieur des frontières d’Israël ? Ne sont-ils pas aussi hors de ces frontières, en territoires païens, comme Capharnaüm et Galilée où sa renommée s’est répandue ? Une chose est certaine et il est temps que les Nazaréens s’en aperçoivent. Le moment est venu pour tout homme de voir le salut de Dieu et pour Jésus ce fils de chez nous d’être aux affaires du Père.
Le renvoi explicite aux ministères d’Élie et d’Élisée qui le préfiguraient dans l’ancienne Alliance, éclaire ce caractère universel de la mission de Jésus. Au temps des prophètes Élie et Élisée, les veuves et les lépreuxcouraient les rues d’Israël. Mais ce sont des étrangers aux promesses d’Israël qui ont été secourus dans leurs malheurs. En pleine crise de sécheresse et de famine, c’est à une veuve de Sarepta qu’Élie a été envoyé annoncer l’année de bienfaits accordée par le Seigneur qui parle ainsi « Cruche de farine ne se videra, jarre d’huile ne désemplira… » (1 R 17, 14). Élisée de son côté en purifiant un lépreux étranger, Naamân le Syrien (cf. 2 R 5,1-19) annonçait ainsi la libération que le Seigneur apporte aux opprimés et aux prisonniers.
En Jésus, un grand prophète s’est levé parmi les hommes et le rejet dont il est objet dans son pays le confirme bien : Aucun prophète n’est bien reçu dans son pays . Qu’en est-il pour chacun de nous qui sommes ses frères et sœurs ? Comment Jésus est-il reçu dans notre quotidien ? N’est-il pas le plus souvent expulsé hors de nos vies et prié d’aller son chemin ?
Nous sommes loin de dire avec le psalmiste Ma bouche annonce tout le jour tes actes de justice et de salut . Et pourtant, il nous le faut si nous voulons adorer Dieu sans partage et progresser dans la vraie foi.
Éditorial du 24 janvier 2010
Les images reviennent, crues, violentes, lancinantes : les villes détruites, la douleur de tous, les morts innombrables, la faim, la soif, les blessés. Et ce ne sont pas que des images, c’est la réalité dont simplement quelques bribes terribles nous parviennent. Une question monte en nous : « Pourquoi ? » Nous avons bien les réponses des sismologues : Le magma du centre de la terre, la dérive des continents et des plaques terrestres, les failles et les fractures. Oui, nous savons tout cela, mais ce n’est pas une réponse à côté de la mort de milliers d’enfants et même d’un seul ! Ou encore de la blessure de tout le peuple de Haïti. En son temps j’ai lu, relu et travaillé « la Peste » de Camus, je viens de relire le long poème de Voltaire écrit en 1756 après le tremblement de terre de Lisbonne et le tsunami qui a suivi, car il nous faut écouter le cri et le refus de ceux qui se situent autrement dans la foi. En même temps il nous faut voir et écouter ceux qui souffrent sur le terrain. Les médias nous montrent des hommes et femmes qui prient et qui sont soutenus par leur foi, la foi au Dieu de Jésus Christ. Jésus, celui que nous osons représenter en croix, celui qui n’a pas fait de longs laïus sur la souffrance mais qui, sans cesse, l’a fait reculer. Lui-même, dans la souffrance, n’a-t-il pas continué à aimer jusqu’à l’extrême ? N’est-ce pas ce qu’il annonçait déjà en commençant son ministère à Nazareth et que nous entendons aujourd’hui. : « L’Esprit du Seigneur est sur moi…. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Lc 418-19» De partout des hommes de bonne volonté, croyants ou non, agissent, donnent de leurs biens, prient, chacun selon ses moyens et ses convictions. Très nombreux nous nous sommes déjà associés à ce mouvement : puissions-nous tous le poursuivre.
Éditorial du 17 janvier 2010
Les guerres, les conflits ethniques, les situations économiques désespérées, les conditions climatiques, en un mot la survie, conduisent des enfants, des femmes et des hommes à quitter leur pays, leur famille, pour chercher refuge là où la vie est possible. D’autres hommes ou femmes doivent fuir pour préserver leur vie. Nous les appelons migrants ou réfugiés. Ils vivent chez nous, en France, sur une terre qui n’est pas la leur, nous avons le devoir de les accueillir, un devoir d’humanité et de chrétien.
Extrait du message du Pape Benoît XVI pour cette 96ème journée mondiale du migrant et du réfugié :
Je m'adresse à présent en particulier aux paroisses et aux nombreuses associations catholiques qui, animées par un esprit de foi et de charité, accomplissent de grands efforts pour répondre aux nécessités de nos frères et soeurs. Tandis que j'exprime ma gratitude pour ce qui est accompli avec une grande générosité, je voudrais inviter tous les chrétiens à prendre conscience du défi social et pastoral que représente la condition des mineurs migrants et réfugiés. '' Dans notre coeur retentissent à nouveau les paroles de Jésus : « J'étais un étranger et vous m'avez accueilli » (Mt 25, 35), ainsi que le commandement central qu'Il nous a laissé: aimer Dieu de tout notre coeur, de toute notre âme et de tout notre esprit, mais uni à l'amour du prochain (cf. Mt 22, 37-39). Cela nous conduit à considérer que chacune de nos interventions concrètes doit se nourrir avant tout de foi dans l'action de la grâce et de la Providence divine. De cette façon, l'accueil et la solidarité envers l'étranger, en particulier s'il s'agit d'enfants, devient également annonce de l'Evangile de la solidarité. L'Eglise le proclame lorsqu'elle ouvre ses bras et oeuvre afin que soient respectés les droits des migrants et des réfugiés, en encourageant les responsables des nations, des organisations et des institutions internationales, afin qu'ils promeuvent des initiatives en leur faveur. » ''
Éditorial du 10 janvier 2010
Avec le temps de Noël, arrive également celui des voeux… Votre curé doit également vous souhaiter une bonne année et une sainte année et je le fais avec joie ! Mais peut être pourrions-nous réfléchir à ce qui pourrait rendre cette année bonne ou sainte. Tout d’abord, je vous souhaite une année de paix : paix dans le monde, paix dans notre pays, paix dans nos familles. Nous le savons la paix ne peut se construire qu’autour d’un désir de partage et dans un profond respect mutuel.
Que le Seigneur nous donne un esprit de paix et de concorde afin qu’à notre échelle nous construisions les conditions nécessaires à son établissement. Ensuite, je vous souhaite une bonne santé du corps bien sûr mais par dessus tout de l’âme : Nous faisons l’expérience de la fragilité de nos êtres soit dans nos propres personnes, soit dans ceux que nous rencontrons. Qu’au cours de cette année, par la grâce de l’Esprit Saint, nous sachions répondre justement aux difficultés qui surviennent autour de nous. Que nous sachions trouver la force d’âme pour ne jamais être désespérés ! Que ceux qui souffrent dans leur chair ou dans leur esprit sachent que quelqu’un de proche prie avec ou pour eux !
Enfin, je vous souhaite une véritable prospérité : cela peut paraître étonnant mais nous avons été créés pour croître et prospérer et bien souvent nous l’avons oublié. Plus exactement, la prospérité dont il s’agit est une aspiration collective pour tous : je vous souhaite que vos projets réussissent à la mesure de votre générosité quotidienne. Loin de l’idée individuelle de la richesse, je préfère faire le voeux d’une année sans oubliés, sans abandonnés, où la misère ne s’étendra pas et durant laquelle la solidarité se fera inventive.
Ces voeux, je les confie au Christ Seigneur ! Lui qui est venu pour sauver tous les hommes de tous les temps qu’il aide les hommes de ce temps et ce pays à lutter contre leurs égoïsmes ! Voeux de curé bien sûr mais j’espère que ma prière sera également la vôtre souvent à contrecourant mais toujours dans le véritable sens de l’histoire voulu par Dieu.
Que le Seigneur vous bénisse tout au long de cette année !
Éditorial du 27 décembre 2009
''Je te reçois comme époux(se) et je me donne à toi pour t’aimer fidèlement tous les jours de notre vie'' . Elles sont pleines de sens et d’espérance ces paroles échangées par les époux le jour de leur engagement dans le mariage chrétien ! La vie n’est-elle pas don ? Notre vie dans le Christ ne prend-t-elle pas naissance dans le don que Dieu nous fait le jour de Noël et par l’amour du Christ donné pour son Église le Vendredi saint ? Cet amour du Christ est la source et le modèle du don réciproque des époux. Il les invite à un échange mutuel de dons spirituels, de soutien moral et de partage de la vie quotidienne (vie professionnelle, éducation des enfants, relations amicales…) afin qu’ils puissent s’épanouir, jour après jour dans l’amour et la responsabilité, dans le respect mutuel et le renoncement à soi. Dans ce creuset d’amour, l’enfant ne sera ni envahissant, ni l’objet affectif, il sera don pour les auteurs mêmes de la vie, participant à l’oeuvre de Dieu Créateur. Les parents ressentiront comme force créatrice la présence de leur enfant, sa participation à leur existence, son apport à leur bien commun et à celui de la communauté familiale. Cette fécondité familiale est une vérité qui demeure évidente dans sa simplicité et dans sa profondeur mais qui est sans cesse à découvrir. La Sainte famille, que nous fêtons en ce dimanche, invite chaque épouse et chaque époux, chaque parent, chaque enfant, chaque famille à expérimenter la grâce que Dieu nous offre dans le don que nous nous faisons les uns aux autres.
Éditorial du 20 décembre 2009
Une jeune femme hâte le pas, elle va rendre visite à sa vieille cousine : les deux sont enceintes et la joie les emplit. Marie rencontre Elisabeth. La Nouvelle Alliance, alerte et joyeuse, vient se présenter à l’Ancienne Alliance qui l’attendait depuis des siècles : le Messie attendu par les prophètes vient leur rendre visite. Jésus rencontre Jean-Baptiste. L’Eglise enceinte de la Parole va au devant de ceux dont la voix dit leur longue attente, sans connaître le Nom de Celui qu’ils attendent.
L’Evangile de la ‘Visitation’ que nous entendons aujourd’hui, n’est pas qu’une gentille anecdote familiale de la rencontre de deux cousines et de deux enfants à naître. Marie enceinte de Jésus et Elisabeth enceinte de Jean-Baptiste sont le Nouveau et l’Ancien Testaments. L’Ancien attendant le Nouveau et trouvant en lui son accomplissement. C’est aussi la figure de l’Eglise portant le Christ jusqu’à la fin du monde aux civilisations de tous les temps et aux peuples les plus divers. Pensons aux cultures de l’Orient beaucoup plus anciennes que la nôtre en France : en Chine, en Inde, Corée, Japon et dans tant de pays aux cultures prodigieuses. En leur sein, des communautés chrétiennes minoritaires portent la Parole du Seigneur… mais elle est encore si peu reçue.
La rencontre de Marie et d’Elisabeth, celle de Jésus et de Jean-Baptiste, celle de la Parole et de la voix qui l’attend, nous font vivre Noël comme l’Espérance fondée du jour où tous les peuples et les cultures du monde auront la joie de découvrir Celui qui est la Parole de Dieu parmi nous, Jésus qui vient naître en notre terre.
Éditorial du 13 décembre 2009
Je suis un peu impressionnée d'être là ce matin mais heureuse de vous partager quelques mots de la place qu'a l'eucharistie dans ma vie d'aujourd'hui. Pour me présenter: J'ai 33 ans, je suis religieuse de la communauté des Xavières et éducatrice spécialisée de formation. Dans la mesure du possible, je participe à l'eucharistie tous les jours. Cela n'était pas une évidence pour moi au début. Bien sûr, j'avais conscience du caractère central de l'eucharistie pour un chrétien mais pour moi le plus important était la messe du dimanche. Je crois que c'est en le vivant dans la durée, je dirai presque en l'éprouvant parfois, qu'elle est devenue un moment important de ma journée. J'y ai approfondi différentes dimensions, l'une ou l'autre prenant plus de signification selon ce que je vis. 3 dimensions :
vivre l'eucharistie c'est recevoir la Parole et le Pain, corps du Christ. Pour moi, c'est venir puiser à la source, comme on va reprendre des forces pour poursuivre le chemin. Cette force, c'est celle du Christ ressuscité, revenu de la mort; c'est une force de vie, pour la vie, pour vivre cette vie. L'eucharistie est devenue mon "pain quotidien", celui que nous demandons à Dieu dans le Notre Père. Surtout les jours où ma vie est plus difficile, que je suis découragée ou que je me sens impuissante. En même temps, le corps de Christ reçu dans mes mains, c'est un simple morceau de pain, une hostie. J'en mesure alors à la fois l'incroyable don de Dieu qui se donne dans si peu de chose et la responsabilité que j'ai alors, que nous avons, de le porter en nous, de faire porter du fruit à ce que nous recevons.
l'eucharistie est finalement le rappel de l'offrande du Christ qui a donné sa vie par amour pour tous les hommes. Souvent, au moment de contempler son corps dans l'hostie élevée, mon regard se tourne vers son corps sur la croix. A sa suite, je me sens alors appelée à l'offrande de ma vie. Ce sont de grands mots. J'aime me le signifier par deux petits moyens : à la consécration, me dire que c'est nous tous, avec le pain et le vin qui sommes consacrés par l'Esprit Saint pour devenir corps et sang du Christ, témoins de sa vie, témoins de l'Évangile aujourd'hui autour de nous. Et au moment de la communion, j'aime prier Dieu en disant : je te reçois et je me donne à toi pour toujours.
ça commence par ceux qui sont présents. Par exemple, j'aime regarder la procession de communion et il m'arrive d'être émue, surtout le dimanche de voir les uns et les autres, si différents, partager un même pain. Venir à la messe c'est rejoindre d'autres qui viennent pour la même chose, dans la même foi sur place mais aussi enprière, mes relations diverses ; c'est enfin ouvrir ma prière à ceux pour qui l'on prie : les saints, les responsables de l'Eglise, ceux qui sont morts… C'est aussi être ré-envoyée en mission par Dieu et par l'Eglise. Comme les disciples, nous avons été dispersés pour témoigner. Nous rassembler autour du Christ c'est revenir vers Celui qui nous envoie puis repartir témoigner de son amour. Etre envoyé vient donner sens à tout ce que nous vivons ! Certains jours avec plus ou moins d'intensité, de qualité de ma présence, mais souvent avec une profonde joie d'y avoir participé.
Éditorial du 6 décembre 2009
C’est modestement, sans esprit d’exemplarité que je ne me dérobe pas à la demande du Père Curé, d’évoquer avec vous un parcours personnel, intime et encore inachevé, avec Dieu Trinitaire. Quand j’en aurai fini, vous pourrez réduire mes propos, et les retourner vers vos propres interrogations, nous sommes là pour les échanger. Je n’ai jamais été écarté de la Communion, mais le Mystère demeure tout en s’intégrant à mes démarches ! Dieu est un Père patient et je marche toujours et encore à sa rencontre à petits pas ! Et ces petits pas, je le réalise peut-être mieux maintenant, manifestent graduellement le désir de Dieu, avec en écho celui de notre adresse : donne nous notre pain quotidien… Petits pas:
Des petits pas, certes…mais il y en a de plus grands, parmi eux:
Conclure est impossible sur un sujet qui vit, en parler n’aurait pas de limites. L’heure de la retraite me permet, de relire calmement les étapes de ma vie dans leur relation à Dieu, il est certain que je ne me serais pas présenté devant vous de la sorte si il ne m’y avait pas accompagné. Autre antienne chantée : … l’Esprit de Dieu m’a consacré…l’Esprit de Dieu m’a envoyé…
Éditorial du 29 novembre 2009
«Restez éveillés et priez en tout temps», telle est la recommandation que Jésus fait à ses disciples dans l’évangile de ce premier dimanche de l’Avent. Cette recommandation, nous pouvons, bien sûr, et devons même la faire nôtre aujourd’hui, et cela pourrait être le voeu que nous pourrions formuler les uns pour les autres à l’occasion de cette nouvelle année liturgique. Oui, « restons éveillés et prions en tout temps ». Les textes de ce temps de l’Avent nous donnent la raison d’être de cette attitude de veille et de prière : la vie chrétienne, toute entière est tournée vers le Christ. Non seulement nous commémorons la venue de Dieu dans notre monde dans le mystère de l’Incarnation, et c’est ce que nous célèbrerons dans la nuit de Noël ; mais nous désirons aussi, du fond du coeur, le retour dans la gloire du Seigneur et attendons les biens qu’Il nous a promis. Il est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ; et Il reviendra dans la gloire comme nous le professons dans le Credo. C’est à chacun d’entre nous qu’il est demandé aujourd’hui de prendre conscience de cette présence de Dieu à chaque instant de notre vie, en vivant sous son regard ; c’est à chacun d’entre nous qu’il est demandé de répondre à son amour en nous mettant à l’écoute de sa Parole et en la mettant en pratique. Cette attitude, à la veille et à la prière, est une invitation constante dans l’évangile selon saint Luc, que nous entendrons tout au long de cette année. Il se fait effectivement l’écho du Seigneur qui nous invite à la louange et à l’action de grâces. Sans cesse nous entendrons des voix qui s’élèvent, des voix qui glorifient Dieu, des voix qui louent Dieu, des voix qui bénissent Dieu, des voix qui célèbrent Dieu. À nous de joindre tout au long de cette nouvelle année liturgique, nos propres voix aux voix des disciples de Jésus pour nous mettre à notre tour à la suite du Seigneur. Que le Christ en prière, auquel saint Luc est particulièrement attentif, nous aide à entrer dans ce mouvement et qu’à son exemple nous puissions dire à Dieu : «Père, que ta volonté soit faite».
Éditorial du 15 novembre 2009
A l'époque où Marc écrivait, les chrétiens, déjà persécutés, avaient bien besoin d'être réconfortés dans leur foi et dans leur espérance. Saint Marc s'y emploie en leur rappelant que, par-delà les souffrances, les drames et les vicissitudes des temps, Jésus- Christ est bien vivant, qu'il est le Seigneur, le Maître de l'histoire et qu'un jour, après la détresse présente, arrivera l'heure de la délivrance définitive. Cette délivrance ne pouvant être que l'oeuvre du Dieu Tout-Puissant. Pour ce faire, l'évangéliste la présente au travers d'événements cosmiques, familier au langage de la Bible pour dire les interventions de Dieu dans le monde. C'est également dans ce sens qu'il convient d'entendre la venue du Fils de l'homme sur les nuées du ciel, la nuée étant une image biblique traditionnelle pour situer les manifestations divines. Mais, si Dieu intervient, c'est pour faire quelque chose; c'est pour rassembler les élus des quatre coins du monde. Ce fut aussi déjà tout le sens de l'histoire sainte, qui n'est qu'une suite de rassemblements, sans cesse brisés par les divisions, les guerres et les dispersions, lesquelles constituent toujours le signe d'un recul dans la marche de l'humanité vers son destin de salut. Saint Jean le dit clairement : Jésus devait mourir, certes, pour la nation, mais plus encore pour réunir dans l'unité tous les enfants de Dieu dispersés. Et la fin des temps devra coïncider avec ce rassemblement enfin pleinement réussi, selon la grande vision dans l'apocalypse :je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes les nations, de toutes tribus, de tous peuples et toutes langues... Où en sommes-nous à cet égard ? D'aucuns diront que rien ne change dans le monde, toujours en proie aux divisions et aux ségrégations des personnes, des races, des classes sociales et des générations, et où les gens ne vivent ensemble tant bien que mal que par nécessité, mais jamais poussés par un sentiment de fraternité universelle. Sans toutefois nous plonger dans ce pessimisme, rappelons-nous que Dieu s'est adressé à un peuple, et c'est en peuple qu'il nous invite à avancer vers lui, dans la fidélité à son commandement. Puissions-nous porter le souci de nous ouvrir les uns sur les autres, en vue de bâtir ensemble ce monde nouveau qui doit aboutir au grand rassemblement des élus des quatre coins du monde. Retenons bien que chaque initiative gratuite pour unir les hommes, chaque geste d'amour, de service et de solidarité constituent autant de pierres dans la construction du royaume de Dieu et qu'il en avance l'achèvement. C'est dans ce comportement réaliste, où le coeur rejoint les bras et où l'Eucharistie trouve son signe, que notre espérance puise sa vitalité.
Éditorial du 8 novembre 2009
Elle est admirable cette veuve de Sarepta, elle qui donne à Elie le peu qu’elle a pour elle et pour son fils ! Admirable cette pauvre veuve qui, au temps de Jésus, prend sur son indigence et en fait don au Temple ! Oui, ces femmes sont admirables, mais les récits que nous lisons dans la liturgie de ce jour pourraient bien nous culpabiliser ou même nous énerver un peu ! Les associations humanitaires nous bombardent de mailing et de demandes urgentes ; l’Eglise, chaque mois, ajoute aux quêtes dominicales une grande intention ; et partout, dans le quartier comme dans tout Paris, la misère s’étale sur les trottoirs … ! Que faire ?
Comme ces veuves, tout donner ! Ce n’est pas raisonnable. Le plus simple est de fermer ses oreilles et ses yeux et d’aller tranquillement son chemin. L’attitude raisonnable est de déterminer une part pour autrui dans son budget et de donner effectivement cette part.
Mais le Seigneur, dans sa parole, nous invite-t-il à être raisonnables ? L’épisode de la veuve de Sarepta introduit l’action d’Elie, lui qui à travers les très grands moments et les découragements, jusqu’au bout sera fidèle à Dieu. Quant à la veuve de l’Evangile elle est là, juste avant que Saint Marc ne nous parle de la fin des temps et de la Passion de Jésus. Ce n’est pas innocent. Il s’agit donc de femmes très démunies, mais qui annoncent que suivre totalement le Seigneur et avec confiance, est ce qui convient.
Ce n’est pas moi qui dirai à chacun ce qu’il devrait donner, tout, peu ou prou ! En revanche, à trois semaines de la fin de l’année liturgique nous sommes très fortement conviés à confronter notre existence quotidienne, son sens, son style, ses actes … à ce que veut dire la ‘Venue définitive’ du Christ. Jésus nous invite à mettre nos pas dans les siens et notre vie au diapason de la sienne.
Éditorial du 1er novembre 2009
À quelques semaines d’intervalle, lors de l’ordination de diacres à Paris et à Verdun, l’assemblée chantait en chœur et avec cœur la litanie des saints, avant l’imposition des mains de l’évêque sur les nouveaux ordonnés et la prière d’ordination.
Quelle richesse pour notre église de rappeler à notre mémoire et dans la prière, le nom de ces témoins de la foi en Jésus Christ mort et ressuscité. Ils sont pour nous une comète lumineuse à travers les siècles venant nous transmettre et nous toucher de la lumière du Ressuscité.
En priant Marie, Mère de Dieu, saint Joseph, son époux, les anges, les Apôtres, les martyres, les docteurs de l’église, les confesseurs, les fondateurs et évangélisateurs, les vierges pour le royaume, les évêques, prêtres et diacres, les saintes et les saints de tous les temps, nous vivons la diversité de leurs misions dans l’édification du Royaume. Ils nous invitent en hommes et en femmes qu’ils ont été avec leur personnalité animée par l’Esprit-Saint, à être à notre tour ces hommes et ces femmes d’aujourd’hui pour l’Église de demain, membre d’un seul corps, celui du Christ.
Cette litanie ne serait qu’une plate énumération ou invocation si nous-mêmes, priants, ne demandions pas au Christ de nous délivrer, par son incarnation, sa mort et sa résurrection, du péché et de la mort éternelle et de nous donner l’Esprit-Saint. La conclusion de cette prière nous invite à nous tourner vers le Christ, dans lequel nous sommes baptisés, pour obtenir la grâce de vivre de sa sainteté dans l’appel reçu.
Quelle beauté que cette foule immense qui proclame "Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! " Ap 7,12
Éditorial du 25 octobre 2009
Dans son message à l’occasion de la semaine de la mission universelle de l’Église, le pape Benoît XVI rappelait à tous les baptisés leur devoir de s’approprier la mission de l’Église aujourd’hui qui est « d’apporter à tous le Christ, Salut du monde ». C’est une nécessité de tous les temps. L’orientation de notre évêque nous dit comment vivre cela, ici et maintenant : cultiver en soi la conscience de « Paroisse en Mission » en prenant une part active et significative pour que notre Église réponde à sa vocation de Signe de Salut. C’est dans cette optique que nous pouvons reprendre à notre compte cette confidence autrefois adressée à Bartimée, l’aveugle de Jéricho : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle ». Son handicap n’était pas pour lui un obstacle à exprimer sa foi au Fils de David, Lumière- « que je vois » - et Salut de tous les hommes - « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ». Dans cette foi, il a été touché et pris par la grâce du Seigneur qui sauve son peuple et fait revenir à Lui - dans les consolations - une grande assemblée au sein de laquelle se trouvent « l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée », un peuple rassemblé, heureux de chanter sa louange, qu’Il conduit vers les eaux courantes pour l’honneur de son Nom : Père pour les hommes. Comme Bartimée, Dieu nous appelle à [re]venir à lui et Jésus, Grand prêtre intercède en notre faveur, pour une relation profonde avec le Père. Puisant notre force dans l’Eucharistie et dans l’histoire de l’Église en France, bondissons et courrons vers nos frères et sœurs, en accueillant et en relayant ce « mot de passe » : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
Éditorial du 5 octobre 2009
En mars dernier, vous avez reçu les comptes de notre paroisse et certains d’entre vous ont déjà répondu en nous faisant parvenir leur participation au Denier de l’Eglise. Que tous les donateurs soient chaleureusement remerciés. Cet appel s’adresse à ceux qui n’ont pas encore fait parvenir leur don soit qu’ils soient des donateurs réguliers, soit qu’ils n’aient jamais participé au Denier de l’Eglise par le passé. Notre église dépense chaque jour de l’année 1400 euros pour les dépenses courantes et en dehors des travaux. Même si nous essayons de réduire les coûts, les charges de personnel sont difficilement compressibles et correspondent à la première dépense. Nous avons fait le choix de pouvoir disposer d’un sacristain à mi-temps afin d’épauler notre sacristain titulaire et de le remplacer pendant ses jours de repos. Notre église ouvre tous les jours de l’année (sauf les lundis du mois d’août), elle doit être surveillée, nettoyée, chauffée etc… L’arrivée de nouveaux prêtres va nous obliger à augmenter le poste consacré à leur traitement. Cette année six prêtres sont à votre service : deux à plein temps le P. Dufour et le P. Bommelaer, un à deux tiers temps le P. Boudet et trois prêtres étudiants les P. Somé, Luntadila et Mengolo. Nous sommes donc six au lieu de cinq. Des travaux ont eu lieu durant l’été et sont à la charge de notre paroisse : deux appartements ont été mis aux normes actuelles dans le presbytère (aujourd’hui quatre appartements sur six ont donc été rénovés- les travaux devront se poursuivre sur les autres appartements). D’autres travaux suivront à l’automne : la mise à niveau des liaisons informatiques dans les locaux, la pose d’un plafond acoustique pour diminuer la sonorité de la salle Cana… Il faudrait y ajouter les aménagements réalisés dans les locaux de la maison des jeunes de Saint Médard pour l’accueil de l’aumônerie.. Des réflexions sont en cours pour améliorer le chœur de notre église de manière fixe et pérenne. Nous vous en reparlerons. Enfin, un poste de dépense a augmenté sérieusement : la participation aux charges diocésaines. Il correspond aujourd’hui à 22 % de nos recettes, en augmentation de 13 % sur un an. La base de calcul est progressive comme pour l’impôt. Cette participation est indispensable pour soutenir l’action de notre diocèse pour l’annonce de l’évangile à Paris et pour la solidarité avec les autres Eglises. Nous vous demandons donc de continuer votre effort afin de soutenir financièrement votre église qui vit uniquement des ressources que vous lui donnerez. Pour ceux qui le souhaitent un passage au prélèvement automatique est une solution qui stabilise les ressources de la paroisse : nous vous demandons de la privilégier. Pour ceux qui n’ont jamais donné, la règle ancienne rappelait qu’un don au Denier de l’Eglise devait correspondre à 1 % de vos ressources ou à deux à trois jours de travail. Merci d’avance à chacun !
Éditorial du 22 septembre 2009
En ce début d’année, nous sommes invités à entendre l’appel du cardinal Vingt-Trois adressé à tous ceux qui fréquentent habituellement les messes dominicales. Il nous demande de revisiter notre manière d’être chrétiens dans nos espaces de vie et à re-devenir missionnaires d’une Bonne Nouvelle dans un monde rempli de mauvaises nouvelles. C’est à partir des paroisses et en se fondant sur les rassemblements eucharistiques que cette proposition est structurée. Voici comment il a présenté cet objectif aux curés des paroisses de Paris juste avant l’été et voilà pourquoi il nous invite à fonder cette année sur des objectifs précis :
Il me semble important de justifier le choix délibéré de la paroisse comme centre et pivot de cette dynamique missionnaire. Je sais bien que dans la vie d’un diocèse, et a fortiori un diocèse comme Paris, il y a beaucoup de mouvements, beaucoup d’initiatives, beaucoup d’activités très fécondes, très riches et très stimulantes qui ne relèvent pas de l’action paroissiale. Seulement, mon obsession permanente est la suivante : je vois chaque dimanche des assemblées très belles, très vivantes, très sympathiques et fraternelles et je ne sais que trop que ces assemblées ne sont pas profondément et unanimement entraînées dans un esprit missionnaire. Je sais bien que, dans toutes ces assemblées dominicales, il y a un petit nombre de gens très convaincus qui sont engagés dans une attitude missionnaire. ''Mais mon problème est de dépasser ce petit noyau. Comment va-t-on aider des chrétiens qui sont des gens de bonne volonté mais peut-être peu motivés ou qui ne se considèrent pas en situation de passer à une autre mission, comment va-t-on les aider à faire quelque chose, à prendre conscience que leur participation à l’Eucharistie du Christ appelle une action, appelle à vivre quelque chose (…) si on n’arrive pas à entrer dans cette perspective, nous laissons inerte un gisement considérable de ressources et de dynamisme sans lui donner le choc de départ qui pourrait en aider beaucoup à franchir un pas de plus dans leur conscience de baptisés et de confirmés et dans leur capacité de témoigner de l’Evangile. Comment cette bonne disposition, cette bonne volonté, que manifestent ceux qui viennent à la messe le dimanche, comment le travail considérable fait dans les paroisses pour l’animation liturgique de chaque dimanche, comment tout cela peut-il se traduire par une implication dans la vie sociale et de témoignage de l’Évangile à travers la manière de vivre, c'est-à-dire dans un agir missionnaire ? La vie chrétienne est missionnaire, elle suppose de choix de vie précis. Nourrie de l’Eucharistie, elle doit s’exprimer dans une manière de vivre. Or, cette manière de vivre ne peut pas s’élaborer autrement que dans une vitalité et un échange communautaires.'' Chaque paroisse, en fonction de ses caractéristiques, de son histoire et de sa vie, doit chercher à aider cet engagement dominical à déboucher sur un agir qui finit forcément par avoir une certaine visibilité dans la société. On peut parler de trois niveaux d’actions possibles. Les fidèles doivent comprendre qu’ils peuvent faire quelque chose dans leur vie personnelle de baptisés, dans la vie de leur communauté chrétienne et dans la société. Il faut aussi les aider à percevoir que ces trois niveaux d’action (sur sa propre vie, dans sa communauté chrétienne et dans la société) sont connectés les uns aux autres : on ne peut pas s’exonérer de sa conversion personnelle en se lançant dans l’action sociale ; on ne peut pas se contenter d’essayer de mener une vie droite en restant indifférent aux conditions de vie des hommes et des femmes qui nous entourent ; on ne peut pas espérer être vraiment membres de l’Église simplement parce que l’on va à la messe de temps en temps sans devenir vraiment un participant actif d’une communauté chrétienne.
Nous aurons à coeur de mettre en oeuvre ces orientations mais afin de vivre cela nous avons besoin de poser un premier temps commun. La journée de Senlis est une première étape dans la construction d’une paroisse plus fraternelle et plus missionnaire. Elle doit permettre de faire connaissance, d’échanger et de prier ensemble. Je vous invite donc à repenser votre engagement chrétien. Je demande que chacun réfléchisse au moyen de se considérer comme acteur de l’annonce de l’Évangile. A Senlis, nous en reparlerons avec ceux qui pourront venir et au cours de cet hiver nous vous proposerons deux dimanches de réflexion et d’échange. Nous voyons bien aujourd’hui que notre Église doit redevenir missionnaire (chaque génération doit être entièrement évangélisée) sinon elle disparaîtra de notre pays ! Renonçant au fatalisme et certains de la force de l’Esprit Saint nous allons repartir pour cette nouvelle annonce de la foi !
Éditorial du 13 septembre 2009
Nos contemporains, femmes et hommes, sont nombreux à vivre leur engagement jusqu’à l’ultime, au maximum et jusqu’au bout :dans les tâches familiales de l’éducation, enseignants de tous niveaux auprès de leurs élèves, époux pour leur conjoint, y compris au temps de la maladie, religieux, prêtres dans leur consécration et leur mission, salariés de tous niveaux, dans leurs tâches professionnelles, membres d’associations dans leurs responsabilités et leurs services, et tant d’autres : certainement, vous en faites partie ! Jésus s’inscrit dans cette longue lignée de manière exemplaire. Il le dit avec force et simplicité à Pierre, lui qui vient de reconnaître et de proclamer sa foi au Christ, Fils du Dieu Vivant. Mais l’amitié que l’apôtre vit pour son Seigneur fait qu’il ne peut accepter que Jésus monte à Jérusalem et que, là, sa vie soit livrée. Pierre avait-il alors compris que l’amour de Jésus pour les siens – nous tous – et pour son Père, ne pouvait s’arrêter en chemin ? Nous le savons d’expérience, il nous faut souvent bien du temps pour ‘comprendre’. Pourtant, quelque trente-cinq ans plus tard, à Rome dans le cirque de Néron, Pierre livrera sa vie et sera crucifié comme son Seigneur. En cette reprise de l’année, l’engagement et le don du Christ Jésus honorent et éclairent les engagements qui sont nôtres. Jésus ne se situe pas en dehors de ce qui nous tient à cœur et de ce que nous faisons. Il est au milieu de nous : il éclaire, donne sens et participe à l’engagement de notre existence. C’est de cela dont il s’agit quand le Christ nous dit : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
Éditorial du 30 août 2009
Voilà deux maîtres mots pour cette semaine. D’abord Transposer. Il s’agit des Paroles du Christ dans l’Evangile. Faut-il transposer l’invective de Jésus aux pharisiens à nous ? Dans l’affirmative, c’est nous les hypocrites qui ferions bien de nous couper les bras ou crever les yeux pour avoir une chance de rentrer borgnes et manchots dans le Royaume des cieux. Bien sûr nous n’avons pas tué les prophètes, alors pourquoi lire ces paroles imprécatoires de l’évangile ? Qu’y- a-t-il, dans ces propos, à transposer dans notre vie ? Jésus affirme que c’est ce qui sort de l’homme qui le rend impur, il déclare tous les aliments purs et, par là même, il fait tomber une importante partie de la législation. Le judaïsme avait bien longtemps avant Jésus transposé les pratiques matérielles de la Loi vers une interprétation spirituelle : « Tu n’as pas voulu d’holocauste de bœufs et de brebis, le sacrifice qui plaît à Dieu c’est un esprit brisé » (cf. le Psaume 50). La leçon de Jésus consiste à nous rappeler, à la suite des prophètes, que le rite est le soutien de l’intention profonde du cœur de l’homme et qu’aucun culte n’apporte quelque avantage à Dieu et ne nous rend pas créditeur envers lui. L’Eucharistie comme rite sacré, est ouverte à tous pourvu que le cœur de celui qui s’en approche soit intérieurement préparé, notamment par la réconciliation.
Transporter enfin. La vie spirituelle nous invite à des déplacements : Moïse dans sa solitude fit un petit détour pour rencontrer Dieu au buisson ardent et Dieu lui fit faire le grand Exode à la tête d’un peuple nombreux. Jésus se transporte du milieu de son peuple au milieu des païens, il mange avec les publicains et les pécheurs. La catholicité de l’Eglise, tient autant à son extension aux limites du monde qu’à sa vocation à rejoindre tous les hommes.
Sans vouloir faire de transposition abusive, je citerai pour conclure le Psaume 67 verset 19 « Dieu tu es monté sur les hauteurs… tu as fais des dons aux hommes », ainsi je me permets de vous recommander de pratiquer quelquefois une démarche pèlerine vers les hauteurs de notre Eglise, et je profite de l’occasion donnée par la rédaction de cet éditorial pour vous remercier encore, chers paroissiens, de toutes les attentions délicates que vous avez eues à l’occasion de ma nomination au Sacré Cœur où je me transporte ces jours-ci.
Éditorial de l'été 2009
L’été est, pour beaucoup, la période du changement de rythme et il peut permettre de prendre le temps de la lecture ou de la visite. Le patrimoine architectural religieux de notre pays est riche et souvent mal connu. Les églises sont souvent fermées par manque de prêtres ou de fidèles pour les ouvrir, les entretenir et les surveiller. Essayons tout de même de visiter ce patrimoine que la foi de ceux qui nous précédés nous a légué (et qui n’attend que nous pour revivre) ! Les églises ne sont pas des musées, elles sont l’expression d’un peuple de croyants dont nous sommes les membres vivants. Sur les lieux de vacances, il sera parfois difficile de trouver une messe dominicale (le vieillissement des prêtres et leur raréfaction est criante dans les diocèses ruraux où ils étaient autrefois si nombreux). Pourtant la sanctification du jour du Seigneur à laquelle nous sommes conviés n’est pas une option facultative, elle est une nécessité pour notre vie. La rencontre hebdomadaire (chaque dimanche!) avec le Seigneur ne peut pas se mettre en vacances mais doit au contraire reprendre de la vigueur et de la rigueur avec la pause estivale. Renseignez vous sur les horaires de messes (par exemple sur http://messesinfo.cef.fr/). Préparez votre dimanche! L’été est aussi une période propice aux lectures : bien sûr et toujours la lecture de l’Ecriture Sainte est un bon programme d’été… Sans doute pourriez-vous vous plonger dans les parties du Nouveau Testament que l’on lit moins souvent les épîtres, les actes des apôtres…A coté de cela les libraires offrent aussi des livres qui aident à se poser des questions : je vous en propose quelques uns :
Bon été à tous!
Éditorial du 21 juin 2009
Ainsi va la vie chrétienne en particulier celle des prêtres, qui à l’exemple de Moïse doivent bouger souvent. Les déplacements spatiaux illustrent aussi les déplacements intérieurs et spirituels de notre condition pèlerine. Il s’agit pour nous de monter vers Dieu et de descendre vers les frères, de l’intime de la prière, nous sommes renvoyés vers le service du prochain. Au moment où je suis appelé à monter au Sacré Cœur comptez bien que je vous y présente, paroissiens de saint Médard, afin que le Seigneur fasse descendre sur vous toutes les grâces qui vous sont nécessaires. Nous allons entrer dans l’année du prêtre, proposée par le saint Père, je vous invite à lire ces quelques lignes qui nous disent la beauté du sacerdoce et sa raison d’être, elles peuvent cependant s’appliquer à tous les fidèles, parce que l’Eglise est appelée par le Christ à parler par la voix de tout ses enfants.
Les ministres de Jésus ont deux principales fonctions : ils doivent parler à Dieu et parler aux peuples ; parler à Dieu par l’oraison, parler aux peuples par la prédication de l’Evangile. Ces deux fonctions sont unies, et il est aisé de les remarquer dans cette parole des saints apôtres : «Pour nous» disent-ils dans les Actes « nous demeurons appliqués à l’oraison et au ministère de la parole» (Actes 6, 4). Prêtres qui êtes les anges du Dieu des armées, vous devez sans cesse monter et descendre, comme les anges que vit Jacob dans cette échelle mystique (Genèse 28, 10-13). Vous montez de la terre au ciel, lorsque vous unissez vos esprits à Dieu par le moyen de l’oraison ; vous descendez du ciel en la terre, lorsque vous portez aux hommes ses ordres et sa parole. Montez donc et descendez sans cesse, c’est à dire priez et prêchez ; parlez à Dieu, parlez aux hommes ; parlez, premièrement recevoir, et puis venez répandre les lumières ; allez puisez dans la source ; après venez arroser la terre, et faire germer le fruit de vie ».
Ces lignes sont tirées de l’Oraison funèbre de François Bourgoin, prêtre de l’Oratoire, prononcée le 20 décembre 1662 par Jacques Bénigne Bossuet. L’exigeant idéal sacerdotal des réformateurs catholiques du clergé de cette époque, nourrit encore la spiritualité des prêtres d’aujourd’hui. C’est à l’occasion de la fête du Sacré Cœur vendredi dernier que Benoît XVI a inauguré l’année du prêtre dont le thème est : « fidélité du Christ, fidélité du prêtre » le curé d’Ars disait que « le sacerdoce c’est l’amour du cœur de Jésus », cela donne l’orientation de mon nouveau ministère. Merci de votre fidélité dans la prière et de votre soutien.
Éditorial de la fête de la Sainte Trinité 7 juin 2009
Depuis le mercredi des Cendres nous avons reçu grâces sur grâces, celles du temps de carême et celles du temps pascal, toutes diverses et variées, opérantes de façons bien différentes, au plan personnel, en communauté et en Eglise.
Aujourd’hui, en ce dimanche de la solennité de la Sainte-Trinité, nous voici propulsés dans le temps de l’Eglise, dit ordinaire. Nous sommes invités à vivre jour après jour de l’effusion d’Amour jaillissant d’un Dieu Trinité : Père et Fils et Saint-Esprit.
Le jour de notre baptême nous avons été plongés dans l’eau de renaissance, dans la mort et la résurrection du Christ. Puis le célébrant, avant de nous oindre du Saint-Chrême a prononcé ces mots : « Tu es maintenant baptisé : Le Dieu tout-puissant, Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur, t'a libéré du péché et t'a fait renaître de l'eau et de l'Esprit Saint. Désormais, tu fais partie de son peuple, tu es membre du Corps du Christ et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. Dieu te marque de l’huile du salut afin que tu demeures dans le Christ pour la vie éternelle. »
Ainsi par ta vie, Dieu t’a fait prêtre, en son Fils Jésus, il t’a consacré pour être porteur de l'Esprit Saint, ma vie est-elle intersession et relation au Dieu Trinité ?
Par ta vie, Dieu t’a fait prophète : as-tu annoncé, jour après jour, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ pour donner un sens à notre monde ?
Par ta vie, Dieu t’a fait roi, tu as reçu la majesté des enfants de Dieu, ton coeur s’est-il ouvert aux dimensions du royaume où l'on est premier à servir?
Qu’en ce temps de l’Eglise nous soyons portés par l’Esprit Saint pour vivre pleinement en ce monde notre baptême. « Allez donc ! … »
Éditorial du dimanche de Pentecôte 31 mai 2009
En cliquant sur l'image, vous trouverez le message de Pentecôte 2009 des responsables des Eglises chrétiennes d'Ile de France
Éditorial du 7e dimanche de Pâques 24 mai 2009
Au lendemain de l’Ascension du Seigneur Ressuscité dans la gloire du ciel, et dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint qui devait les consacrer dans la vérité et la fidélité au Nom du Christ, Pierre et ses compagnons étaient dans cette certitude absolue. Le Maître fait désormais place au disciple, à qui il revient de rendre témoignage de sa résurrection, comme Il le disait lui-même en s’élevant pour disparaître à leurs yeux : Vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. (Ac. 1,8). Il faut y aller, et Pierre le dit clairement à propos de la place désertée par Judas : '' il faut donc que l’un d’entre eux, [de ceux qui ont suivi Jésus depuis le début, témoins de ses actes et de ses paroles de salut], devienne avec nous témoin de sa résurrection ''. Le remplaçant ne vient pas d’ailleurs, mais est discerné et suscité du sein de la communauté fidèle au Christ et témoin de sa vie entière, de son baptême par Jean, à sa glorification dans sa mort-résurrection. C’est en communauté, dans la communion et l’unité profonde des uns avec les autres, que l’on est témoin du Ressuscité :qu’il devienne avec nous… précise Pierre. Le témoignage personnel comme une note accordée, pour être vivifiant, est appelé à s’enraciner dans l’expérience communautaire du Ressuscité. Les textes liturgiques des deux dimanches précédents ont insisté sur la « demeurance » du disciple en Christ et en son amour qui crée et maintient en communion ceux qui lui sont unis. Cet état va de pair avec la volonté de rendre témoignage, de proclamer Jésus Fils de Dieu. En acceptant de devenir disciple et ami du Christ ou en s’appropriant personnellement sa foi baptismale, le chrétien s’engage à proclamer, sa vie durant, la Seigneurie du Christ. Après avoir reconnu et cru en Christ ressuscité, il lui est impossible de garder la nouvelle pour lui seul : elle est à annoncer. Et si ce témoin est tenté de se taire pour quelque raison que ce soit, la création est prête à relever le défi : ''S’ils se taisent, les pierres crieront (Lc 19,40). On ne peut donc pas ne pas dire la nouvelle, on ne peut donc renoncer à témoigner de Lui. Pour cette mission, dans un monde hostile à l’amour de Dieu, Christ a consacré chaque baptisé qu’il envoie, dans la vérité de la Parole de Dieu et veut qu’il le demeure consacré par la vérité … Ta Parole est Vérité '' (Jn 17,17). Saurons-nous nous laisser guider par l’Esprit qu’il nous donne : Esprit de vérité et de liberté, Brise du Seigneur qui passe dans nos vies et nous permet de collaborer à notre salut en proclamant de notre bouche que Jésus est Seigneur et en croyant de tout coeur que Dieu l’a ressuscité des morts (cf. Rm 10,9).
Éditorial du 6e dimanche de Pâques 17 mai 2009
Ce dimanche, les jeunes du collège soeur Rosalie et de l’aumônerie des collèges du cinquième Sud reçoivent à saint Médard le sacrement de Confirmation. C’est l’occasion pour nous de nous arrêter un instant sur le don de l’Esprit Saint qui nous a été fait dès notre baptême et que nous commémorerons à la fin de ce temps pascal de façon toute spéciale. « Pour être en contact avec le Christ, nous dit le Catéchisme de l’Église Catholique, il faut d’abord avoir été touché par l’Esprit Saint ». L’Esprit nous précède, il vient au devant de nous. Il suscite en chacun de nous la foi. En recevant le sacrement du Baptême, la Vie, qui a sa source en Dieu le Père et qui nous est offerte dans le Christ son Fils, nous est communiquée personnellement par l’Esprit Saint. Au baptême, l’Esprit Saint nous établit dans cette filiation divine ; il établit en nous sa demeure, pour que nous entrions chaque jour un peu plus dans la demeure de Dieu, pour que nous soyons sans cesse plus en sa présence. Dieu demeure en l’homme, qui est invité à demeurer en Dieu, comme les évangiles de dimanche dernier et d’aujourd’hui le soulignent. Le Temple de Dieu, c’est l’homme. Par l’Incarnation, Dieu a établi sa demeure parmi les fils des hommes. Il y a planté sa tente, son tabernacle, Il a fait sa demeure en l’homme. Au jour de l’Ascension, dans le Christ, par son corps, l’humanité entre au sein de la Trinité. Pour que l’homme soit vraiment homme, à l’image du Fils, il faut donc que l’Esprit Saint puisse achever en nous - et par nous dans le monde - son oeuvre. Tant que l’homme est animé d’un souffle de cette terre, il faut que ce souffle soit soutenu, vivifié, rénové, accru de celui du Seigneur. Notre vie doit donc être sans cesse animée par l’Esprit. « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira… le Père céleste donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » nous dit le Christ commentant le don du Notre Père dans l’évangile selon saint Luc. C’est l’Esprit qui est donné de façon toute particulière à l’Église. Sachons demander à Dieu de préparer nos coeurs à le recevoir chaque jour pour vivre du fruit de l’Esprit qui est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi douceur, maîtrise de soi ».
Éditorial du 5e dimanche de Pâques 10 mai 2009
Les paraboles de Jésus atteignent le sommet dans l'image de la vigne. Ici, Saint Jean a retenu pour nous un mot important qui dévoile le secret suprême, la révélation stupéfiante : le lien qui unit Jésus à ses disciples est de même nature que celui qui unit le Père au Fils. C'est le même courant vital, la même sève, le même amour. Cette image de la vigne nous fait prendre conscience de l’importance de Jésus dans notre vie et dans la vie de l'Eglise. Il est le cep qui assure notre existence. Il nous faut rester lié au cep pour demeurer dans les profondeurs de l'amour. Il nous est possible de grandir. La vie de chacun est comme la sève qui coule dans nos veines. La vie de Dieu se développe lentement en nous, en ôtant, jour après jour, tout obstacle à la montée du flux d'éternité. Nous pouvons prendre conscience de ce flux d'éternité qui nous imprègne et circule en nous. Nous pouvons méditer sur notre présence dans le monde, sur notre destinée. Reliée à Dieu, notre vie est appelée à croître et devenir féconde. Nous avons ainsi la mission de vivre notre relation à Dieu comme la vie qui coule en nous : "Demeurez", dit Jésus. Nous ressentons son écho aussi vivant que la réaction instinctive qui se déclenche en nous, quand nous nous trouvons dans un milieu où nous sommes aimés, connus. On y demeure. On y vit. Il y a un temps pour tout : un temps pour naître, un temps pour mourir ; un temps de guerre, un temps de paix, dit le Qohélet. Après avoir parcouru toute la Bible où il y a tant de bouleversements, de tourments...quelle grâce que d'écouter le mot qui apaise : Demeurez. La meilleure explication de ce passage de l'évangile de Saint Jean sur la vigne véritable et les sarments se trouve dans ces quelques lignes de sa première lettre : Frères, devant Dieu, nous apaiserons notre cœur, car même si notre cœur venait à nous condamner, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît tout. Et la meilleure prière inspirée de cette pensée de Saint Jean est celle de Sainte Thérèse d'Avila : Seigneur, tu connais tout. Tu peux tout. Et tu nous aimes.
Éditorial du 4e dimanche de Pâques 3 mai 2009
Cette image surprenante et bouleversante de ce Berger, bon pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis a rappelé à ma mémoire ce poème d’une personne accueillant les étrangers au Secours Catholique.
''C’est le printemps, l’époque pour vous l’offrir, et qu’il fasse son oeuvre en nous. Janvier, février, c’est le temps on l’on achète des rosiers'', … On va les mettre en terre et attendre patiemment Que les bourgeons, les feuilles, les fleurs arrivent Accueillir l’autre C’est être un jardinier… C’est savoir prendre son temps, Être patient. Laisser l’autre devant nous, arrivé tout sec Comme le rosier que l’on vient d’acheter Le laisser nous dire, petit à petit qui il est, Nous montrer ses épines Et surtout, aller à la recherche des roses enfouies en lui L’aider à ce qu’il se voie lui-même Qu’il n’a qu’à attendre un peu. Se faire chauffer au soleil. Et il pourra être fier des belles fleurs Qui bientôt vont éclore Et ce sera « le printemps » Pour accepter la vie en lui et avec les autres Dans notre monde cassé mais toujours à améliorer
Le Berger de l’évangile de ce dimanche ne prend-il pas son temps pour me connaître, n’est-il pas patient devant mes épines, mes refus, mes paresses. Que me dit-il, ce Père, par son Fils aimant dans la démesure : que le don unique de sa vie est la source de mon humanité renouvelée au sein de la grande bergerie Église où, par son Esprit, il sera tout en tous.
Éditorial du 3e dimanche de Pâques 26 avril 2009
En ce temps pascal où nous nous remettons du labeur que fut le carême pour nous rappeler «qu’ils sont finis les jours de la passion » et, même si notre carême ne fut pas laborieux, désormais entrons dans le repos de Dieu que préfigure ce temps pascal. Pour nous y introduire voici un beau texte de Pierre de Bérulle, dans son Elévation sur sainte Madeleine (1627). Marie Madeleine étant pour lui le modèle du chrétien qui se délecte de l’amour miséricordieux de son Seigneur. Marie Madeleine, appelée par son nom qui est aussi celui de la Vierge, ce nom qui lie Madeleine à Jésus, laissons-nous lier, nous aussi, à Jésus par Marie.
« Le Seigneur lui apparaît, mais comme un jardinier (car il veut encore exercer et éprouver lui-même l'amour de cette âme) et il lui tient le même propos que celui tenu par les anges (qui, eux, l'avaient fait sur son ordre) : ‘Femme, pourquoi pleures-tu ?’ et pour donner un nouvel aiguillon à son amour : ‘Qui cherchestu?’ (…) ''« Jésus profère une simple parole et lui dit : ‘Marie’, et ce nom excite en elle amour et lumière, et un ravissement de lumière et d'amour, et donne à Madeleine la plus haute et désirée connaissance et la plus agréable jouissance du plus digne objet qu'elle eût pu regarder, et elle voit celui qui est la vie, qui est sa vie, et demeure ravie de cette vie nouvelle, de cette vie de gloire.'' Béni [sois-tu], ô Jésus, d'avoir ainsi essuyé ses larmes et converti sa douleur en jouissance et d'avoir employé ce beau nom de Marie, ce seul nom de Marie, pour un tel effet d'amour et de lumière. […] [Tu prononces] le doux nom de Marie et ses yeux sont ouverts [en entendant] ce nom, comme ceux des deux disciples en la fraction mystérieuse faite à Emmaüs. Ce nom avait trop d'alliance avec Jésus en la personne de sa sainte Mère et en la personne encore de cette simple disciple, pour ne pas joindre aussitôt deux coeurs et deux esprits si proches et si préparés à l'amour saint et mutuel l'un et l'autre. Il sert à Madeleine de porter ce beau nom de Marie et le Dieu de bénédiction, lequel bénit tout en ses saints, veut bénir ce nom saint et vénérable, et le veut employer au premier effet de sa Résurrection, et donner par celui-ci la première connaissance de sa vie et de sa gloire. Ô nom de grâce, d'amour et de lumière ! Ô nom lié et liant à Jésus ! Ô nom liant Madeleine à Jésus et lui faisant connaître son Dieu, son amour et son Sauveur ! C'est le premier nom proféré par Jésus en sa Résurrection ; et Madeleine aussi la première de tous les mortels, selon l'évangéliste, qui voit Jésus, le Fils unique de Dieu, le Sauveur du monde et le Dieu de son coeur dans la vie, dans la gloire ; ô grandeur ! ô amour ! ô faveur sans pareille ».
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Éditorial du 2e dimanche de Pâques 19 avril 2009
Alors que le joyeux Alléluia de Pâques retentit encore dans chacun de nos coeurs, la liturgie nous invite aujourd’hui, huit jours après cette solennité, à tourner nos regards, avec les apôtres, vers les saintes plaies du Seigneur. Elles sont bien sûr signes de la Passion du Christ, mais aujourd’hui, à la lumière de la Résurrection, ces plaies glorieuses sont aussi signes de la miséricorde de Dieu qui « a tant aimé le monde et qui a donné son Fils unique » (Jn 3,16).
La conversion, à laquelle nous étions spécialement invités durant le Carême, n’a de cesse. Au début de chacune de nos messes, nous nous reconnaissons pécheurs, avec cette certitude d’avoir à nos côtés la miséricorde de Dieu le Père. Oui, il est : « le Dieu de toute consolation qui nous console de toutes nos tribulations » (2 Co 1,4). Dans son encyclique Dives in misericordia, Jean Paul II nous invitait à tourner nos regards non seulement vers le Père, Dieu riche en miséricorde, mais aussi vers Marie, celle qui au cours de sa visite à sa cousine Élisabeth s’est mise à louer le Seigneur en s’exclamant que: « sa miséricorde s’étend d’âge en âge » (Lc 1,50).
Cette miséricorde se manifeste aujourd’hui à travers la salutation du Christ ressuscité à ses disciples: « La paix soit avec vous! ». Aujourd’hui, le Seigneur ressuscité est au milieu de nous et il dit à chacun de nous: « la paix soit avec vous ! », car il veut que cette paix remplisse le coeur de tous les hommes. Le Christ ressuscité nous offre, à nous qui sommes parfois égarés et dominés par le pouvoir du mal, par l’égoïsme et par la peur, son amour qui pardonne, son amour qui réconcilie, son amour qui ouvre nos âmes à l’espérance.
Comme Thomas, nous voudrions peut-être Le toucher pour croire, mais laissons-nous plutôt toucher par le Seigneur ressuscité, pour à notre tour confesser notre foi. C’est le chemin de bonheur sur lequel le Seigneur nous appelle. Demandons au Seigneur de reconnaître la miséricorde infinie de Dieu. Demandons au Seigneur de découvrir avec quel amour Jésus s’est offert au Père pour nous. Demandons au Seigneur de pouvoir voir de nos yeux la source de la miséricorde qui apporte aux hommes la paix et la joie de l’Esprit, la vie nouvelle en Jésus Christ. Oui, frères et soeurs, la Résurrection est réellement le triomphe de la miséricorde divine.
Éditorial du dimanche de Pâques 12 avril 2009
Comme chaque année, la liturgie nous propose de relire les différents récits que les évangiles nous rapportent sur Pâques. Cette année, dans la nuit de Pâques, avec Marc (Mc 16, 1-8) nous sommes invités à suivre les femmes au tombeau de grand matin, avec cette question qui tenaille au ventre: « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ». Et puis vient l’étonnement, puis la crainte et enfin la peur : devant l’indicible, elles ne peuvent rien dire. Ces femmes n’ont pas encore entendu la nouvelle que leur apportait l’ange. Elles doivent encore attendre de recevoir le réconfort de l’Esprit Saint pour porter la nouvelle. Leur peur domine : elles ne peuvent rien dire à personne. Elles s’enfuient devant une réalité qu’elles ne peuvent pas encore comprendre.
Le second texte est celui du matin de Pâques chez saint Jean (Jn 20, 1-9) : Marie Madeleine se rend au tombeau du Seigneur après le Sabbat. Elle vient pleurer sur celui qui l’a sauvé, pleurer devant un ami, un maitre de justice. Et voilà que le tombeau est vide : il n’y a rien… Elle court alerter les disciples, qui sont encore sonnés des évènements des jours précédents. Devant l’annonce du tombeau ouvert, ils se précipitent pour constater, pour comprendre. Des deux disciples, l’un reviendra avec la foi, l’autre avec la perplexité du doute. Le jeune disciple que Jésus aimait voit et croit, Pierre chargé de conforter ses frères doit encore laisser le Seigneur transformer son regard : il doit apprendre à aimer et à se laisser aimer. Le Seigneur, lui, ne se montre pas encore aux deux disciples mais à Marie Madeleine, elle qui cherchait son Rabbi, son maitre. Jésus ressuscité se laisse reconnaître par celle qui le cherche dans les larmes : à l’appelle de son nom, elle le reconnait. Le vrai disciple est celui qui reconnait son Seigneur lorsque celui-ci l’appelle par son nom : « le bon pasteur connait ses brebis et ses brebis le connaissent ». Malgré son désir de garder celui qu’elle a retrouvé, Marie Madeleine ne peut retenir le Seigneur Jésus: il n’est plus de ce monde, il doit aller jusqu’au bout de sa mission pour ramener toute l’humanité vers le Père, il envoie maintenant ceux qui croient en lui vers ceux qui ne croient pas encore.
Le troisième texte est, lui, tiré de l’évangile selon saint Luc (Lc 24, 13-35) : les disciples d’Emmaüs. C’est le soir de Pâques, et les disciples n’ont pas compris ce qui était arrivé. Jésus avait préparé leurs cœurs mais même l’annonce des évènements du matin ne les a pas ébranlés : ils restent sur leur déception et leurs incompréhensions. Alors, Jésus doit achever ce qu’il a commencé : amener tous les disciples à le reconnaître comme Seigneur et Sauveur. Il se met à instruire les deux disciples fatigués et accablés par ce qu’ils viennent de vivre et par la marche de la journée. Il explique tout ce que les Écritures disent de lui et il fait renaître l’espoir… puis, le soir venu, il refait le Signe qu’il a donné à ses disciples en rompant le pain. Il disparait à leurs yeux avec la fraction du pain car avec ce Pain vivant tout ce qui est nécessaire est donné à ses disciples. Ils peuvent reprendre la route avec la certitude de la présence du Ressuscité à leurs cotés.
Ces trois évangiles montrent comment chacun appréhende la même réalité différemment mais, plus encore, à quel point il est essentiel de ne pas nous arrêter à nos faibles compréhensions et de nous laisser évangéliser par Dieu lui-même.
Le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé, victorieux des enfers… Alleluia !
Editorial du dimanche des Rameaux 5 avril 2009
C’est sur ce thème qu’est célébrée, ce dimanche des Rameaux, la Journée Mondiale des Jeunes. Les jeunes ont toujours été au cœur de nos préoccupations, du fait qu’ils sont ceux sur qui nous comptons pour une société de demain plus juste, plus humaine, capable de réconforter et de donner espoir à «celui qui n’en peut plus», et pour une Église vivante et témoin de Dieu, toujours présent aux hommes.
Au moment où chacun de nous essaie à sa manière d’aider ces jeunes à poser des bases d’un avenir plein de vie et d’espérance, le témoignage de notre foi en Dieu ne saurait être de trop. Au contraire : qu’elle soit déjà solide ou encore fragile et chancelante, notre vie de relation à Dieu est déterminante pour notre rapport juste à la vie, au monde et à nous-mêmes. C’est pourquoi «Nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le sauveur de tous les hommes» (1 Tm 4,10).
Loin d’être une philosophie, notre expérience de Dieu, née et nourrie de l’écoute quotidienne de la Parole, nous réveille chaque matin pour que nous nous laissions instruire et transformer par Celui qui proclame le nom du Père parmi nous et le révèle par sa vie toute donnée. L’ayant reconnu, nous confessons qu’Il est digne de confiance, c’est pourquoi «Nous avons mis notre espérance (en lui), le Dieu vivant».
Pour nous et pour notre salut, Il entre à Jérusalem, acclamé par une foule décidée à le magnifier : «Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur». Dans le don sans réserve de lui-même, nous revivons, sanctifiés.
Ce temps de carême finissant nous a permis d’en faire une fois encore l’expérience. Nous sommes plus déterminés à le suivre et à proclamer avec l’Église et en Église : «Jésus-Christ est Seigneur». En imitant son abaissement, son amour pour Dieu et pour les hommes, son obéissance au Père, notre espérance en Dieu devient plus vive et nous entrons un peu plus dans son mystère pascal afin de nous offrir nous aussi, avec lui, au Père, pour la gloire de son nom. «Nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant» (1 Tm 4,10), marchons vers «notre Pâque» à la clarté de la Pâque du Seigneur.
Editorial du dimanche 29 mars 2009
Nous sommes à l'approche de la grande semaine qui est le coeur de la liturgie catholique et de la vie chrétienne. Tout devient intérieur, en commençant par le rappel de l'Alliance de Dieu par Jérémie. C'est Dieu qui propose une nouvelle Alliance entre le peuple d'Israël et lui-même : «Je mettrai ma Loi au plus profond d'eux-mêmes; je l'inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple».
Ce n'est plus un contrat mais un comportement vis-à-vis de quelqu'un qu'on connaît. C'est de l'intérieur que l'homme sait comment il doit se comporter devant Dieu qui entretient avec lui une relation de connaissance mutuelle.
L'homme se voit devant l'immensité de Dieu et veut s'améliorer ; il peut arriver à cette amélioration en contemplant Jésus qui chemine vers son Père. Dans les derniers jours de Jésus, nous pouvons voir quelle est sa relation avec le Père. Jésus laisse voir le dernier moment de sa vie comme un passage de ce monde à l'autre, chez le Père. Personne ne peut voir le Père sans être transfiguré, ce qui est présenté dans l'évangile comme un grain mis en terre afin de porter beaucoup de fruits :« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit».
Cette mutation en un homme spirituel ne se fait pas sans bouleversements : il nous faut tout laisser pour entrer dans le monde de Dieu et ne pas aimer la vie en ce monde plus que la vie chez notre Père : « Celui qui s'en détache en ce monde, la garde pour la vie éternelle » nous dit Jésus. C'est l'heure cruciale qui doit advenir à chacun de nous, comme elle est arrivée à Jésus, qui ne l'a pas évitée même si elle représentait une grande souffrance. Avec le Christ, nous pouvons bénir cette heure de rencontre avec le Père et de bonheur dans la vie éternelle. Ici, l'homme se retrouve lui-même, tout entier dans la Source de Vie.
Dans les jours suivants nous sommes invités à suivre le Christ, jusqu'au sommet de sa vie, dans sa Passion. Et Saint Paul nous encourage sur nos chemins : « Il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel».
Editorial du dimanche 22 mars 2009
Les auditeurs de Jean avaient en mémoire ce passage de l’aventure du peuple de Dieu dans le désert. Peuple qui, accablé par la longue et pénible marche dans le désert, murmurait et récriminait contre le Seigneur et contre Moïse. Il faisait, un fois de plus, l’expérience de la mésalliance, livré aux morsures brûlantes de son propre péché. Les morsures des serpents ne sont-elles pas ce qui brûle le coeur et le corps de l’homme coupé de l’amour de Dieu ? Aussi Moïse, l’intercesseur, a-t-il, en dressant le serpent de bronze dans cette étroite vallée, mis en oeuvre le salut donné par le Seigneur, un Dieu qui n’abandonne pas les siens.
Saint Jean nous invite à regarder vers la croix comme le peuple d’Israël a regardé vers le serpent d’airain. Regarder vers la terre et les serpents, c’est entrer dans la spirale descendante de la rupture d’alliance qui conduit à la mort. Regarder vers le ciel, c’est entrer dans la spirale ascendante de l’alliance qui conduit à la vie. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Saint Bède le Vénérable écrit « C'est pourquoi l’évangéliste dit: « De même que le serpent fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé. » Aussi bien, ceux qui regardaient le serpent de bronze élevé pour servir de signe, étaient-ils protégés pour un temps de la mort temporelle et guéris de la blessure infligée par la morsure des serpents. Et de la même façon, ceux qui regardent le mystère de la passion du Seigneur en mettant en lui leur foi, en le confessant et en l'imitant sincèrement, sont-ils sauvés pour toujours de toute espèce de mort, corporelle aussi bien que spirituelle, encourue pour leurs péchés. »
Sur notre route de carême, serait-il salutaire de prendre la spirale ascendante, contemplant la Passion du Seigneur et confessant nos ruptures d’alliance ? Ainsi, la lumière de Pâques adviendra-t-elle en notre vie de baptisé au lendemain de la Passion.